Depuis des années, la Région de Bruxelles-Capitale exige le respect des normes de bruit de Bruxelles pour limiter les nuisances sonores à l'aéroport de Bruxelles-Capitale. Le tribunal francophone de première instance de Bruxelles a une nouvelle fois condamné l'Etat belge pour les nuisances excessives causées par les vols de nuit au-dessus de la capitale.
Dans le même temps, elle a augmenté les astreintes pour les routes aériennes les plus dommageables et a imposé au gouvernement fédéral un calendrier précis pour mettre fin aux violations.
Menace d'une amende totale de 60 millions d'euros
Selon le tribunal, la route des canaux, le périphérique et la piste 01 continuent de causer des nuisances inacceptables la nuit, avec de graves conséquences pour la santé des résidents.
La Cour augmente pour la deuxième fois la sanction - la première remontant à juin 2023 - de 12 000 à 18 000 euros par dépassement grave (plus de 5 dB) par rapport à l'année de référence 2017, avec un maximum de 18 millions d'euros par route litigieuse.
En outre, le verdict légitime pour la première fois l'État fédéral avec un calendrier précis. Concrètement, la version finale de l'étude ENVISA sur les nuisances environnementales et sonores causées par l'exploitation de Brussels Airport doit être communiquée pour le 26 juin 2026.
D'ici le 1er octobre 2026, les mesures concrètes et les délais pour mettre fin aux violations doivent être adoptés et justifiés d'ici le 1er décembre. Tout retard sera sanctionné par une pénalité de 10 000 euros par jour, avec un maximum de 2 millions d'euros par échéance.
Le ministre Maron satisfait
Le ministre bruxellois sortant de l'Environnement et de la Santé, Alain Maron (Ecolo), se félicite de la décision du tribunal imposant des délais clairs au gouvernement fédéral. “La santé des Bruxellois et de toutes les personnes survolées doit primer”, a déclaré M. Maron. “Il incombe maintenant à toutes les parties du gouvernement fédéral de prendre la responsabilité de valider ces progrès. Il est temps que les gouvernements fédéral et flamand relèvent les défis de santé publique et d'environnement pour plus d'un million de Belges affectés par les nuisances des avions.”
En avril de l'année dernière, M. Maron a également fait appel du permis environnemental accordé à l'aéroport par la Flandre. Ce permis n'interdit pas les vols de nuit, mais il oblige l'aéroport à réduire les troubles du sommeil des riverains d'au moins 30% d'ici à 2032. Cet objectif sera atteint en imposant des normes de bruit de plus en plus strictes pour les vols de fin de semaine à partir de 2026.
Série de causes juridiques
En janvier, Arnaud Feist, le directeur général de Brussels Airport, a clairement indiqué que l'aéroport ne serait pas en mesure de respecter les normes de bruit définies dans le permis d'environnement pour les années à venir en raison, entre autres, de retards importants dans la livraison de nouveaux avions plus respectueux de l'environnement.
Parallèlement, en mai dernier, le gouvernement flamand a entamé une nouvelle procédure devant la Cour d'appel pour exiger des astreintes de 100 000 euros par jour si le gouvernement fédéral n'adapte pas à nouveau les itinéraires de vol.
Elle a déjà saisi la justice pour contester les nouvelles procédures introduites en octobre 2023. Le gouvernement fédéral devait alors établir de nouvelles routes aériennes pour l'aéroport de Bruxelles-Zaventem dans un délai de six mois.
Pour clarifier : le gouvernement fédéral est responsable de la gestion de Brussels Airport (l'organisation du trafic aérien, le contrôle du trafic aérien, les permis d'exploitation, la quantité de bruit produite par chaque avion et les procédures de vol à suivre), tandis que les régions sont chargées de fixer des normes environnementales pour lutter contre les nuisances sonores causées par le trafic aérien et observées au sol lorsqu'un avion passe au-dessus de la tête d'un passager.
Depuis des décennies, les différentes régions de Belgique, ainsi que divers groupes d'intérêt et municipalités, sont impliqués dans des querelles juridiques concernant les routes aériennes à suivre pour l'aéroport de Bruxelles.
À chaque fois, ils ont tenté de défendre les intérêts de leurs propres habitants, ce qui a donné à l'ensemble du dossier l'aspect d'un nid de frelons communautaire typiquement belge.



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