La France menace Tesla d'une amende de 50 000 euros par jour pour ses publicités trompeuses sur le FSD

Tesla se retrouve sous les projecteurs français pour de mauvaises raisons. Le fabricant américain de véhicules électriques s'est vu infliger une injonction formelle par la DGCCRF, le gendarme français de la consommation. L'accusation ? Une publicité mensongère et des pratiques commerciales douteuses qui, selon les autorités françaises, s'écartent de la légalité.

L'affaire se concentre, sans surprise, sur l'argument de vente le plus controversé de Tesla : son système dit de "conduite entièrement autonome" (Full Self-Driving - FSD). Les enquêteurs français ont conclu que Tesla avait trompé les consommateurs en suggérant que ses voitures étaient plus proches de l'autonomie qu'elles ne le sont.

Une critique familière, qui fait écho à des décisions rendues outre-Atlantique et à un verdict notable rendu à Munich en 2020. Malgré son nom grandiose, la DSF nécessite un conducteur vigilant. On est loin de la conduite autonome, selon les organismes officiels.

Problèmes de remboursement

Mais ce n'est pas tout. La DGCCRF a découvert une série d'autres infractions. Des clients se seraient vu remettre des contrats dépourvus de protections juridiques essentielles, auraient subi des pressions pour obtenir des paiements anticipés et auraient été laissés dans l'expectative lorsqu'ils ont demandé un remboursement après avoir changé d'avis sur l'achat.

Les modalités de livraison étaient vagues et, dans certains cas, les reçus n'arrivaient jamais. Si c'est vrai - et il y a peu de place pour le doute -, cela confirme l'image d'une marque riche en promesses et en technologie, mais pauvre en services aux consommateurs.

Que se passe-t-il ensuite ? La DGCCRF a donné à Tesla France quatre mois pour remédier à ses problèmes, sous peine d'une amende journalière de 50 000 euros - un prix élevé, même pour une entreprise qui a déjà flirté avec des valorisations de l'ordre du billion de dollars.

Au niveau mondial, la réglementation n'a jamais été favorable à la commercialisation par Tesla de sa technologie de conduite autonome. Aux États-Unis, de nombreuses enquêtes ont porté sur la marque Autopilot et FSD de l'entreprise.

Le DMV de Californie a dénoncé la terminologie il y a plusieurs années, et le ministère de la justice a rejoint la mêlée en 2023 avec une enquête criminelle. Même l'Allemagne, qui n'est pas étrangère aux affirmations fortes concernant l'automobile, a demandé à Tesla d'en atténuer la portée dans une affaire portée devant le tribunal de Munich, qui remonte à 2020.

Réduction de la part de marché

Tesla n'a pas reculé dans le développement et le déploiement de sa technologie de conduite autonome. Le week-end dernier, la marque a déployé 20 modèles Y autonomes à Austin, au Texas. Il a immédiatement déclenché une enquête de l'association américaine de sécurité routière NHTSA après que plusieurs incidents ont été signalés, comme la conduite à contresens de certaines voitures.

La décision de la DGCCRF intervient à un moment où la fortune européenne de Tesla est encore plus compromise. De nouvelles données de l'Association européenne de l'automobile (ACEA) montrent que les immatriculations de l'entreprise dans l'UE ont chuté de 45% au cours des cinq premiers mois de l'année 2025. En mai, les immatriculations ont encore chuté de 40% par rapport au même mois de l'année précédente.

La part de marché européenne de Tesla oscille désormais autour de 1,1%, soit moins de la moitié de ce qu'elle était il y a un an. Pendant ce temps, le reste du secteur des véhicules électriques progresse rapidement, avec une hausse des immatriculations de véhicules électriques de 26%, ce qui n'est pas du tout le résultat escompté par Musk et son entreprise.

La question de savoir si elle peut réorienter sa boussole en Europe ou si le vieux continent laissera le pionnier en plan reste ouverte et de plus en plus urgente.

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