Les conducteurs de véhicules électriques devront bientôt payer pour entrer dans le centre de Londres, dans le cadre des plans de Transport for London (TfL) visant à réviser le péage urbain. Cette mesure a divisé les militants, les groupes d'entreprises et les défenseurs de la qualité de l'air, mais elle s'inscrit dans une tendance plus large qui voit les villes réajuster leurs politiques en matière de qualité de l'air.
La révision n'affecte pas uniquement l'exemption pour les véhicules électriques. À partir de janvier 2026, le droit d'entrée journalier dans la zone passera de 15 à 18 livres sterling (17,5 à 21 euros), la première augmentation en cinq ans. Le fait que les véhicules électriques perdent leur exemption de la redevance suscite la controverse, mais ils bénéficient toujours d'une réduction. Ils devront payer 13,50 £ (15,8 €), à condition d'être inscrits au système Auto Pay de TfL. Cette réduction devrait à nouveau diminuer de moitié en 2030.
Ce n'est plus viable
La nouvelle structure tarifaire, qui comprend également une réduction 50% pour les camionnettes et les camions électriques, s'inscrit dans le cadre d'une refonte plus large de la manière dont Londres gère ses routes chroniquement encombrées. TfL affirme que l'exemption actuelle pour les véhicules électriques n'est plus viable, compte tenu de la forte augmentation du nombre de propriétaires de voitures électriques.
Il ne s'agit pas seulement de la qualité de l'air, mais aussi des embouteillages et de la réorientation des navetteurs vers les transports publics. Des mesures similaires ont été adoptées par la ville d'Oslo, après que les incitations eurent stimulé la conduite électrique au détriment des transports publics. Des changements sont également prévus en ce qui concerne la réduction pour les résidents. À partir de mars 2027, seuls les conducteurs de véhicules électriques pourront bénéficier de la réduction 90%.
En l'absence de changements, TfL a averti que 2 200 véhicules supplémentaires pourraient entrer dans la zone chaque jour de semaine, menaçant ainsi d'annuler les progrès réalisés en matière de réduction du trafic. La décision d'intégrer les véhicules électriques dans le système a suscité l'inquiétude des groupes d'entreprises et des défenseurs de l'environnement.
Réduction du trafic
La Fédération des petites entreprises (FSB) s'est concentrée sur la hausse des prix, avertissant qu'elle pourrait peser sur des entreprises déjà confrontées à des marges étroites. “Les entreprises chercheront à faire payer plus cher leurs services aux clients de la zone, ce qui accentuera encore les pressions inflationnistes”, a déclaré un représentant.
Le péage urbain, introduit pour la première fois en 2003 par le maire de l'époque, Ken Livingstone, est depuis longtemps la pierre angulaire de la politique de circulation de Londres. Il a permis de réduire le trafic de 30% dès la première année et reste l'un des outils les plus connus pour la gestion des routes de la capitale.
La France vote contre la LEZ
Contrairement à ce qui se passe dans d'autres villes, le plan révisé ne modifie pas les conditions d'accès à la zone ULEZ à Londres. Bruxelles a décidé de retarder de deux ans (juillet 2027) l'interdiction des véhicules diesel Euro 5, car elle pourrait constituer une discrimination à l'égard des classes inférieures qui dépendent davantage de véhicules plus anciens pour leurs besoins de mobilité.
Dimanche dernier, la France a voté en faveur de l'abolition des zones à faibles émissions (ZFE). La mesure, qui a été adoptée à une forte majorité de 98 voix contre 51, menace de démanteler les programmes Crit'Air dans 25 villes, qui visent à réduire la pollution en limitant les véhicules anciens à fortes émissions. Les détracteurs de ces zones, principalement issus des partis conservateurs, ont fait valoir qu'elles pénalisaient de manière disproportionnée les conducteurs à faibles revenus qui n'ont pas les moyens de s'offrir des véhicules plus propres.
Le vote a été qualifié de “honteux” par la ministre française de l'environnement, Agnès Pannier-Runacher (Renaissance). Bien que la mesure ait été adoptée par l'Assemblée, elle n'a pas encore force de loi et pourrait être annulée par le Conseil constitutionnel français. Toutefois, ce vote montre que les villes ont de plus en plus de mal à aligner leurs plans de mobilité sur l'opinion publique.


