TotalEnergies tente une nouvelle manœuvre pour faire échouer le recours collectif des agriculteurs belges en matière de climat

Le procès climatique intenté par l'agriculteur bio belge Hugues Falys contre TotalEnergies devrait-il à nouveau être transféré de Mons à Tournai ? Si cela ne tenait qu'au géant pétrolier français, ce serait le cas, puisque TotalEnergies a déposé une requête en ce sens.

Quoi qu’il en soit, il s’agit d’une manœuvre procédurale remarquable et, selon les ONG qui soutiennent Hugues Falys, TotalEnergies recourt délibérément à des manœuvres dilatoires. Un tribunal spécialisé dans les questions environnementales doit désormais se prononcer sur la demande de TotalEnergies.

Enchevêtrement juridique

Pour ceux qui ont du mal à démêler les fils de cette affaire liée au climat, celle-ci a été portée devant le tribunal de commerce de Tournai en 2024. En mars de cette année, le tribunal a déclaré l'affaire recevable mais ne s'est pas encore prononcé sur le fond ; cette décision a été suspendue dans l'attente de l'issue d'une affaire similaire à Paris.

En juin, TotalEnergies a toutefois interjeté appel de cette décision. L'affaire a donc été renvoyée devant la Cour d'appel de Mons, où la procédure devait, en principe, repartir de zéro.

TotalEnergies fait désormais valoir devant la Cour d’appel de Mons qu’elle a perdu un “ niveau de compétence ”. Il est donc demandé, à titre de mesure provisoire, que l’affaire soit renvoyée devant le tribunal de première instance de Tournai avant qu’un nouvel appel ne soit interjeté devant la Cour d’appel de Mons.

Quelle est la raison de cette demande ? Le tribunal de Tournai s'est prononcé uniquement sur la recevabilité de la demande de dommages-intérêts et des mesures demandées dans le cadre de l'affaire, et non sur le fond.

Cela constituerait une violation du principe du “ double jugement ”, c'est-à-dire le droit à ce qu'une affaire soit examinée par deux juges successifs, à savoir d'abord par un juge de première instance, puis, si l'une des parties s'y oppose, par un juge d'appel.

La Cour d'appel de Mons va désormais commencer par fixer un nouveau calendrier pour les plaidoiries relatives à la mesure provisoire demandée. Ce n'est qu'une fois que la Cour aura décidé du lieu des audiences que les plaidoiries concernant la recevabilité et le fond de l'affaire reprendront.

Manœuvre dilatoire

Selon les ONG qui soutiennent Hugues Falys, TotalEnergies recourt délibérément à une tactique dilatoire. “ C’est une stratégie que la multinationale a déjà utilisée dans d’autres affaires liées au climat, comme à Paris (…). ».

’ De notre côté, nous insistons sur l’urgence de mettre un terme à la politique de TotalEnergies, qui nuit au climat. ”

Pour TotalEnergies, il s'agit probablement simplement d'une question de principe concernant les garanties procédurales, même si cela ressemble davantage à une querelle purement procédurale sur la marche à suivre sur le plan juridique.

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