CAF remporte un contrat ferroviaire belge de plusieurs milliards sous le nez d'Alstom (mise à jour)

Rapports du magazine belge Trends-Tendances que le constructeur de trains CAF, coté en bourse en Espagne, a remporté un appel d'offres pour la construction de centaines de trains pour la société ferroviaire belge NMBS/SNCB. L'entreprise française Alstom, solidement implantée en Belgique, n'a pas remporté ce contrat d'une valeur de plus de 3 milliards d'euros, alors qu'elle était moins chère que son concurrent espagnol.

Selon le journal La Capital, l'entreprise exerce désormais des pressions politiques et Thomas Dermine (PS), bourgmestre de Charleroi, demande également une intervention politique à la Chambre des représentants sur la décision de la SNCB.

Des centaines d'autorails MR30

“Il y a eu un appel d'offres européen basé sur des critères d'évaluation techniques et financiers. Un ‘soumissionnaire privilégié’ a été désigné”, a répondu la SNCB à l'article du magazine. Plus précisément, la société ferroviaire poursuit les négociations avec une partie afin de parvenir à un accord formel. La SNCB ne dit pas encore de qui il s'agit, mais il semble bien qu'il s'agisse de CAF.

L'appel d'offres concerne les autorails MR30, qui disposent d'un moteur intégré et n'ont donc pas besoin d'être tirés par une locomotive. Selon l'appel d'offres publié fin 2022, l'intention est de signer un accord-cadre de 12 ans pour la fourniture de centaines d'autorails “pour une flotte allant jusqu'à 170 000 sièges”.”

Les automotrices seront utilisées sur les liaisons IC, locales et suburbaines L et S. Par ailleurs, l'appel d'offres comprenait des automotrices qui peuvent fonctionner sur batteries dans les endroits où la voie n'est pas encore électrifiée.

Différence de 107 millions d'euros

NMBS/SNCB avait déjà déclaré vouloir renouveler la moitié de sa flotte d'ici 2032. Selon les tendances, La CAF a proposé un contrat d'une valeur de 3,4 milliards d'euros.

L'entreprise basque Construcciones y Auxiliary de Ferrocarriles (CAF) avait déjà remporté des commandes auprès d'autres sociétés de transport en Belgique, notamment 146 tramways pour la société de transport public flamande De Lijn et 47 voitures de métro M7 pour la société de transport public bruxelloise MIVB/STIB.

Selon le journal économique L'Echo, Alstom, qui a ainsi manqué l'appel d'offres, conteste cette décision et a également envoyé une lettre au ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés).

D'après le constructeur français avec des divisions belges, son offre de 3,3 milliards d'euros était moins chère que celle de CAF et de l'Allemand Siemens (3,6 milliards d'euros). La note globale est également similaire, avec 76,3% pour CAF et 75,9% pour Alstom.

Les trains M7 d'Alstom pour NMBS/SNCB

Implications pour les succursales belges ?

Alstom emploie 480 personnes dans son usine de Bruges, l'ancien site de Bombardier, et plus de 1 000 personnes à Charleroi, où les travaux de recherche et de développement sont principalement réalisés.

En décembre 2020, la SNCB a encore commandé 130 voitures à accès autonome à Alstom, qui s'est ensuite engagé à les livrer - avec quelque 750 voitures M7 - avant la fin de l'année 2026. Cependant, l'entreprise a depuis été confrontée à un retard de 2,5 ans dans la livraison de ses wagons. retard dans la fourniture de nouvelles rames pour la SNCB.

En avril 2023, Alstom a également remporté un contrat pour équiper 37 locomotives de la flotte NMBS/SNCB avec la dernière technologie de signalisation ETCS.

Alstom parle d'une “décision choquante” et appelle à une “réaction politique” car, selon l'entreprise, la SNCB n'a pas pris en compte l'aspect local de l'offre. Elle n'exclut pas non plus que l'attribution de l'appel d'offres à CAF puisse nuire aux sites de Bruges et de Charleroi, écrit L'Echo.

Selon le journal Le Soir, la décision de considérer CAF comme “preferred bidder” pour l'appel d'offres a été prise à l'unanimité par le conseil d'administration de la SNCB. De plus, il n'y avait aucune raison de remettre en cause la procédure puisque les entreprises candidates à l'appel d'offres étaient également anonymes.

Par ailleurs, un témoin anonyme d'un membre du conseil d'administration affirme également dans le journal que “selon la direction et le service juridique, dans le cadre d'un appel d'offres européen, il n'est pas possible d'établir un critère national d'emploi”, ce sur quoi les avocats spécialisés ne sont pas d'accord, bien qu'ils admettent dans le journal L'Echo qu'un tel critère n'est pas évident.

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