Volkswagen : la rémunération du PDG augmente alors que les bénéfices diminuent

Les bénéfices de Volkswagen ont diminué d'un tiers l'année dernière en raison de la faiblesse de la demande et du ralentissement du marché chinois. Mais le salaire de son PDG, Oliver Blume, a augmenté. L'avenir proche permettra-t-il de résoudre les problèmes persistants du géant allemand de l'automobile ?

Le bénéfice net de Volkswagen a chuté de 30,6% en 2024 pour atteindre 12,39 milliards d'euros. Le plus grand constructeur automobile européen est confronté au ralentissement de la demande, à l'augmentation des coûts et à l'intensification de la concurrence des constructeurs chinois.

Le constructeur automobile allemand, qui fait l'objet d'une vaste restructuration pour retrouver sa forme d'antan, a annoncé au début de l'année un plan de réduction des coûts sans précédent, prévoyant notamment la suppression de 35 000 emplois en Allemagne d'ici à 2030.

Menace chinoise

Après trois années de bénéfices records, Volkswagen, à l'instar de ses homologues allemands, est confronté au ralentissement des marchés et à l'augmentation des dépenses opérationnelles, en particulier dans les domaines de l'énergie et de l'électrification. Le groupe basé à Wolfsburg, qui chapeaute des marques comme VW, Porsche, Skoda et Audi, a enregistré une baisse de 2,3% des livraisons de véhicules en 2024. 

Alors que les ventes en Amérique du Nord ont augmenté de 6,4%, elles ont chuté de 9,5% en Chine, un marché qui représente près d'un tiers des ventes mondiales de Volkswagen. Cette érosion souligne la menace croissante des fabricants chinois de véhicules électriques, qui dominent de plus en plus le secteur.

L'effondrement actuel en Chine a eu un impact significatif sur les marques de luxe de Volkswagen, notamment Porsche et Lamborghini, tandis que les concessionnaires occidentaux, y compris ceux d'Audi, ont eu du mal à maintenir leurs ventes.

En outre, les efforts de restructuration de Volkswagen ont augmenté les coûts fixes (2,6 milliards d'euros), ce qui a contribué à une baisse de la marge d'exploitation, qui est tombée à 5,9%, contre 7% en 2023 et 7,9% en 2022. La marge a néanmoins dépassé les prévisions internes (5,6%).

Baisse des ventes de VE

L'une des préoccupations majeures de Volkswagen est la baisse des performances de son département véhicules électriques. Après une décennie de croissance continue, les immatriculations de VE ont chuté de 3,4% l'année dernière, leur part dans les ventes totales stagnant à 8,3%.

Ce chiffre est bien en deçà de l'objectif du constructeur, qui est d'atteindre 80% de ventes de VE d'ici 2030. Volkswagen espère relancer la demande grâce à ses prochains modèles de VE abordables, notamment l'ID.2 en 2026 et l'ID.EVERY1 en 2027.

Les défis vont au-delà de la dynamique du marché, car des tensions géopolitiques et commerciales se profilent à l'horizon. Volkswagen surveille de près les risques potentiels découlant des politiques protectionnistes, comme les droits de douane américains temporairement suspendus sur les importations mexicaines, où l'entreprise fabrique certains modèles clés. Des droits de douane supplémentaires sur les véhicules fabriqués en Europe pourraient exacerber ces inquiétudes.

Une lumière dans le tunnel ?

Sur le plan financier, Volkswagen s'apprête à vivre une nouvelle année difficile. Néanmoins, le constructeur automobile prévoit une augmentation de 5% de son chiffre d'affaires pour 2025 et vise une marge opérationnelle comprise entre 5,5% et 6,5%. Lors de la conférence téléphonique sur les résultats, le directeur financier Arno Antlitz s'est montré prudent, admettant que l'entreprise reste insatisfaite de ses perspectives financières.

Il a ajouté que ses prévisions n'incluaient pas les effets néfastes des droits de douane à l'importation et qu'il s'attendait à ce que l'administration Trump donne du mou au constructeur automobile pendant qu'il investit dans son usine de Chattanooga et qu'il relance la marque Scout.

Volkswagen a reçu une aide de l'Union européenne pour surmonter les obstacles. Sa récente décision de repousser à 2027 l'entrée en vigueur de réglementations plus strictes en matière d'émissions de CO2 écarte la menace d'une amende d'un milliard de dollars en cas de dépassement des seuils d'émission. Volkswagen a proposé à l'administration européenne de l'aider à accroître sa capacité militaire, sans que l'on sache s'il s'agit d'un rôle de conseil ou d'assemblage. 

Enfin, des chiffres positifs ont été réservés au PDG Oliver Blume. Le PDG du groupe VW, qui dirige également Porsche, a vu sa rémunération totale augmenter de 6,5% l'année dernière pour atteindre 10,3 millions d'euros, reflétant une combinaison de salaire fixe et d'incitations basées sur la performance. Toutefois, lui et d'autres cadres supérieurs ont accepté une réduction de 5% de leur salaire de base pour 2024 dans le cadre de mesures de contrôle des coûts.

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