Les droits de douane punitifs de l'UE sur les véhicules électriques chinois prendront-ils bientôt fin ? L'Union européenne et la Chine ont entamé des discussions officielles sur la fixation de prix minimums pour les véhicules électriques chinois vendus en Europe, en guise de remplacement potentiel.
Les deux parties ont confirmé l'évolution des négociations, ce qui laisse entrevoir une issue possible à l'escalade du différend commercial qui ébranle depuis près d'un an les relations entre les deux pays dans le domaine de l'automobile et, plus généralement, dans le domaine économique.
Le commissaire européen au commerce, Maroš Šefčovič, et le ministre chinois du commerce, Wang Wentao, sont convenus d'entamer immédiatement des négociations, selon les déclarations publiées par la Commission européenne et le ministère chinois du commerce.
La proposition en cours de discussion remplacerait les droits d'importation - qui atteignent actuellement jusqu'à 45,3% dans les pires cas - par ce que l'on appelle des “engagements en matière de prix”. Ce mécanisme est plus couramment utilisé pour les produits de base ; il est inhabituel pour des produits complexes comme les voitures.
Marteau tarifaire
La Chine et l'UE repensent leurs accords commerciaux bilatéraux après que le marteau tarifaire du président américain Donald Trump a ébranlé l'économie mondiale. Les politiques tarifaires de Trump ont créé un marché américain quasi fermé pour les VE chinois, ce qui a poussé les constructeurs automobiles chinois à redoubler d'efforts en Europe.
Toutefois, ce resserrement du paysage mondial n'affaiblit pas nécessairement l'ancienne position de l'UE. Selon Šefčovič, tout accord éventuel devrait être à la hauteur de l'efficacité des droits de douane actuels.
Elle doit encore s'efforcer de lutter contre ce que Bruxelles considère comme une concurrence déloyale de la part des constructeurs automobiles chinois qui bénéficient d'importantes subventions publiques. Néanmoins, cette décision marque un changement de ton, les deux parties faisant preuve d'une volonté de désescalade.
Les constructeurs automobiles allemands, qui comptent parmi les plus fervents détracteurs des droits de douane imposés par l'Union européenne, ont accueilli favorablement l'annonce de ces négociations. La VDA, l'association allemande de l'industrie automobile, a réaffirmé son opposition aux barrières commerciales et a qualifié les droits de douane d“”erreur".”
Elle a averti que l'accent devait être mis sur l'élimination des obstacles plutôt que sur la création de nouveaux obstacles. L'enjeu pour les marques allemandes est de taille : Elles réalisent environ un tiers de leur chiffre d'affaires global en Chine et craignent un retour de bâton en cas d'escalade des tensions. Toutefois, les clients chinois se détournent des voitures fabriquées en Occident et préfèrent de plus en plus les marques locales.
Bond des ventes en Chine
Les constructeurs automobiles chinois se sont adaptés aux obstacles tarifaires en accélérant la production locale ou l'assemblage de kits et en se recentrant sur les véhicules hybrides rechargeables, qui n'étaient pas soumis à l'augmentation des droits de douane de l'UE.
Les données de l'institut d'études de marché Dataforce montrent que les Les ventes de véhicules construits en Chine ont fait un bond 64% en février d'une année sur l'autre, s'emparant de 4,1% du marché contre 2,5% l'année précédente. Les ventes d'hybrides rechargeables ont fait un bond de plus de 300% au cours du même mois. En revanche, les importations chinoises de véhicules entièrement électriques ont légèrement baissé, de 3,4% à 11 116 unités, alors même que le marché européen global des BEV a augmenté de 26%.
Le régime tarifaire de l'UE, qui entrera en vigueur pour la première fois en octobre 2023, a constitué un important point d'inflexion dans les relations commerciales. Les droits spécifiques comprennent une surtaxe de 17% sur les VE de BYD, de 18,8% sur ceux de Geely et de 35,3% sur SAIC, la société mère de MG - la marque automobile chinoise la plus vendue en Europe. Ces taxes s'ajoutent au droit d'importation standard de l'UE de 10% sur les véhicules de tourisme.
Pékin a réagi en prenant des contre-mesures, ciblant les exportations européennes politiquement sensibles. Les producteurs français de cognac, dont Hennessy et Rémy Martin, ont été particulièrement touchés, la Chine ayant imposé de nouveaux droits de douane sur les spiritueux de luxe en guise de représailles.
Il en est résulté un effet de refroidissement sur les flux commerciaux et une pression croissante des parties prenantes de l'industrie en faveur d'un compromis. Il semble que les États-Unis aient exercé cette pression.



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