Bien que les voitures électriques soient omniprésentes au populaire Salon de l'automobile de Bruxelles (BMS), l'un des derniers en Europe, les Belges sont de plus en plus frileux à l'idée d'acheter un véhicule électrique. L'étude Global Automotive Consumer Study de Deloitte, qui sera publiée le 6 février, montre que 45% préfèrent une voiture à moteur à combustion pure (ICE), contre 41% l'année précédente.
Un résumé des résultats de l'étude belge, basée sur un échantillon scientifique de 999 personnes interrogées, a été présenté en avant-première lors de l'événement Mobia au BMS mardi. Cette étude a montré une fois de plus que le prix d'achat initial d'un véhicule électrique, l'anxiété liée à l'autonomie, le temps nécessaire à la recharge et les inquiétudes concernant les coûts de remplacement des batteries sont des préjugés persistants auxquels le secteur automobile doit s'attaquer de toute urgence.
Crucial pour vendre plus de VE
Pour l'industrie automobile européenne, l'année 2025 sera cruciale pour vendre davantage de voitures électriques, car elle permettra à l'industrie de se conformer aux exigences de l'UE en matière d'émissions de CO2 et d'éviter d'énormes amendes. Le secteur doit faire un travail de missionnaire en informant le grand public à l'aide de données réelles au lieu d'insister sur le moteur à combustion interne et d'attiser l'anxiété des conducteurs de véhicules électriques.
Ce n'est pas un hasard si Jean-Philippe Imparato, directeur général de Stellantis, a annoncé que les concessionnaires qui feront un effort supplémentaire pour vendre des voitures électriques recevront des primes, doublant ainsi leur marge bénéficiaire par rapport à celle qu'ils obtiendraient pour une voiture à moteur à combustion interne.
Obstacles les plus importants

En chiffres, les obstacles les plus importants que les automobilistes belges rencontrent pour passer à une voiture électrique sont le prix (49%, en baisse de 8% par rapport à l'année dernière), l'autonomie (43%, en baisse de 6%), le temps de charge (40%, en baisse de 5%), les coûts de remplacement de la batterie (35%), les performances par temps froid (29%), ou l'absence de chargeur à domicile (28%).
Le chargement à domicile est une chose à laquelle s'attendent le plus les personnes vivant en milieu rural ou suburbain (69%), et 38% d'entre elles ont effectivement accès à un chargeur à domicile, contre 61% qui n'y ont pas accès. Dans les villes, 32% ont encore accès à une prise murale à la maison, 66% n'en ont pas. Sans surprise, la plupart des personnes à haut revenu (44%) sont les plus chanceuses.
Il est également intéressant de constater que la peur de se retrouver avec une batterie vide (angoisse de l'autonomie) n'est pas un problème pour ceux qui utilisent déjà un véhicule électrique quotidiennement. Plus de la moitié d'entre eux (55%) n'effectuent qu'une à quatre fois par mois un trajet de plus de 100 km, 23% ne le font même jamais, et 18% déclarent devoir parcourir plus de 100 km 5 à 14 fois par mois.
La plupart d'entre eux ne sont pas gênés par le temps de charge dont ils ont besoin. 31% s'attendent à ce qu'il ne dépasse pas 11 à 20 minutes, et 35% pensent qu'il est de 21 à 40 minutes, 15 % s'attendant à ce qu'il atteigne une heure.
Réduction du coût total de possession ?

La même étude a également montré que les conducteurs belges sont principalement attirés par les coûts de carburant inférieurs (50%, en hausse de 1%) et les coûts d'entretien inférieurs (28%), en plus des préoccupations environnementales (37%, en baisse de 7%) et de l'expérience de conduite (28%, en hausse de 3%).
Ce dernier point devrait vous rappeler que le coût total de possession (TCO) met en perspective tous les coûts d'une voiture (prix d'achat, carburant, entretien, assurance, dépréciation,...) et qu'aujourd'hui déjà, beaucoup de VE sont à égalité de prix, voire moins chers, que la même voiture à moteur à combustion.
Mais le TCO, l'outil principal des sociétés de leasing pour déterminer leur activité, est le grand inconnu du grand public (privé) qui achète des voitures. Le secteur automobile a encore beaucoup de ‘travail de missionnaire’ à faire.
Malheureusement, leur publicité en vue du salon de l'automobile de Bruxelles met plutôt en avant les hybrides et le choix du moteur à combustion interne, cédant ainsi à l'instinct irrésistible de l'homme de la rue de repousser le passage à l'électrique.
Possibilités pour le V2G
Ceux qui ont déjà franchi le pas, principalement parce qu'ils ont obtenu une voiture de société électrique qui sera la seule autorisée après 2026 en Belgique, se montrent moins craintifs. La crainte d'une augmentation des taxes et impôts sur les voitures à moteur à combustion interne (28%, en baisse de 2%), des incitations gouvernementales (18%, en baisse de 6%) et de l'interdiction potentielle des ventes de nouvelles voitures à moteur à combustion interne (21%, en baisse de 5%) montre une tendance à la baisse.
La possibilité d'utiliser à l'avenir la batterie de la voiture électrique comme batterie de secours à domicile et de revendre de l'électricité à l'opérateur du réseau suscite un intérêt croissant (15%, en hausse de 32%). Deux consommateurs belges sur trois (64%) se montrent intéressés par les propositions V2G (vehicle-to-grid), contre 62% pour les Néerlandais, 67% pour les Allemands, 67% pour les Français et 75% pour les Britanniques.



Commentaires
Prêt à participer à la conversation ?
Vous devez être un abonné actif pour laisser un commentaire.
Abonnez-vous dès aujourd'hui