Le président américain sortant, Joe Biden, a fait un cadeau d'adieu cette semaine. Il a annoncé de nouvelles restrictions radicales, interdisant les technologies chinoises et russes dans les véhicules connectés pour des raisons de sécurité nationale. Les nouvelles réglementations interdiront la vente, l'importation et l'utilisation de matériel, de logiciels et de véhicules complets intégrant ces technologies aux États-Unis.
La Maison Blanche a précisé que les restrictions sur les logiciels prendront effet à partir de l'année modèle 2027, tandis que les restrictions sur le matériel s'appliqueront à partir de 2030. Ces mesures visent à “protéger l'Amérique des risques pour la sécurité nationale liés à l'exploitation des chaînes d'approvisionnement des véhicules connectés américains par des adversaires étrangers”, selon la déclaration officielle.
Des cyberattaques à roulettes ?
Gina Raimondo, secrétaire au commerce sortante, a souligné les risques croissants posés par les technologies des véhicules connectés, qu'elle a décrits comme des “ordinateurs sur roues”. Avec des caméras, des microphones, un GPS et une connectivité internet intégrés, ces systèmes pourraient être exploités à des fins d'espionnage ou de cyberattaque. La Chine a maintenu une mesure similaire restreignant les voitures Tesla dans les zones militaires en 2021 pour des raisons de sécurité.
Les règles américaines stipulent que les constructeurs automobiles doivent exclure tous les composants ou logiciels provenant de fournisseurs ayant des liens avec la Chine ou la Russie. Les exceptions sont limitées, et des règles spécifiques pour les autobus et les camions seront élaborées ultérieurement.
Impact sur la secteur
Les fabricants liés à des entreprises chinoises devront revoir leurs stratégies. Par exemple, Polestar, qui produit des voitures en Caroline du Sud mais est contrôlé par la société chinoise Geely, est confronté à une voie complexe. De même, Waymo, la filiale de Google spécialisée dans les véhicules à conduite autonome, prévoit d'utiliser des véhicules modifiés par le constructeur automobile chinois Zeekr, bien qu'elle ait l'intention de remplacer l'électronique d'origine par ses propres systèmes.
Tesla, qui exploite une grande usine à Shanghai et dépend fortement du marché chinois, pourrait également rencontrer des difficultés à naviguer dans le paysage réglementaire en pleine évolution. Le PDG Elon Musk, proche conseiller du président élu Donald Trump, a déjà critiqué les droits de douane sur les importations chinoises, arguant qu'ils faussaient la dynamique du marché.
Chine reacts
La Chine a dénoncé cette décision, la qualifiant d'attaque sans fondement contre ses entreprises. Un porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères a déclaré que l'interdiction perturbait la coopération économique et violait les principes du marché, promettant des contre-mesures pour protéger ses intérêts.
Cette décision fait suite à une série de mesures prises par les États-Unis à l'encontre des technologies chinoises. En septembre, l'administration Biden a imposé des droits de douane de 100% sur les véhicules électriques chinois et a restreint les exportations de semi-conducteurs avancés essentiels au développement de l'intelligence artificielle.
Des mesures contre-productives ?
Le marché des véhicules connectés, avec son intégration de technologies de conduite autonome et de fonctions basées sur les données, est devenu un point central des préoccupations en matière de sécurité nationale. L'administration Biden prévient qu'un contrôle étranger de ces systèmes pourrait permettre un accès non autorisé à des données sensibles ou même une manipulation à distance des véhicules.
Bien que M. Musk n'ait qu'un rôle consultatif, le président élu Trump, qui entrera en fonction le 20 janvier, devrait maintenir cette ligne dure à l'égard de la Chine. Trump a déjà proposé des droits de douane supplémentaires sur les importations chinoises, pouvant aller de 60% à 100%, renforçant ainsi les mesures protectionnistes.
Ces batailles pourraient s'avérer contre-productives pour l'adoption des véhicules électriques, car la Chine contrôle environ 75% de la production mondiale de batteries et 80% de la capacité de raffinage des matériaux essentiels.



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