Engie, le géant français de l'énergie qui possède plusieurs centrales nucléaires en Belgique, a annoncé qu'il était “ouvert à des discussions sur la politique belge en matière d'énergie nucléaire”. Engie a souligné à plusieurs reprises qu'il n'était pas favorable à l'idée et a indiqué qu'il souhaitait mettre fin à ses activités nucléaires.
Alors que le PDG du groupe belge Luminus, Grégoire Dallemagnes, a laissé entendre dans les médias que son entreprise - qui fait partie du groupe français EDF et qui est son principal concurrent - souhaitait répondre à l'appel du gouvernement belge, Engie déclare maintenant dans un communiqué qu'elle “reste ouverte aux discussions, mais dans les limites de sa stratégie”. Entre-temps, Engie a également payé la première tranche de 11,5 milliards d'euros pour l'élimination des déchets nucléaires.
Le gouvernement De Wever demande que Doel 4 et Tihange 3 soient prolongés d'au moins 10 ans, en plus de la prolongation actuelle jusqu'en 2035. Toutefois, fin janvier, Vince Verbeke, directeur général d'Engie en Belgique, a clairement indiqué qu'il était “impensable” de prolonger encore la durée de vie des centrales, l'énergie nucléaire ne faisant plus partie des ambitions stratégiques d'Engie.
“Notre stratégie reste inchangée”, a déclaré un porte-parole de l'entreprise, qui ouvre toutefois la porte “à des discussions sur la politique énergétique belge en matière d'énergie nucléaire”.”
La première tranche de l'élimination des déchets nucléaires a été payée
Vendredi dernier, Engie et le gouvernement ont également conclu un accord pour prolonger la durée de vie de Doel 4 et Tihange 3. Engie a versé le premier acompte pour l'élimination des déchets nucléaires. Il s'agit de 11,5 milliards d'euros gérés par la nouvelle agence gouvernementale Hedera. La deuxième tranche de 3,5 milliards d'euros suivra le redémarrage des réacteurs en novembre.
Doel 4 et Tihange 3 feront partie d'une coentreprise détenue à parts égales par l'État belge et Engie. Les travaux préparatoires au redémarrage battent leur plein. Ils comprennent la livraison du combustible, l'approbation des autorités de sûreté nucléaire et les travaux de maintenance (d'avril à juin pour Tihange 3 et de juillet à octobre pour Doel 4).
Le rapport de l'AFCN est décisif
Selon le journal économique L'Echo, outre l'annonce de la volonté d'Engie de renouer le dialogue avec le gouvernement au sujet des centrales nucléaires, d'autres évolutions positives sont à noter sur ce front.
Grégoire Dallemagne, directeur de Luminus, filiale de l'énergéticien français EDF qui possède 50% du réacteur Tihange 1, a indiqué que sa société était également “à la disposition du gouvernement pour examiner les différentes options en matière d'énergie nucléaire en Belgique”.”
Le gouvernement De Wever souhaite abroger la loi sur la sortie du nucléaire et maintenir Doel 4 et Tihange 3 ouverts au moins jusqu'en 2045. Il souhaite également prolonger l'ouverture de Tihange 1, Doel 1 (le plus ancien réacteur nucléaire belge a fermé le 14 février) et Doel 2 (dont la fermeture est prévue cette année) et éventuellement construire de nouveaux réacteurs.
Beaucoup dépendra du rapport attendu de l'AFCN à la fin du mois. L'autorité de surveillance nucléaire doit indiquer ce qu'elle considère comme faisable et sûr. Le ministre fédéral de l'énergie, Mathieu Bihet (MR), se réjouit déjà qu“”Engie ouvre la porte à des discussions sur la politique belge en matière d'énergie nucléaire".”



Commentaires
Prêt à participer à la conversation ?
Vous devez être un abonné actif pour laisser un commentaire.
Abonnez-vous dès aujourd'hui