Le nouveau Trafic Van E-Tech électrique de Renault a été élu « Fourgon international de l'année 2027 », avant même que les premiers véhicules destinés aux clients ne prennent la route.
Le jury, composé de 26 membres, a désigné à l'unanimité le nouveau fourgon électrique de taille moyenne de Renault lauréat lors du salon IAA Transportation à Hanovre.
Ce prix marque le sixième titre IVOTY remporté par Renault, mais la question la plus intéressante est de savoir ce que l'avenir nous réserve. Les fourgons électriques sont en train de surmonter rapidement leurs lacunes techniques.
Mieux que le diesel ?
Le plus grand défi consiste à démontrer qu'ils peuvent également rivaliser avec les véhicules diesel là où les exploitants de flottes y sont le plus sensibles : le coût total de possession, la disponibilité et la productivité au quotidien. Renault avait déjà remporté ce prix avec ses modèles Master, Trafic et Kangoo.
Renault a revu à la hausse l'autonomie WLTP prévue pour le Trafic, la faisant passer de 450 km, comme annoncé précédemment, à plus de 470 km, l'homologation étant toujours en cours.
La nouvelle plateforme de fourgons de taille moyenne RGEV repose sur une architecture de 800 V permettant de récupérer jusqu’à 280 km d’autonomie en 20 minutes. Renault annonce une autonomie de près de 690 km en ville, ce qui, selon le constructeur, suffirait à certains utilisateurs pour travailler jusqu’à cinq jours sans recharger le véhicule.
L’angoisse liée à l’autonomie passe ainsi de plus en plus au second plan. Pourtant, la réalité du marché est tout autre. Les fourgonnettes rechargeables ont progressé de 41,61 TP3T dans l’UE au cours du premier semestre 2026, mais ne représentaient encore que 13,21 TP3T des immatriculations. Le diesel a conservé une part dominante de 79,11 TP3T.
Pour les professionnels, une fourgonnette est avant tout un outil de travail. Un véhicule à l'arrêt coûte de l'argent, et le prix d'achat, l'accès à la recharge, la valeur résiduelle, la charge utile et les possibilités d'aménagement peuvent s'avérer plus importants qu'un chiffre WLTP impressionnant.
Les aspects économiques sont essentiels
Renault met donc désormais l'accent non plus sur les caractéristiques techniques des batteries, mais sur les aspects économiques. Le constructeur affirme que le nouveau Trafic permet de réduire le coût total de possession de 10% par rapport à un modèle comparable équipé d'un moteur thermique.
Cette affirmation dépend toutefois fortement du kilométrage, des prix de l'énergie, des modalités de financement et des habitudes de recharge, et Renault n'a pas encore publié le prix catalogue de ce fourgon — sans doute le chiffre manquant le plus important.
La disponibilité est l'autre volet de l'équation. À partir de 2027, Renault Uptimize exploitera les données des véhicules connectés pour proposer un accompagnement plus personnalisé aux flottes et vise à réduire les temps d'immobilisation après un incident jusqu'à 50%.
Une application intégrée de gestion de flotte permettra également d'appliquer automatiquement les paramètres relatifs à l'efficacité, aux performances et à la sécurité à l'ensemble des véhicules sélectionnés.
C'est là que l'architecture définie par logiciel de Trafic commence à servir d'outil commercial plutôt que de simple vitrine technique.
Deux ordinateurs centraux
Environ 80 modules de commande électroniques sont remplacés par deux ordinateurs centraux équipés du système d'exploitation CAR OS, développé en collaboration avec Google. Cette configuration permet de procéder à des mises à jour à distance et d'ajouter de nouvelles fonctionnalités tout au long du cycle de vie du véhicule.
Renault s'attaque également à un autre point faible des fourgons électriques : les aménagements spécialisés. La marque propose trois solutions : « Converted by Renault », « Qstomize » et un réseau de 300 carrossiers agréés, dont 17 en Belgique.
Cela devrait faciliter l'électrification des fourgons frigorifiques, des véhicules de service et d'autres applications spécialisées, sans sortir de l'écosystème agréé par Renault.
Les caractéristiques techniques restent compétitives : jusqu’à 5,8 m³ de volume de chargement, 1,3 tonne de charge utile, une capacité de remorquage de deux tonnes, de la place pour trois palettes Euro et un seuil de chargement bas de 53 cm. Avec une hauteur de 1,89 mètre, ce fourgon reste également compatible avec les parkings souterrains standard.
Cinq nouveaux véhicules utilitaires
Le Trafic n’est que la première étape d’une offensive plus large. Dans le cadre de son plan « futuREady », Renault prévoit de lancer cinq nouveaux véhicules utilitaires d’ici 2028. Le constructeur occupe actuellement la deuxième place sur le marché européen des véhicules utilitaires légers et affirme avoir enregistré des performances supérieures à celles du marché pendant quatre trimestres consécutifs.
Le problème technique devient donc de plus en plus facile à résoudre. Le véritable défi pour le nouveau Trafic sera de montrer qu'une fourgonnette électrique d'une autonomie de 470 km, dont les performances sont définies par logiciel, peut non seulement fonctionner aussi bien qu'une fourgonnette diesel, mais aussi qu'elle est plus rentable.


