Nissan a nommé Tom Stampaert au poste de ‘ Country Performance Manager ’ pour la Belgique et le Luxembourg. Si ce titre peut sembler moins prestigieux que l’ancienne appellation de « Country Manager », les responsabilités associées à ce poste sont importantes. M. Stampaert dirigera les activités commerciales de Nissan dans ces deux pays et travaillera en étroite collaboration avec l’organisation locale et le réseau de concessionnaires.
Son arrivée intervient à un moment difficile. Les immatriculations de Nissan en Belgique ont chuté à 3 563 véhicules au cours des huit premiers mois de 2026, soit une baisse de 38,5% par rapport aux 5 789 enregistrées au cours de la même période l'année dernière.
Sa part de marché est passée de 1,98% à seulement 1,24%. Pour le seul mois d'août, Nissan n'a immatriculé que 189 voitures, soit 51,5% de moins qu'un an auparavant, alors que le marché belge des voitures particulières dans son ensemble a progressé de 8,3%.
Un spécialiste du commerce de détail pour un problème lié au commerce de détail
M. Stampaert apporte plus de 25 ans d'expérience dans le secteur automobile. Plus récemment, il a occupé pendant trois ans le poste de directeur général du Porsche Center East-Flanders, où il était chargé de la stratégie, des performances commerciales et de la gestion globale de la concession.
Auparavant, il a occupé pendant plus de deux décennies des postes à responsabilités chez Mercedes-Benz Belgique-Luxembourg dans les domaines des ventes, des services financiers, de la gestion des concessionnaires et des flottes.
Ce contexte semble particulièrement pertinent pour Nissan. La marque japonaise indique que M. Stampaert doit renforcer sa position en Belgique et au Luxembourg tout en accompagnant sa transition vers l'électrification.
Son expérience pratique des réseaux de concessionnaires et des résultats commerciaux pourrait s'avérer tout aussi utile que son parcours au sein de marques haut de gamme.
Responsable local au sein d'une structure régionale
M. Stampaert n'est pas le plus haut responsable de Nissan dans la région. La Belgique et le Luxembourg font partie de Nissan eNEST, créé en 2025 en regroupant le Benelux, la Norvège, la Suède et le Danemark. Cette entité regroupant six pays est dirigée par Jean-Philippe Roux, directeur général d'eNEST Benelux & Scandinavie.
Cette régionalisation contribue également à expliquer le titre quelque peu inhabituel de ‘ Country Performance Manager ’. Les fonctions stratégiques sont de plus en plus souvent organisées à l'échelle de plusieurs pays, tandis que la mission de M. Stampaert vise explicitement à traduire ces plans en résultats commerciaux locaux.
Il succède ainsi à Danny Olemans, qui avait été promu au poste de directeur national de Nissan Belux en avril 2025, mais qui est récemment revenu dans le secteur de la vente automobile chez Groep Kenis, où il dirige désormais les activités à Anvers.
Les voitures neuves n'ont pas encore réussi à inverser la tendance
Le recul de Nissan est bien plus marqué que celui du marché belge dans son ensemble, qui n'a reculé que de 1,41 TP3T jusqu'au mois d'août. Les nouveaux venus chinois ont quant à eux dépassé la marque japonaise bien établie : MG a immatriculé 6 185 voitures et BYD 5 726, contre 3 563 pour Nissan.
Le problème n'est pas exclusivement belge. Au cours du premier trimestre fiscal de Nissan, les ventes au détail en Europe ont chuté de 14,61 TP3T, une baisse que l'entreprise a attribuée à une concurrence intense et à l'optimisation de son portefeuille de produits.
Le moment choisi pour l'arrivée de M. Stampaert est donc crucial. Nissan a entamé l'année 2026 en promettant une offensive produit, axée sur les nouvelles Micra et Leaf électriques, la dernière version du Qashqai e-Power et d'autres modèles électrifiés.
En Belgique, où les immatriculations de voitures 100 % électriques ont atteint le chiffre record de 46,21 TP3T en août, cela devrait en théorie jouer en faveur de Nissan, pionnier des véhicules électriques grand public.
Jusqu'à présent, toutefois, la nouvelle gamme n'a pas permis d'inverser la tendance à la baisse des ventes. La nomination de Stampaert revêt donc une importance bien plus grande qu'un simple remaniement de direction.
Son premier défi majeur consistera à traduire le renouvellement de la gamme de Nissan, promis depuis longtemps, en immatriculations en Belgique et à regagner une partie des parts de marché perdues en 2026.


