Après les États-Unis, la France dispose désormais de l'équipement nécessaire pour effectuer des tests de résistance au feu sur les moteurs d'avion. C'est ce que rapporte le journal économique français Le Figaro.
La plate-forme de recherche sur les incendies de moteurs d'avion sera située au Centre national français de recherche aérospatiale (ONERA), à 15 km au sud de Toulouse. Ce centre, fondé en 1968, joue un rôle central dans la recherche aérospatiale européenne.
Première européenne
Jusqu'à présent, le constructeur aéronautique européen Airbus a toujours dû se rendre aux États-Unis pour effectuer des tests de résistance au feu sur ses avions. En effet, seule la FAA, l'autorité américaine de régulation de l'aviation, dispose d'un tel équipement.
Les choses changent puisque, désormais, l'Office national d'études et de recherches aérospatiales (ONERA) de Toulouse dispose également d'une telle plate-forme pour étudier le risque d'incendie dans les moteurs d'avion en anticipant l'impact des matériaux composites et de l'hydrogène. Toutefois, contrairement au régulateur américain, l'équipement n'est utilisé qu'à des fins de recherche et non de certification.
“Une capacité d'essai unique”
La plateforme PyCoFire (Pyrénées Composite Fire Research), située sur le site du Fauga-Mauzac et représentant un investissement de 14 millions d'euros, comprend le premier équipement de recherche au monde capable de simuler et d'analyser à l'échelle réelle des scénarios d'incendie réalistes dans le compartiment moteur.
Selon Bruno Sainjon, directeur général de l'ONERA, “disposer d'une capacité d'essais aussi unique est un atout stratégique important pour l'Europe et pour la France”, ne serait-ce que pour prévenir les risques d'espionnage industriel, par exemple.
Composites
La particularité de l'installation d'essai PyCoFire est qu'elle est conçue pour tester et analyser le comportement au feu de nouveaux matériaux aéronautiques, en particulier les composites, dans les compartiments moteurs qu'Airbus et Safran, deux grands bailleurs de fonds, par exemple, pourraient vouloir utiliser à l'avenir.
Traditionnellement, dans l'aviation, on utilisait principalement du métal ; cependant, un nouveau matériau aéronautique, tel que le composite, est constitué d'une séquence de couches de fibres reliées par de la résine. En cas d'incendie, la résine se dégrade et génère des bulles de gaz. Cela crée des cloques qui s'enflamment. Ce phénomène, par exemple, est beaucoup plus complexe à simuler numériquement que le métal, et c'est précisément parce que l'on sait peu de choses sur le comportement au feu que les ingénieurs et les scientifiques veulent le tester et l'analyser plus avant.
Respect de l'environnement
Un avantage supplémentaire de la plateforme est qu'elle peut simuler un incendie dans un aéroport à des températures extrêmes, allant du très froid au très chaud, ainsi qu'à différentes conditions de flux d'air.
Elle permet également de développer et d'évaluer des technologies d'extinction innovantes et respectueuses de l'environnement. Par exemple, le gaz d'extinction Halon est extrêmement efficace mais très polluant, et son utilisation sera finalement interdite dans l'aviation.
La plateforme sera également utilisée dans le cadre du programme européen Concerto pour étudier les effets des fuites d'hydrogène sur un avion.


