Pékin a publié son nouveau plan quinquennal consacré aux véhicules intelligents, connectés et à énergie nouvelle, promettant que ceux-ci représenteront 70% des ventes d'ici 2030. Cela semble plus ambitieux que ça ne l'est en réalité. L'objectif le plus audacieux de ce document concerne la conduite automatisée, dont il est prévu qu'elle se généralise d'ici là.
La Chine vise à atteindre 70% de véhicules électriques (NEV) dans le secteur des voitures particulières et 40% parmi les véhicules utilitaires d’ici la fin de la décennie. En réalité, toutefois, on peut s’attendre à des chiffres plus élevés. Pour replacer ces chiffres dans leur contexte : l'objectif précédent était fixé à 20% de véhicules électriques d'ici 2025. Or, le marché a largement dépassé ce chiffre, s'établissant à 48%.
C'est déjà assez près
Il reste encore plus de trois ans avant la fin de la décennie et, à en juger par les chiffres de juillet dernier, la Chine avance à toute vitesse vers son objectif. À elles seules, les voitures entièrement électriques ont déjà atteint 44% de ventes au cours de ce mois d'été. Si l'on ajoute les hybrides rechargeables, qui représentent 21% supplémentaires, le nombre total de véhicules électriques neufs s'élève déjà à 65%. On n'est déjà plus très loin du but.
Dans le cadre du programme NEV, le gouvernement autorise les véhicules électriques à batterie, les hybrides rechargeables et les véhicules à pile à combustible. Par conséquent, la marge restante ne devrait pas nécessairement être comblée par des véhicules électriques à batterie.
Faible consommation moyenne
Ce plan a été publié par le ministère de l'Industrie et des Technologies de l'information, en collaboration avec huit autres ministères, dont la Commission nationale pour le développement et la réforme. Il s'agit essentiellement d'une confirmation des objectifs fixés précédemment.
Il est intéressant de noter que, parallèlement à l’objectif de pénétration des véhicules électriques neufs (NEV), le document fixe la consommation moyenne des véhicules électriques à batterie à 11,5 kWh aux 100 km et la consommation moyenne du parc automobile à 3,3 litres aux 100 km d’ici 2030. Ces chiffres semblent assez bas par rapport aux normes européennes, mais dans de nombreuses métropoles, les citadines économes en carburant restent le choix privilégié.
La conduite autonome à grande échelle
Le défi le plus ambitieux se trouve plus loin dans le document : la mise en œuvre à grande échelle, d’ici 2030, de la conduite hautement automatisée sur les autoroutes, les voies rapides urbaines et certaines rues des villes. La Chine prévoit de ne plus considérer la conduite autonome comme un simple gadget, mais de la percevoir comme une infrastructure nationale.
Elle a donc édicté certaines règles. Les véhicules équipés de systèmes autonomes doivent “ largement surpasser ” les conducteurs humains en matière de sécurité. Une plateforme de surveillance accompagnera également cette transition. Tout incident devra être signalé tant au niveau du constructeur qu’au niveau régional. Sur cette base, les autorités décideront si le produit ou l’infrastructure doit être mis à jour – ou pire encore : si le véhicule doit être interdit.
20 millions de kilomètres d'essais
La Chine est en bonne voie. À la fin de l’année dernière, elle a délivré ses premiers permis d’accès à la production pour l’autonomie conditionnelle de niveau 3 à Changan et à Arcfox (filiale de BAIC). Cette autorisation reste limitée à certaines routes désignées à Chongqing et à Pékin, mais entre-temps, plus de 20 000 permis d'essai ont été délivrés, et le kilométrage total parcouru lors des essais s'envole pour atteindre près de 20 millions de kilomètres.
Le MIIT a déjà approuvé la norme de sécurité GB 44721-2026 relative aux systèmes de niveau 3 et 4, ouvrant ainsi la voie à leur développement. En Europe, les systèmes de niveau 4, en particulier, sont actuellement considérés comme des essais réglementaires.
Contrôle de la production de batteries
Enfin, Pékin souhaite exercer un contrôle plus strict sur le marché automobile en surchauffe. Conformément à la réglementation, les nouveaux entrants sur le marché des véhicules électriques (NEV) feront l’objet d’un examen beaucoup plus approfondi. Par ailleurs, les partenariats seront encouragés et les constructeurs les moins compétitifs, qui peinent à offrir une qualité satisfaisante, devront mettre la clé sous la porte.
Cela vaut également pour le secteur des batteries. De plus, les responsables souhaitent ralentir le rythme de production afin d’améliorer la qualité chez les fournisseurs. Il semble que l‘’ usine du monde » tourne à un régime supérieur à celui nécessaire pour assurer la bonne santé de la production.
Plusieurs équipementiers figurent parmi les dix premiers mondiaux
À ce titre, le gouvernement semble conscient que la solution de repli que constituent les exportations a ses limites. Les exportations de voitures chinoises vers l’Europe ont augmenté de 26% entre 2024 et 2025 pour atteindre près de 1,2 million de véhicules, malgré les droits de douane protecteurs mis en place par l’UE pour éviter le dumping.
Sans donner de chiffre précis, le plan prévoit explicitement que “ plusieurs ” constructeurs automobiles chinois figurent parmi les dix premiers mondiaux en termes de ventes. À l'heure actuelle, seul BYD en fait partie. Comme on peut le constater, les autres seront choisis, et non pas désignés d'emblée.


