La Commission européenne demande au gouvernement belge de réduire considérablement les subventions accordées aux combustibles fossiles. C'est ce qu'elle indique dans ses recommandations socio-économiques annuelles à la Belgique. La Commission regrette également qu'il ne soit pas prévu de supprimer progressivement les subventions avant 2030.
Une telle mesure pourrait à la fois stimuler l'écologisation des transports et des bâtiments et améliorer la situation budgétaire du pays.
667 millions d'euros de subventions aux cartes de carburant pour les entreprises
Le gouvernement fédéral dépense chaque année 12 milliards d'euros, soit 2,4% du produit intérieur brut (PIB), en subventions directes aux combustibles fossiles. Il s'agit notamment de la réduction des accises sur le mazout et le diesel professionnel, des cartes de carburant pour les entreprises (représentant environ 667,1 millions d'euros) et de la réduction de la TVA sur le gaz.
Sur ce dernier point, selon un rapport publié l'année dernière par Greenpeace, la consommation de gaz des plus gros consommateurs industriels en Belgique, par exemple dans la tranche de consommation la plus élevée, est 54 fois moins taxée que celle des ménages.
L'abandon progressif est bon pour le trésor public
Selon la Commission, ce soutien est non seulement inefficace d'un point de vue économique, mais il perpétue également la dépendance à l'égard des combustibles fossiles et ne contribue pas aux engagements de la Belgique en matière de climat. Par exemple, les subventions entravent la rénovation énergétique des bâtiments.
L'élimination progressive de ces subventions, notamment en transférant les droits d'accises de l'électricité vers les combustibles fossiles, contribuerait non seulement à la transition climatique, mais aussi à la trésorerie. “Il s'agit d'une somme d'argent considérable”, explique la Commission. “Si l'on considère ce qu'il faut faire pour assainir les finances publiques en Belgique, cette somme contribuera réellement à résoudre les problèmes.”
Ces réformes sont également importantes en vue du déboursement des fonds restants du fonds de relance COVID-19. La Belgique a droit à un total de 5,3 milliards d'euros de subventions et de prêts. Quelque 2,7 milliards d'euros ont été versés entre-temps, mais le temps presse. Pour recevoir de l'argent, la Belgique doit respecter des étapes et des objectifs prédéterminés. À l'heure actuelle, seuls 28% d'entre eux ont été évalués positivement.
Ne pas montrer l'exemple dans l'UE
La Belgique n'est pas une exception parmi les États membres de l'UE en ce qui concerne le soutien aux combustibles fossiles, mais seuls trois autres membres de l'Union européenne sont encore plus généreux à cet égard : l'Allemagne, la Pologne et la France. En 2023, le montant des subventions énergétiques nuisibles à l'environnement dans l'UE était estimé à 136 milliards d'euros, soit 38% du total des subventions énergétiques.
La plupart des subventions nuisibles, qui s'élèvent à 93 milliards d'euros ou 68%, sont liées aux combustibles fossiles. Toutefois, dans les plans nationaux d'élimination progressive, moins de la moitié des subventions aux combustibles fossiles, soit 43% ou 48 milliards d'euros, devaient prendre fin avant 2025, tandis que 9% ou 10 milliards d'euros devaient expirer entre 2026 et 2030. Pour les 48% restantes, représentant 53 milliards d'euros, soit aucune date de fin, soit une date au-delà de 2030 a été fixée.
La production et l'utilisation d'énergie sont responsables d'environ 75% d'émissions de gaz à effet de serre dans l'Union européenne. L'objectif de l'UE est de parvenir à la neutralité climatique d'ici 2050.


