Une nouvelle étude commandée par le Bureau européen de l'environnement (BEE) révèle que le fait de rendre obligatoires les filtres à particules pour la méthode de chauffage domestique la plus polluante d'Europe - le chauffage au bois - apporterait des avantages considérables en termes de santé publique, pour une fraction des revenus des ménages.
Les prix élevés des combustibles fossiles ont poussé de nombreux ménages ruraux et à faibles revenus à utiliser le bois comme principale source de chauffage. Les ventes de systèmes de chauffage au bois sont donc en plein essor dans l'UE et au Royaume-Uni.
Première source de pollution par les particules
Le chauffage résidentiel au bois est la plus grande source de pollution par les particules fines (PM2,5) provenant de l'utilisation de l'énergie dans l'Union européenne. Malgré une prise de conscience croissante des conséquences dévastatrices pour la santé et l'environnement, les réglementations européennes actuelles ne permettent pas de s'attaquer aux émissions à la source.
Bien qu'ils soient la première source de pollution par les particules fines nocives provenant de l'énergie dans l'UE, la plupart des poêles à bois modernes sont encore vendus sans filtre. Cette augmentation des ventes de poêles risque d'aggraver la pollution de l'air et de compromettre les objectifs climatiques.
‘Une évidence’
Cependant, une solution simple et rentable pourrait empêcher cela : exiger des filtres dans tous les poêles nouvellement vendus. Rendre obligatoire l'utilisation de filtres dans les nouveaux poêles à bois apporterait des avantages sociétaux substantiels, les bénéfices pour la santé et l'environnement l'emportant largement sur les coûts.
David Sabbadin, responsable politique adjoint pour le climat et l'énergie au BEE : “C'est abordable et faisable, et pour les ménages vulnérables, les gouvernements peuvent facilement intervenir avec des subventions ciblées. [...] Cela devrait être une évidence.”
Danemark et Slovaquie
En utilisant le Danemark et la Slovaquie comme études de cas, la nouvelle recherche indique que les filtres réduisent les émissions de particules nocives de 70%. Ils réduisent le fardeau sanitaire des poêles à bois de plusieurs centaines d'euros par an et par ménage. Pour la plupart des ménages, les filtres coûteraient moins de 0,5% du revenu annuel, et encore moins s'ils sont compensés par les économies réalisées en supprimant le gaz ou le mazout.
Néanmoins, même avec des précipitateurs, les poêles à bois génèrent des coûts liés à la santé environ 70 fois plus élevés que les pompes à chaleur, même lorsque l'électricité utilisée par ces dernières est produite à partir de charbon. D'un point de vue sociétal, la rénovation énergétique et le déploiement des pompes à chaleur devraient donc avoir la priorité sur le chauffage résidentiel au bois.
Le Danemark et la Slovaquie ont été sélectionnés parce qu'ils sont de taille similaire mais diffèrent considérablement en termes de revenu par habitant, ce qui permet d'examiner les impacts pour les États membres de l'UE les plus riches et les moins riches.
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