Affaire des agriculteurs contre TotalEnergies : le jugement est reporté au mois de septembre

Aucun jugement n'a encore été rendu dans le cadre du procès sur le climat intenté par l'agriculteur hennuyer Hugues Falys contre le géant pétrolier français TotalEnergies. Le tribunal de commerce de Tournai a reporté le ‘cas de l'agriculteur’ au 9 septembre.

Le tribunal souhaite attendre la décision d'un tribunal de Paris, attendue le 25 juin. TotalEnergies est accusé devant le TGI de Paris d'avoir manqué à son devoir de vigilance en matière de changement climatique.

Satisfaction des plaignants

“Cela ne signifie pas que le tribunal de Tournai est lié par la décision de Paris”, précise l'un des avocats de Falys. “Le tribunal veut simplement disposer d'informations supplémentaires pour rendre sa décision. Nous n'avons pas obtenu une victoire totale aujourd'hui, mais le tribunal a déjà reconnu notre position dans l'affaire.”

Le tribunal de Tournai a également jugé que l'affaire était recevable et que l'agriculteur avait effectivement un intérêt dans l'affaire. Les ONG impliquées qualifient cette décision de “grand pas en avant”. Avec cette décision, le tribunal reconnaît “que les victimes de la crise climatique peuvent poursuivre une entreprise dans leur propre pays, même si cette entreprise n'y est pas basée”, disent-elles.

“Il n'y a pas encore de jugement, mais nous voyons que nos arguments tiennent la route”, a réagi Hugues Falys, qui estime que TotalEnergies a une part de responsabilité dans les problèmes climatiques qui ont affecté son exploitation.

‘La ’prudence judiciaire".’

En reportant son jugement, le tribunal de Tournai applique un principe de “prudence judiciaire”. Il veut éviter de rendre une décision qui entrerait en conflit avec celle du tribunal français concernant exactement la même entreprise et une législation similaire.

Si la juridiction française estime TotalEnergies ou l'oblige à adopter un plan climatique plus strict, il sera beaucoup plus facile pour la Cour belge de se prononcer en faveur de l'agriculteur en septembre.

Mais dans le cas contraire, il y a de fortes chances que le tribunal belge suive ce raisonnement et donne raison à TotalEnergies.

La ville de Paris et New York rejoignent des ONG

À Paris, les juges doivent déterminer si les risques environnementaux mentionnés dans une loi française de 2017 sur le ‘devoir de vigilance’ des grandes entreprises incluent les effets du changement climatique.

Les plaignants - quelques ONG et la Ville de Paris - demandent à TotalEnergies de stopper ses nouveaux projets d'hydrocarbures et de réduire sa production de pétrole de 37% d'ici à 2030.

Dans cette affaire, le juge a reconnu que Paris était directement touchée par les conséquences du changement climatique, telles que les vagues de chaleur extrême dans la ville et le risque d'inondation de la Seine, et qu'elle avait donc le droit de demander des comptes à une compagnie pétrolière.

La ville de New York a également rejoint ce collectif. Elle le fait pour contraindre un acteur majeur de l'énergie à se conformer à l'Accord de Paris. Et tout comme Paris, New York est aux prises avec des coûts énormes liés au changement climatique.

Vous aimerez peut-être aussi

Créez un compte gratuit ou connectez-vous.

Accédez à la lecture de cet article, ainsi qu'à un nombre limité de contenus gratuits.

Oui, je souhaite recevoir les nouveaux contenus et les mises à jour.