Deux ans après le dépôt d'une plainte par l'organisation européenne de défense des consommateurs BEUC, les compagnies aériennes continuent de pratiquer le greenwashing, c'est-à-dire d'utiliser des allégations environnementales trompeuses, selon Testaankoop/Test Achats et son organisation européenne de tutelle, le BEUC.
Si la situation s'est “légèrement améliorée”, l'écoblanchiment reste la norme dans l'industrie du transport aérien, selon les organisations de consommateurs.
Une pratique encore très répandue
L'année dernière, la Commission européenne a déjà sanctionné 20 compagnies aériennes pour des déclarations environnementales trompeuses, dont Ryanair, Air France, KLM et le groupe Lufthansa, les principales compagnies aériennes européennes, qui sont de gros pollueurs.. Cela s'est produit après que le BEUC a déposé une plainte contre 17 compagnies aériennes auprès de la même Commission en 2023.
Deux ans plus tard, le BEUC et ses partenaires affirment que la situation s'est “légèrement améliorée”, mais que l'écoblanchiment reste une pratique répandue. En effet, les deux principales allégations trompeuses - l'exagération des objectifs de durabilité à long terme et la compensation des émissions de carbone - continuent d'être utilisées de manière proéminente par certaines compagnies aériennes.
De plus en plus populaire
Les organisations de consommateurs notent également que les “tarifs verts” sont de plus en plus populaires et qu'ils récompensent parfois les consommateurs par des réductions sur les vols suivants, ce qui peut entraîner davantage d'émissions.
Brussels Airlines propose également de tels tarifs verts, note le Testaankoop/Test Achats belge, qui permet aux voyageurs de contribuer à l'utilisation de carburants aéronautiques durables (SAF) ou aux émissions de CO2 de leur vol en investissant dans un projet de protection du climat.
Les membres du programme Miles&More peuvent également gagner des badges en compensant leurs émissions de CO2, devenant ainsi des ‘Climate Supporter’ ou des ‘Mindful Flyer’. “De cette manière, on fait croire aux voyageurs qu'ils ont choisi un mode de transport durable, alors qu'il est très polluant”, explique Laura Clays, porte-parole de Testaankoop/Test Achats.
Espoir sur la directive sur les revendications vertes
Le BEUC demande donc à la Commission européenne de continuer à enquêter sur l'écoblanchiment et de veiller à ce que le marketing de l'aviation devienne plus fiable. L'organisation de consommateurs espère également que la directive sur les allégations écologiques, une loi européenne qui exigera des entreprises qu'elles justifient leurs promesses environnementales par des preuves, pourra contribuer à mettre fin aux allégations trompeuses.
La Commission a adopté la proposition de directive sur les allégations écologiques en mars 2023. Une étude réalisée en 2020 a également révélé qu'une part importante des allégations environnementales (53,3%) fournissaient des informations vagues, trompeuses ou non fondées sur les caractéristiques environnementales des produits dans l'ensemble de l'UE et dans un large éventail de catégories de produits, et que 40% des allégations n'étaient pas fondées.


