Alfa Romeo fait marche arrière sur ses ambitieux projets de véhicules entièrement électriques, optant à la place pour une stratégie multi-énergie alors qu'elle lutte contre la baisse des ventes et l'évolution du marché mondial des véhicules électriques. Le constructeur italien, qui avait initialement pour objectif d'être entièrement électrique d'ici 2027, proposera désormais un mélange de motorisations à essence, hybrides et électriques dans sa future gamme.
La décision de réduire l'exclusivité des véhicules électriques intervient dans un contexte d'inquiétude quant à la viabilité des concessionnaires, en particulier sur le marché américain, où les ventes d'Alfa Romeo restent faibles.
Chris Feuell, directeur général pour l'Amérique du Nord, a déclaré à Automotive News que l'entreprise devait s'assurer que ses concessionnaires américains étaient en mesure de subvenir à leurs besoins. Cela serait compliqué avec une gamme de véhicules électriques à batterie uniquement, dans un contexte de troubles économiques et politiques dans la région. Le réseau de concessionnaires américains de la marque est passé de 150 à 110 sites, ce qui accentue encore la difficulté.
Sauter le pas
Ce changement n'est pas strictement lié à un problème d'Alfa Romeo, mais s'inscrit dans une tendance plus large de l'industrie automobile qui consiste à réévaluer les calendriers agressifs des véhicules électriques. Porsche, Lotus, Audi et Mercedes-Benz ont tous tempéré leurs ambitions en matière de véhicules tout électriques en réponse à la baisse de la demande et à la concurrence accrue des marques chinoises de véhicules électriques à bas prix. L'événement le plus marquant a été la volte-face de Volvo, défenseur du tout électrique, qui a repoussé son échéance de 2030 sans s'engager sur une nouvelle date.
L'effort d'Alfa Romeo en faveur des véhicules électriques a été mené sous le règne de l'ancien patron de Stellantis, Carlos Tavares. Il est intéressant de noter qu'il a exigé de construire une stratégie sur des architectures flexibles, ce qui a permis à Alfa Romeo d'inverser ses plans et d'offrir des solutions de combustion pour les modèles électriques prévus.
La Tonale, initialement présentée comme un véhicule hybride rechargeable uniquement, recevra une version à essence uniquement, construite autour d'un quatre cylindres turbocompressé. Le prix de départ sera ainsi revu à la baisse.
Une DS italienne N°8 ?
Les ventes mondiales d'Alfa Romeo continuent de décliner. Bien qu'il s'agisse du modèle le plus récent, la Tonale mentionnée n'a pas connu un succès fulgurant, tandis que les vieillissantes Giulia et Stelvio ont besoin d'être révisées de toute urgence.
Alfa Romeo prévoit de remanier son emblématique berline Giulia et de la transformer en crossover pour sa prochaine génération. Comment se différenciera-t-elle de la nouvelle Stelvio, qui devrait faire ses débuts en 2026 ? Les deux modèles migreront vers la plateforme STLA Large de Stellantis, offrant une gamme d'options électriques, hybrides et à essence.
Dans une interview accordée à la publication française L'Argus, Santo Ficili, PDG d'Alfa Romeo, a laissé entendre que le passage de la Giulia à un nouveau style de carrosserie répondait à la demande des consommateurs pour des véhicules plus hauts. Le design final pourrait ressembler à une version italienne de crossovers comme le DS Nº8 ou le Peugeot 408.



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