Les conducteurs privés belges évitent les véhicules électriques. Ils invoquent le coût, le manque d'infrastructures et des doutes quant à la durabilité, alors même que le pays adopte des changements plus larges dans les tendances de la mobilité. Selon le Baromètre de la mobilité 2025 de l'assureur Europ Assistance, 62 % des personnes interrogées déclarent que leur prochaine voiture ne sera pas électrique, soit une augmentation de 10 % par rapport à l'année dernière.
Seuls 10 % sont sûrs d'acheter un véhicule électrique par la suite, ce qui souligne le fossé entre les ambitions climatiques et l'état de préparation des consommateurs. Tout aussi inquiétant pour les constructeurs automobiles, 20 % d'entre eux pensent que la transition complète vers la mobilité électrique n'aura jamais lieu.
Ces résultats confirment le recul de l'adoption des VE dans l'ensemble de l'industrie, du moins en Europe occidentale. Europ Assistance enregistre également un plus grand pessimisme dans d'autres pays de l'UE, en particulier en France et au Portugal.
Les doutes grandissent chez les jeunes
La résistance n'est pas seulement une hésitation à court terme. Une personne interrogée sur cinq pense que le passage complet aux véhicules électriques n'aura jamais lieu. Vingt pour cent d'entre eux estiment qu'il ne se produira pas avant 2035, et 17 % repoussent cette date à 2040.
L'âge est un facteur important dans l'attitude à l'égard de l'électrification. Si les jeunes sont généralement plus réceptifs, leur enthousiasme s'estompe. Seuls 39 % des répondants de moins de 35 ans déclarent qu'ils achèteront peut-être un VE, soit une baisse de neuf points par rapport à l'année dernière. Parmi les groupes d'âge plus élevés, le déclin est moins important mais toujours présent.
L'enquête annuelle sur la mobilité, réalisée entre le 17 décembre 2024 et le 13 janvier 2025, a été menée auprès de 1 025 Belges.
Utilisation de la voiture de société
La voiture, en tant que moyen de transport, est toujours reine et reste la solution dominante pour répondre aux besoins de mobilité : 82 % des Belges y ont recours et 90 % possèdent au moins un véhicule. L'utilisation des voitures de société reste également forte, à 21 %, ce qui est nettement supérieur aux moyennes européennes.
Mais en arrière-plan, la Belgique s'oriente de plus en plus vers un modèle de mobilité plus diversifié. Les transports publics, le vélo et la marche à pied gagnent du terrain. Dans les villes, l'utilisation de la voiture a tendance à diminuer. Seules 15 % des personnes interrogées déclarent conduire quotidiennement dans les zones urbaines, soit une baisse de huit points par rapport à l'année dernière.
La marche (72 %) et les transports en commun (49 %) restent les principales options quotidiennes. L'utilisation de la bicyclette se maintient, avec 39 % de vélos traditionnels et 28 % de vélos électriques. L'intention d'adopter des vélos électriques a augmenté de 8 %, ce qui témoigne d'une confiance croissante dans les alternatives à faibles émissions.
Polariser les scooters électriques
Le changement est également numérique. Le covoiturage (13 %) et les services de mobilité basés sur des applications (utilisés par 64 %) sont tous deux en progression constante. Les voyages d'affaires rebondissent également, avec une augmentation nette de 24 % de leur utilisation.
Pourtant, certains problèmes structurels subsistent. Plus de 60 % des personnes interrogées estiment que l'infrastructure actuelle ne favorise pas la mobilité douce en toute sécurité, et plus de la moitié pensent que les cyclistes et les scootéristes ne respectent pas le code de la route. Les scooters électriques sont particulièrement polarisants : la moitié des personnes interrogées les considèrent comme une nuisance, les groupes d'âge plus élevés exprimant l'opposition la plus vigoureuse.
Scepticisme écologique
Néanmoins, des obstacles se dressent sur la voie d'une transition complète vers les VE. Les prix élevés (cités par 71 %), le manque d'infrastructures de recharge publiques ou à domicile (39 %), l'autonomie limitée et les inquiétudes concernant la sécurité des batteries figurent parmi les principales raisons pour lesquelles les gens hésitent - un quart des personnes interrogées citent désormais les risques d'incendie liés aux batteries des VE. Le scepticisme écologique s'accroît également.
L'espoir que le marché des véhicules électriques d'occasion réduise la barrière du prix s'avère prématuré. Soixante et onze pour cent des Belges déclarent qu'ils ne sont pas prêts à acheter une voiture électrique d'occasion, principalement en raison des inquiétudes concernant la durée de vie de la batterie, bien que des études en situation réelle montrent que ces inquiétudes ne sont pas fondées.
C'est un coup dur pour une stratégie nationale qui s'appuie sur les VE d'entreprise - une catégorie qui représente aujourd'hui 82 % de toutes les nouvelles immatriculations de VE en Belgique - pour les écouler sur le marché de l'occasion.



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