Le gestionnaire du réseau haute tension belge Elia appelle à la vigilance face à la surproduction solaire. En raison du printemps ensoleillé et du grand nombre de panneaux solaires installés, une surproduction pourrait entraîner des prix négatifs et une augmentation de la fréquence, menaçant ainsi de provoquer des pannes d'électricité.
Contrairement à l'année dernière, où ce phénomène s'était surtout produit en été, Elia constate que le risque est déjà présent au printemps.
Réseau de surcharge
La Belgique compte actuellement 11,4 gigawatts de panneaux solaires installés. En deux ans, cette capacité a augmenté de 4 gigawatts, soit l'équivalent de la capacité de certaines centrales nucléaires.
Ces panneaux solaires peuvent produire jusqu'à 9 gigawatts d'électricité aux heures de pointe. Ainsi, le moindre écart par rapport aux prévisions météorologiques a immédiatement un impact significatif sur l'équilibre entre l'offre et la demande.
“Cela peut entraîner des prix négatifs”, explique Elia, “et si le déséquilibre persiste, il peut entraîner une augmentation de la fréquence en Belgique et dans les pays voisins”. Les pannes d'électricité menacent si la fréquence du réseau à haute tension (50 hertz) s'écarte trop.
Bien entendu, il existe plusieurs moyens de maintenir l'équilibre du réseau si le rendement est supérieur à la consommation à ce moment-là et que l'énergie excédentaire est réinjectée dans le réseau électrique.
Par exemple, en cas de capacité excédentaire, les principaux acteurs du marché peuvent arrêter la production ou activer la consommation. Les éventuels prix négatifs sur le marché en déséquilibre contribuent également à encourager ces interventions.
Mais Elia peut également intervenir en fermant de grands parcs éoliens en mer, en demandant aux gestionnaires de réseaux des pays voisins d'exporter de l'électricité supplémentaire ou, dans des circonstances exceptionnelles, en fermant de grands parcs solaires ou éoliens sur terre.
Contrat dynamique
Le gestionnaire de réseau souligne que la saturation du réseau électrique deviendra de plus en plus fréquente à l'avenir et qu'il est donc important d'activer une flexibilité suffisante dans le système.
Ce faisant, Elia s'intéresse à l'utilisateur final. Il pourrait passer à des contrats d'électricité dynamiques avec des tarifs horaires. Pour l'instant, ces contrats ne sont toutefois possibles qu'en Flandre - un compteur numérique est nécessaire - et ne représentent qu'un phénomène marginal avec quelques milliers de contrats seulement.
Dans un contrat dynamique, le prix du coût de l'énergie est généralement fixé toutes les heures en fonction du processus des bourses de l'électricité sur lesquelles les fournisseurs achètent de l'énergie pour le jour suivant.
En d'autres termes, il récompense les consommateurs qui adaptent leur consommation à la disponibilité de l'énergie renouvelable (bon marché), mais le contrôle des panneaux solaires à ces moments-là peut également offrir des opportunités.
Le gestionnaire de réseau souligne également l'émergence de la recharge intelligente pour les voitures et un projet danois où chaque appareil peut avoir un compteur séparé et donc un fournisseur d'électricité séparé - des développements qu'Elia suit de près afin de mettre en œuvre un éventuel design de marché efficace.

Panneaux solaires enfichables
Toute personne en Flandre qui dispose encore d'un compteur électrique analogique et qui installe un panneau solaire enfichable doit le signaler à Fluvius, le gestionnaire du réseau d'électricité et de gaz naturel dans toutes les communes de la Région flamande.
Depuis le 17 avril, un panneau solaire enfichable peut être raccordé au réseau électrique en Flandre. Cette mesure est utile pour les locataires et les personnes au budget limité qui ne disposent pas d'un toit ou d'un jardin.
Les signataires se verront ensuite installer un compteur numérique dans un délai de trois mois. Ceux qui disposent d'un compteur numérique ne doivent pas enregistrer les panneaux eux-mêmes. En Wallonie, par contre, l'enregistrement est obligatoire.
La ministre flamande de l'énergie, Melissa Depraetere (Vooruit), demande au gouvernement fédéral de suivre l'exemple des pays belges voisins en limitant la puissance des panneaux solaires à 800 watts afin d'éviter les risques d'incendie. Dans la pratique, cela correspond à environ deux panneaux solaires enfichables par famille.



Commentaires
Prêt à participer à la conversation ?
Vous devez être un abonné actif pour laisser un commentaire.
Abonnez-vous dès aujourd'hui