Un été record pour le secteur aérien malgré les prix élevés

Le 23 juillet, Flightradar24 a enregistré 153 359 vols commerciaux dans le monde entier en l'espace de 24 heures : il s'agit de la journée la plus chargée jamais enregistrée, bien au-delà du précédent record établi en 2023.

Ce chiffre – soit 16 134 vols de plus que l'ancien record – donne également le ton pour l'ensemble du mois de juillet, la demande mondiale de transport aérien ayant augmenté de 0,21 TP3T ce mois-là par rapport à juillet 2025, atteignant ainsi le niveau le plus élevé jamais enregistré en juillet en termes de passagers-kilomètres-revenus (RPK).

Une reprise solide

Ces chiffres sont remarquables, compte tenu notamment de la hausse des tarifs aériens due à la guerre au Moyen-Orient. Cette légère hausse de 0,21 TP3T est également significative, car elle marque un tournant : le trafic aérien mondial s'est stabilisé en juillet, après trois mois de baisse due à la guerre en Iran et au blocus du détroit d'Ormuz.

En conséquence, le nombre absolu de voyageurs dans le monde reste à un niveau record, et selon l’Association internationale du transport aérien (IATA), qui a publié ces chiffres et compte 378 compagnies aériennes membres, les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là : le mois d’août s’annonce encore meilleur.

Le record du trafic passagers sur un seul mois a été établi en août de l'année dernière. Mais il y a de fortes chances que ce record soit lui aussi battu, car le nombre de vols a augmenté en août de cette année, avec une hausse prévue de 1,9%.

Source : IATA

Un nombre record de passagers pourrait être atteint en 2026

Malgré la hausse des prix du carburant, les perturbations de l'espace aérien et les itinéraires de contournement plus longs liés au conflit, l'envie de voyager reste forte. On observe toutefois des différences selon les régions.

Par exemple, le volume de trafic des compagnies aériennes du Moyen-Orient a encore reculé en juillet (-10% en glissement annuel), tandis que la région Asie-Pacifique a renoué avec la croissance après deux mois marqués par un ralentissement. La reprise du marché intérieur chinois a été le moteur de la croissance du trafic aérien intérieur. L'Amérique du Nord, en revanche, est restée quelque peu à la traîne.

C'est ainsi que les compagnies aériennes d'Amérique latine (+6,11 TP3T), d'Afrique (+5,21 TP3T), d'Europe (+3,11 TP3T) et de la région Asie-Pacifique (+1,01 TP3T) sont sorties gagnantes de cette haute saison.

L'IATA prévoit que les compagnies aériennes transporteront environ 5,2 milliards de passagers en 2026, ce qui constituerait un record pour une année complète. Le bénéfice net prévu pour le secteur s'élève à environ $41 milliards. Selon l'IATA, 58% des touristes qui franchissent une frontière nationale le font en avion.

Et qu'en est-il du changement climatique ?

Cette croissance effrénée – les membres de l'IATA prévoient une augmentation de 2,91 TP3T de la capacité pour septembre par rapport au même mois de 2025 – soulève toutefois de sérieuses questions quant à la responsabilité du secteur face au changement climatique et à l'engagement des voyageurs sur cette question.

“ La croissance du secteur aérien, et en particulier celle des vols à fortes émissions, n'est pas compatible avec les besoins de la planète ”, écrit le groupe de réflexion Transport & Environment, basé à Bruxelles, à la suite d'un été exceptionnellement chaud et sec en Europe.

Les entreprises répondent par un argument simple : elles souhaiteraient utiliser des carburants durables issus de sources non fossiles, mais ces carburants durables (SAF) ne sont tout simplement pas disponibles sur le marché.

Même s’ils s’en servent également comme d’une sorte de bouclier, cela déplace la responsabilité en dehors du secteur. En revanche, le secteur lui-même continue d’accroître son utilisation des combustibles fossiles, maximise ses profits et n’envisage aucune réduction volontaire de ses volumes afin de limiter son impact sur le climat.

Même si l'on disposait d'une plus grande quantité de carburants durables (SAF), les compagnies aériennes devraient payer un prix nettement plus élevé, ce qui va à l'encontre de la discipline stricte en matière de coûts qu'elles appliquent actuellement pour satisfaire leurs actionnaires.

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