La nouvelle Pixo va relancer un modèle qui avait été abandonné en 2013. Nissan parviendra-t-il à s'imposer avec sa version japonaise de la Renault Twingo E-Tech ? sur le segment en plein essor des véhicules électriques abordables ?
Soyons clairs : Nissan n’a pas encore dévoilé la Pixo. Mais à l’occasion de la Journée mondiale des véhicules électriques, la marque japonaise a confirmé ce que tout le monde soupçonnait déjà : le nom « Pixo » fait son retour sous la forme d’une citadine électrique grâce au partenariat avec Renault. Les batteries et la conception de base sont les mêmes que celles de la Renault Twingo E-Tech. La présentation officielle est prévue pour le 23 septembre.
Attaquer le point d'entrée
Avec la Pixo, Nissan va s'attaquer au segment d'entrée de gamme, là où se concentre désormais le volume des ventes. Cette citadine sera construite dans l'usine Renault de Novo Mesto, en Slovénie, ce qui permettra au constructeur d'éviter les coûts de développement qui pèsent sur la rentabilité des petits véhicules électriques.
Bien sûr, ce scénario n'est pas nouveau. Cette stratégie de « double agent » est la même que celle adoptée pour la Renault 5 E-Tech et la Nissan Micra. Le partage des coûts et les économies d'échelle mutuelles restent une stratégie importante sur un marché où chaque euro par kilowattheure compte.
Cela signifie également que le marché européen dispose désormais de trois modèles issus de la même plateforme « Ampr Small », développée par le groupe Renault en collaboration avec sa filiale de Shanghai : outre la Pixo et la Twingo, la nouvelle Dacia Spring repose elle aussi sur cette base.
Proximité d'un concessionnaire
Les détails restent délibérément rares. Mais comme pour la Micra, il semble peu probable que Nissan apporte une différenciation marquée, hormis au niveau du design et de l’ambiance intérieure. Il s’agit davantage d’une question de proximité avec les concessionnaires que d’identité du produit – même si Nissan a tendance à facturer un supplément pour un positionnement plus haut de gamme, avec un équipement de série plus complet.
On peut s'attendre à retrouver la batterie au lithium-fer-phosphate de 27,5 kWh de la Twingo, qui alimente un moteur avant de 60 kW, développant 82 hp et offrant une autonomie pouvant atteindre 263 km selon le cycle WLTP. La puissance de recharge maximale est de 50 kW en courant continu, ce qui signifie qu'une recharge de 10 à 80 % prend environ une demi-heure.
La recharge à domicile s'effectue à 6,6 kW, mais nous ne serions pas surpris que Nissan fasse passer le chargeur de 11 kW de la liste des options à l'équipement de série.
Un calendrier adapté
La Pixo sera une citadine classique, conforme aux normes européennes en matière de sécurité et d'émissions. Elle ne s'inscrira pas dans le cadre du projet ‘ made in Europe ’ consacré aux voitures électriques, ou projet EM1, dont la Commission européenne est encore en train de définir les derniers détails.
Le moment est toutefois bien choisi. Le segment des voitures électriques abordables connaît un véritable essor en Europe. Comme Newmobility.news l'avait déjà rapporté, la Volkswagen ID. Polo a enregistré plus de 30 000 commandes depuis avril, et les délais d'attente s'étendent désormais à dix mois.
Vidéos pédagogiques
Même en Belgique, où les acheteurs de flottes occupent toujours le podium avec des modèles haut de gamme coûtant plus de 40 000 euros, les particuliers s'intéressent de plus en plus aux petites voitures électriques plus abordables. Cela montre clairement que ce segment de clientèle, essentiel à une adoption plus large des véhicules électriques à batterie (BEV), attendait avec impatience que ces modèles deviennent plus abordables.
Nissan sait que de nombreux acheteurs de la Pixo seront de parfaits novices en la matière. Avant le dévoilement officiel, Nissan a lancé une campagne de sensibilisation sous la forme d’une série YouTube en cinq épisodes intitulée Une voiture électrique ? C'est facile ! Du processus de dégradation des batteries au partage d'énergie entre le véhicule et le domicile, tous les aspects sont abordés dans un langage volontairement accessible.


