La Commission européenne révise son plan pour remédier à la crise actuelle des véhicules électriques. Le groupe de pression vert Transport & Environment s'est penché sur l'impact de la proposition à venir, précisant qu'un programme bien choisi d'électrification des voitures de société pourrait créer une demande de marché de 2,2 millions de VE d'ici la fin de la décennie.
L'étude révèle que cela représenterait la moitié des objectifs des constructeurs automobiles de l'UE en matière d'émissions de CO2. Ironiquement, la Belgique est citée comme modèle pour ces incitations, à un moment où le gouvernement a décidé de diluer son programme de voitures de société.
La Commission européenne se prépare à accélérer l'électrification des flottes de véhicules d'entreprise. La lenteur de l'adoption des VE et son impact sur l'emploi dans le secteur, y compris chez les fournisseurs, suscitent des tensions, car les investissements massifs ne sont pas rentabilisés.
“La crise du secteur automobile est une crise humaine qui affecte le sort de millions d'hommes et de femmes qui travaillent dans la chaîne d'approvisionnement de l'industrie automobile européenne. C'est notre priorité absolue. La Commission doit envoyer aux travailleurs le signal que les décideurs politiques comprennent l'ampleur de l'anxiété que les restructurations entraînent”, a commenté la présidente de la Commission européenne, Ursula Von Der Leyen.
Accélération et assimilation
Ce signal se transformera en plan de sauvetage. Non pas en stimulant la demande des corsaires - le cœur du problème - mais en électrifiant les voitures d'entreprise selon la stratégie belge. Les véhicules d'entreprise représentant près de 60% de toutes les nouvelles immatriculations de voitures dans l'UE, cette stratégie a encore un impact important.
Il vise à accélérer l'électrification du parc automobile européen tout en aidant les constructeurs à atteindre les objectifs stricts en matière d'émissions de CO₂ pour 2030, ce que la Commission refuse.
Les détails de la nouvelle proposition de loi, qui vise à stimuler la demande de véhicules électriques fabriqués en Europe, devraient être présentés le 5 mars. Transport & Environment (T&E) a examiné les effets prévus d'un tel plan d'action dans une étude. Sur la base de statistiques françaises, il a établi un cadre de recommandations sur la manière dont la stratégie devrait être mise en œuvre.
Grandes entreprises : impact important
Selon la proposition de règlement de T&E, toutes les entreprises exploitant des flottes de 100 véhicules ou plus devraient être tenues de passer entièrement à des véhicules à zéro émission d'ici à 2030. Les grandes entreprises sont peu nombreuses mais ont un impact important en raison du volume de leur parc automobile.
Selon leurs analyses de marché, cette approche garantirait une demande de 2,1 millions de VE fabriqués en Europe chaque année, soit environ la moitié du volume nécessaire aux constructeurs automobiles pour atteindre les objectifs de CO₂ pour 2030.
Mais comment la Commission européenne peut-elle s'assurer que les flottes n'optent pas pour des importations chinoises moins chères ? Selon T&E, l'introduction d'un système d“”éco-score" à l'échelle de l'UE, reflétant le programme d'éco-bonus existant en France, devrait être un élément clé de la proposition.
Cette note évaluera les véhicules utilisant des matériaux à faible teneur en carbone et des méthodes de production économes en énergie, favorisant ainsi les VE fabriqués localement. Si elle est mise en œuvre, la note écologique pourrait inciter les opérateurs de flottes à donner la priorité aux voitures électriques fabriquées dans l'UE plutôt qu'aux importations.
80% marché de l'occasion
Une autre raison de préférer les entreprises aux particuliers est l'accélération de l'offre sur le marché de l'occasion. En raison de cycles de propriété plus courts, l'électrification des flottes d'entreprise devrait permettre de mettre sur le marché européen près de sept millions de VE d'occasion d'ici à 2035, offrant ainsi des options plus abordables aux acheteurs privés.
Étant donné que près de 80% des citoyens de l'UE achètent des véhicules sur le marché de l'occasion, cet afflux de VE d'occasion pourrait jouer un rôle crucial dans la démocratisation de l'électrification.
Dans les cercles de l'UE, la Belgique et le Royaume-Uni sont des exemples majeurs de la manière dont les politiques fiscales peuvent accélérer l'électrification des flottes. Les réformes fiscales belges ont permis de supprimer progressivement les avantages liés à l'amortissement des véhicules d'entreprise à essence et à diesel, ce qui a fortement incité les entreprises à opter pour les VE.
Toutefois, le nouveau gouvernement de l'Arizona freine l'élimination progressive des véhicules hybrides rechargeables, ce qui crée davantage d'incertitude pour les entreprises et retarde la transition vers les véhicules électriques.
Les experts estiment que les véhicules hybrides rechargeables ne représentent pas une solution, en particulier lorsque les rapports CSRD (émissions de CO2) deviennent obligatoires pour les entreprises. Ces rapports sont essentiels pour garantir les activités d'une entreprise et la poursuite de son financement.
L'approche adoptée par le précédent gouvernement Vivaldi a permis aux flottes d'entreprises belges d'atteindre un taux d'électrification de plus de 41%, dépassant de loin le marché privé. De même, le Royaume-Uni a adopté des politiques strictes de taxation des avantages en nature pour les voitures de société fonctionnant aux combustibles fossiles, encourageant ainsi l'électrification des flottes. Ces cas soulignent l'efficacité potentielle de mesures fiscales ciblées.
Un ancrage solide pour les constructeurs automobiles européens
Dans d'autres pays européens, les flottes d'entreprises sont lentement passées à l'électrique. Sur des marchés clés comme l'Allemagne et la France, l'électrification est à la traîne. Cette tendance persiste même si les constructeurs automobiles européens sont mieux implantés dans le segment des entreprises, puisque 62% de leurs ventes totales proviennent d'acheteurs professionnels, contre 49% pour les marques non européennes.
La proposition de règlement de la CE devrait être présentée au début de l'année 2026 et pourrait remplacer les directives à évolution lente par des objectifs contraignants. Les analystes de l'industrie suggèrent qu'un tel règlement fournirait une prévisibilité du marché indispensable, encourageant les constructeurs automobiles à investir davantage dans la production et les chaînes d'approvisionnement des VE en Europe.
Le projet final sera dévoilé au début du mois de mars, et il ne sera pas clair si les recommandations de T&E seront incluses.



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