Le nouveau gouvernement fédéral veut explorer l'idée des trains sans conducteur et voir si les trains sans accompagnateur, la ‘voiture à un seul conducteur’, sont réalisables. C'est ce qui ressort de la déclaration de politique générale du ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés).
La proposition est remarquable. D'une part, elle peut contribuer à réduire les coûts de personnel et peut être la solution ‘bizarre’ contre l'augmentation des agressions à l'encontre du personnel. D'autre part, on peut également se demander s'il est souhaitable d'avoir des agents de bord, en particulier des femmes, surtout le soir ou sur des itinéraires moins fréquentés.
Une idée réaliste ?
“L'automatisation des trains peut avoir un effet positif sur la ponctualité grâce à des sillons plus optimaux et à une réduction du risque d'erreur humaine”, peut-on lire dans la déclaration de politique générale de M. Crucke, présentée au Parlement cette semaine.
Toutefois, de tels trains autonomes semblent actuellement être principalement une option à long terme en Belgique, compte tenu également de la situation financière de la SNCB et des coûts techniques qu'ils impliquent. Compte tenu du déficit budgétaire, le gouvernement De Wever veut se concentrer sur des économies importantes dans de nombreux domaines.
En effet, de nombreux pays explorent actuellement les possibilités de circulation de trains autonomes. Toutefois, hormis les trains-navettes entièrement automatisés pour les aéroports tels que ceux de New York, San Francisco et Miami, et les trains de marchandises autonomes en Australie occidentale, des expériences de trains automatiques à grande vitesse sont menées dans ce domaine, principalement en Chine et au Japon. Bien que Paris, Pékin, Shanghai, Singapour, Tokyo, Sydney et Vancouver disposent déjà de lignes de métro entièrement automatisées.
Voiture à un homme
Mais la déclaration de politique générale précise également que “des expériences devront être menées à plus court terme pour faire circuler certains trains de voyageurs avec un seul homme à bord (‘one man car’), comme cela est courant ailleurs en Europe, en particulier sur les lignes rurales et suburbaines.
Selon le ministre Crucke, ces trains non accompagnés pourraient également résoudre la difficulté de trouver suffisamment de personnel. “Bien entendu, il faut veiller à ce que les conditions garantissant la sécurité du trafic pour les passagers et le personnel soient réunies”, précise-t-il.

La NMBS/SNCB n'est pas un grand fan
L'idée d'une ‘voiture à un seul homme’ n'est pas nouvelle. Sophie Dutordoir, la dirigeante de la SNCB, n'était pas très favorable à cette idée dans le passé, notamment parce que les chefs de train jouent un rôle crucial, selon elle. En 2019, l'idée a été qualifiée de techniquement et financièrement irréalisable. Les syndicats se sont toujours opposés au principe et ont fait savoir qu'ils “continueront à s'y opposer à l'avenir”.”
Dans une réaction, la SNCB rappelle que tant que plusieurs “fonctions essentielles” ne peuvent être assurées d'une autre manière, les agents de train “resteront essentiels”. La SNCB/NMBS fait référence à la garantie de départs sûrs, à l'aide aux passagers qui ont besoin d'assistance et au contrôle des billets.
Dans sa réponse, l'entreprise se réfère également au contrat de service public et au plan d'entreprise 2023-2032, que le Conseil des ministres a approuvé en 2022. Il y est stipulé que la présence des agents de train sera maintenue “pendant toute la durée du contrat”. M. Dutordoir souhaite à présent discuter rapidement de la question avec le nouveau ministre.
La SNCB note toutefois qu'il a été décidé de fournir l'équipement technique nécessaire lors de l'achat de nouveaux trains. Ces équipements rendront techniquement possible la circulation sans chef de train. Il s'agit par exemple de la possibilité d'ouvrir et de fermer les portes à partir du poste de conduite ou de voir le quai à l'aide de caméras. Les nouveaux trains devraient durer jusqu'en 2070.
Big brother AI
Les trains modernes non accompagnés sont équipés de caméras de surveillance contrôlées en direct depuis un centre de contrôle. En cas de problème, les passagers peuvent contacter directement le centre de contrôle au moyen de boutons d'urgence ou d'interphones. Le centre de contrôle peut également appeler rapidement des équipes mobiles et la police. Il est également possible de verrouiller les portes ou d'arrêter le train.
Bien entendu, des technologies innovantes, telles que l'intelligence artificielle, sont également utilisées. Certains systèmes, par exemple, l'utilisent pour détecter rapidement les situations suspectes ou pour reconnaître les comportements anormaux. Toutefois, en cas d'agression ou d'incident dans une voiture dite à un seul homme, beaucoup dépendra aussi du contrôle social, de l'interaction et de l'engagement des autres voyageurs.
La présence physique du personnel peut décourager les comportements indésirables, en particulier le soir ou sur les itinéraires calmes. Un steward peut également rassurer les passagers et leur donner des instructions ; de nombreux passagers se sentent plus en sécurité et plus à l'aise lorsque le personnel est à bord.



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