L'équipementier automobile allemand Continental a annoncé son intention de supprimer 3 000 emplois supplémentaires dans le monde d'ici à la fin de l'année 2026. Cette décision, qui fait suite à une précédente série de 7 150 suppressions d'emplois annoncée l'année dernière, intervient alors que l'industrie est confrontée à un affaiblissement de la demande et à des changements structurels en faveur de l'électrification.
Selon la déclaration de l'entreprise, près de la moitié des postes concernés seront situés en Allemagne. Les dernières suppressions d'emplois toucheront principalement le département de recherche et de développement, l'entreprise souhaitant réduire ses effectifs mondiaux de R&D de 10% afin de maintenir sa compétitivité.
Cinq fermetures d'usines
Cette décision actualisée fait suite à l'annonce récente par l'entreprise de la fermeture de quatre usines en Allemagne, ce qui pourrait mettre en péril 580 emplois. Ces réductions s'ajoutent aux efforts de restructuration en cours, notamment à la stratégie de Continental visant à rationaliser les opérations et à se concentrer sur les segments à plus forte marge, tels que les pneus et les solutions industrielles.
Continental a déclaré qu'elle avait l'intention de mettre en œuvre ces réductions “dans une large mesure” par le biais de programmes de retraite anticipée et de gel des embauches. “L'environnement actuel du marché reste difficile alors que l'industrie subit une transformation majeure vers les technologies futures”, a déclaré l'entreprise dans un communiqué.
Le secteur automobile est sous pression depuis des mois en raison de la baisse de la demande de véhicules, de l'augmentation des coûts de l'énergie et de la concurrence croissante des constructeurs chinois. Les constructeurs automobiles européens ont réduit leur production, ce qui a entraîné une forte baisse des commandes pour des fournisseurs tels que Continental.
Plus large industry impact
Continental n'est pas seule dans sa lutte. D'autres équipementiers automobiles allemands ont annoncé des mesures de réduction des coûts similaires au cours des derniers mois. Bosch, Schaeffler et ZF ont tous annoncé des suppressions d'emplois, Bosch supprimant 7 000 postes et Schaeffler 4 700. ZF, quant à lui, prévoit de supprimer jusqu'à 14 000 emplois, invoquant la nécessité d'une plus grande efficacité.
La crise ne se limite pas à l'Allemagne. Les équipementiers automobiles français, dont Michelin et Walor, ont également annoncé des licenciements et des fermetures d'usines. Michelin a récemment révélé son intention de fermer deux usines en France d'ici à 2026, ce qui touchera 1 254 travailleurs.
Par ailleurs, Walor, un fabricant de composants de moteurs, a placé deux de ses usines sous protection financière, car la demande de pièces pour moteurs à combustion interne diminue en raison du passage aux véhicules électriques.
Saper la compétitivité à long terme ?
Les efforts de restructuration de Continental comprennent un projet de scission de sa division automobile sous-performante, qui produit des composants électroniques, des capteurs et des systèmes de freinage. L'entreprise prévoit d'introduire cette division en bourse d'ici à la fin de 2025, ce qui lui permettra de se concentrer sur ses segments les plus rentables.
Les syndicats et les représentants des travailleurs allemands ont fait part de leurs inquiétudes concernant ces réductions, avertissant que des coupes sombres dans la R&D pourraient affaiblir les capacités d'innovation à long terme de l'entreprise. “Les suppressions d'emplois et les réductions de coûts à tout prix ne constituent pas une stratégie durable pour l'avenir”, a déclaré Michael Iglhaut, président du comité d'entreprise général de Continental.
Avec 32 000 suppressions d'emplois annoncées dans l'industrie européenne de la sous-traitance automobile au cours du premier semestre 2024, le secteur est confronté à sa plus grave crise de l'emploi depuis la pandémie de Covid-19. Les collectivités locales demandent à la Commission européenne de soutenir financièrement ces fournisseurs en difficulté.



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