Antonio Filosa a été choisi comme nouveau directeur général du groupe Stellantis, sous réserve de confirmation lors de l'assemblée annuelle des actionnaires du 18 juillet, qui devrait être une formalité.
Le conseil d'administration de Stellantis a pris son temps pour choisir un successeur à Carlos Tavares, évincé. Dans l'intervalle, John Elkann, héritier d'Agnelli et président du groupe, a pris temporairement la relève.
Filosa était considéré comme l'un des candidats favoris depuis le début, ayant poursuivi sa carrière au sein du groupe Fiat-Chrysler, qui a été transformé en Stellantis en 2021 par son prédécesseur grâce à la fusion avec le Groupe PSA.
Un chef d'entreprise
Filosa, âgé de 52 ans, a commencé à travailler chez Fiat en 1999. Six ans plus tard, il a été envoyé au Brésil, où il a gravi les échelons au sein de Fiat (et plus tard de Fiat-Chrysler) pour devenir le chef des opérations en Amérique latine lors de la création de Stellantis.
En 2023, il s'installe à Auburn, dans le Michigan, aux États-Unis, pour diriger Jeep, l'une des principales marques du groupe dans le pays. L'une de ses principales tâches consiste à gérer les relations avec le syndicat United Auto Workers Union (UAW), menant un combat important contre les ‘Big Three’, les trois constructeurs automobiles américains les plus renommés. Une solution est trouvée quelques mois après son arrivée.
Son ascension se poursuit lorsque Filosa prend la tête de Stellantis North America en octobre 2024. À la suite du départ soudain de Carlos Tavares en décembre, Filosa devient le chef des marques américaines au sein de Stellantis et est responsable de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud. Cette ascension soudaine fait de lui l'un des principaux candidats à la succession de Carlos Tavares.
La connexion américaine
Au lendemain du départ de Tavares, Filosa se trouve confronté à la colère de ses concessionnaires américains. Tavares, ne voulant pas mettre en péril les marges bénéficiaires de son groupe, a refusé de baisser les prix de ses marques de voitures américaines, autrefois florissantes, laissant les concessionnaires avec d'immenses stocks de voitures invendues.
Filosa a réussi à réduire considérablement ces stocks et a retrouvé de bonnes relations avec ses revendeurs américains. Le siège de Stellantis l'a également souligné lors de l'annonce de sa nomination au poste de CEO de l'ensemble du groupe Stellantis.
Avec l'arrivée de deux Italiens ‘américains’ à la tête du groupe, l'ère de Carlos Tavares est complètement révolue. Sous son règne, l'Europe est restée le continent le plus important, avec un représentant (semi-)italien d'Agnelli à la présidence et un PDG portugais très francophile représentant les intérêts français de Peugeot.
Désormais, le quatrième constructeur automobile mondial se tourne davantage vers l'autre rive de l'Atlantique. A sa tête, deux Italiens ‘américains’, l'un ayant fait presque toute sa carrière là-bas, l'autre étant le fils d'un journaliste new-yorkais, Alain Elkann, et de la fille de Gianni Agnelli, Margherita.
23 millions en 2028
Lors de son passage à la tête de Stellantis, la rémunération de Carlos Tavares a toujours été un problème, surtout en 2023 où il a reçu un total de 36,5 millions d'euros. Dans un document préparatoire à l'assemblée générale de Stellantis en juillet, le salaire de M. Filosa est stipulé. Le nouveau CEO aura un salaire de base de 1,6 million d'euros.
À partir de 2026, sa première année complète à la tête de l'entreprise, la rémunération maximale (avec toutes les options possibles) pourra atteindre 15,8 millions d'euros en 2026 et 20,2 millions d'euros en 2028. Ce n'est certes pas autant que son prédécesseur, qui a tout de même réussi à toucher 23,1 millions d'euros en 2024, l'année de son départ, mais cela ne fera pas de lui un pauvre homme non plus.


