Le rêve belge des véhicules électriques Addax Motors dépose le bilan

Considéré comme un phare de l'innovation belge et de l'ambition industrielle verte, Addax Motors, le seul fabricant de camionnettes électriques du pays, a déposé son bilan. Cette annonce, qui met en péril 40 emplois, met brutalement un terme à une expérience audacieuse de fabrication durable qui avait débuté avec des objectifs ambitieux et une fierté locale.

Fondée en 2016 dans la ville de Deerlijk, en Flandre occidentale, Addax était une rareté dans le paysage européen des VE : un petit fabricant produisant des véhicules utilitaires zéro émission, entièrement assemblés sur le sol belge. Ses fourgonnettes compactes répondaient à une demande croissante des services municipaux, des fournisseurs de logistique urbaine tels que DPD et des chaînes de supermarchés telles que Delhaize et Albert Heijn. L'entreprise vend des centaines d'unités dans 20 pays, poursuit l'ambition de produire jusqu'à 4 000 véhicules par an dès cette année et mise sur l'arrivée d'un nouveau modèle prévu pour la fin de l'année 2025.

Des fourgons durables et hautement configurables

Les premières années d'Addax ont été marquées par la détermination et l'optimisme. Son PDG de l'époque, Jean-Charles Carrette, la décrivait fièrement comme “un symbole de la fabrication locale et de l'innovation”, offrant des fourgonnettes entièrement numérisées et hautement configurables, fabriquées à partir de pièces durables provenant en grande partie d'Europe. “Nous avons payé beaucoup de frais de scolarité”, a déclaré M. Carrette en 2022, “mais nous avons prouvé qu'une entreprise belge peut être leader dans le domaine des transports propres”.”

Mais les fissures ont commencé à apparaître bien avant l'effondrement de cette semaine. Malgré un chiffre d'affaires de 12,6 millions d'euros l'année dernière, la société enregistrait des pertes financières considérables. Sa perte nette s'est creusée pour atteindre 4,9 millions d'euros, et une série d'injections urgentes de capitaux, dont 1,7 million d'euros levés fin 2024, n'ont pas suffi à stabiliser les opérations. Les auditeurs ont signalé des irrégularités comptables, notamment des coûts de R&D qui n'ont pas été imputés aux dépenses.

Une nouvelle direction pour redresser la barre

Un changement de direction devait servir de bouée de sauvetage pour inverser la trajectoire descendante. M. Carrette et son collègue de longue date Daniel Kedzierski ont démissionné au début de l'année, remplacés par Koen Verhellen en tant que PDG et Joris Noreillie en tant que directeur financier intérimaire. La nouvelle équipe de direction espérait sauver l'entreprise, mais les fournisseurs n'ont pas été payés et les récents tests de collision n'ont pas répondu aux attentes, ce qui a aggravé les perspectives de l'entreprise. Addax Motors a également eu du mal à atteindre ses objectifs de production ambitieux.

Addax Motors avait reçu un soutien substantiel de la part d'investisseurs publics et privés, notamment de la famille de brasseurs actionnaires d'AB InBev. Mais même ce soutien n'a pas pu protéger l'entreprise d'un marché mondial des véhicules électriques de plus en plus concurrentiel, dominé par des acteurs plus importants et encore mieux capitalisés de Chine et d'ailleurs.

Une liste d'échecs qui s'allonge

Cette faillite soulève des questions non seulement sur l'avenir d'Addax et sur la possibilité de trouver un acheteur, mais aussi sur la viabilité générale de la fabrication de VE à petite échelle en Europe. Avec le néerlandais Lightyear, l'allemand Sono Motors (la branche véhicules) et Streetscooter, le français Hopium, le suédois Volta et Uniti, la liste des tentatives avortées s'allonge à un rythme alarmant.

Pour une entreprise qui se présentait autrefois avec fierté comme un modèle d'entrepreneuriat régional, la chute soudaine d'Addax Motors rappelle à quel point il est difficile de traduire la rhétorique du développement durable en réalité industrielle.

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