Il y a 25 ans, le 7 novembre 2001, la compagnie aérienne belge Sabena a fait faillite. Afin d’éviter que la Belgique ne se retrouve sans service aérien national, la filiale régionale de Sabena, Delta Air Transport (DAT), a rapidement été relancée sous le nom de SN Brussels Airlines.
Elle a officiellement démarré ses activités sous la nouvelle marque « Brussels Airlines » à la suite de sa fusion avec Virgin Express en 2007. Près de 20 ans plus tard, on peut affirmer sans se tromper que Brussels Airlines – qui fait désormais partie du groupe Lufthansa – a posé des bases solides pour son redressement et son renouveau progressif.
Après un printemps difficile marqué par des coûts élevés, la compagnie aérienne est de nouveau dans le vert grâce à un été exceptionnel. Elle se concentre désormais pleinement sur la ponctualité de ses vols, nouvelles destinations et la qualité.
Résultat record
Au troisième trimestre, Brussels Airlines a enregistré un résultat d'exploitation ajusté (EBIT) de 84 millions d'euros, soit un résultat record. Ce chiffre est en hausse de 23,5 % par rapport à la même période de l'année dernière et de 6 % par rapport au précédent record établi à l'été 2024. Son chiffre d'affaires a atteint 577 millions d'euros au troisième trimestre, soit une hausse de 11,6 % par rapport à la même période en 2025.
Ces bons résultats estivaux s'expliquent principalement par une augmentation des capacités et la stabilité des opérations aériennes. En juillet, août et septembre, la compagnie aérienne a accueilli 2,9 millions de passagers sur plus de 20 000 vols, soit une moyenne d'environ 143 passagers par vol. Cela représente une croissance de 3,5 % et 1,7 % respectivement par rapport à la même période de l'année dernière.
Retour à l'équilibre opérationnel
Dans l'ensemble, la compagnie aérienne a connu peu de perturbations dans ses opérations de vol, ce qui s'est traduit par une baisse de 14 % des coûts liés aux irrégularités de vol par passager. En revanche, les effectifs ont diminué de 6,5 %, passant de 3 778 à 3 534 employés.
Le premier semestre a néanmoins été difficile pour Brussels Airlines, les tensions géopolitiques ayant entraîné une hausse des prix du carburant. La compagnie aérienne a également dû faire face à une épidémie d'Ebola en Afrique de l'Est et à des troubles sociaux en Belgique.
Cela s'est traduit par une perte d'exploitation de 70 millions d'euros au premier semestre 2026, mais la situation s'est finalement inversée pour aboutir à un bénéfice ajusté de 15 millions d'euros sur les neuf premiers mois.
Prévisions de bénéfices en baisse pour Lufthansa
Pour le quatrième trimestre, la compagnie aérienne table également sur une amélioration de ses résultats, même si elle reste prudente compte tenu des incertitudes géopolitiques et du niveau élevé des prix du carburant.
Par exemple, la société mère Lufthansa a revu à la baisse ses prévisions de bénéfices pour cette année en raison de la hausse des coûts du carburant liée à la guerre en Iran – une décision qui Ryanair a également indiqué. L'entreprise allemande prévoit que sa facture énergétique pour 2026 s'élèvera à 9,3 milliards d'euros, en raison d'une situation géopolitique inchangée.
Lufthansa, qui indique avoir enregistré une demande particulièrement forte pour les vols à destination de l'Asie et de l'Amérique du Nord, table désormais sur un résultat avant intérêts et impôts ajusté compris entre 1,7 milliard et 2 milliards d'euros. Auparavant, la limite supérieure de cette prévision était fixée à 2,2 milliards d'euros.
“ Nous avons amélioré nos résultats par rapport à l’année dernière, malgré la hausse des coûts de carburant qui a réduit notre bénéfice trimestriel de plus d’un demi-milliard d’euros ”, a déclaré Till Streichert, directeur financier. “ Nous en sommes satisfaits. ”
Signature de l'accord TAP
Hier, à l'aéroport international de Lisbonne, Lufthansa et le gouvernement portugais ont également officialisé l'acquisition de TAP Air Portugal par la signature d'un contrat. Gagner des parts de marché sur le trafic aérien entre l'Europe et l'Amérique latine revêtait une “ importance stratégique ” pour Lufthansa.
En intégrant TAP à son réseau, la part de marché de Lufthansa passera de 9 % à 20 %. L'acquisition d'une participation dans TAP – initialement fixé à 44,9 % – doit encore être officiellement approuvé par les autorités de régulation.


