Les vols en jet privé ont quintuplé en Belgique par rapport à la moyenne européenne

Bien que les émissions moyennes de CO2 par passager et par km soient en moyenne jusqu'à 10 fois plus élevées pour un vol en jet privé que pour un vol régulier, la demande de vols privés en Belgique est cinq fois plus élevée que dans le reste de l'Europe.

Selon le journal économique L'Echo, qui base ses chiffres sur ceux de Wingx, une plateforme de réservation qui exploite la position en direct des avions d'affaires. Selon cette plateforme, la demande en Belgique croît de 10,6% contre 1,9% pour le marché européen.

Augmentation due à la pandémie

D'une manière générale, le phénomène de l'augmentation du nombre de vols de jets privés a été fortement stimulé par la pandémie de COVID-19. D'un peu moins de 120 000 vols par an dans l'UE en 2020, ce nombre est passé à plus de 570 000 en 2022. Soit un quadruplement des vols - le nombre de vols de jets privés aux États-Unis est toujours beaucoup plus élevé qu'en Europe, environ 8 fois plus.

La raison de cette augmentation est double : les inquiétudes concernant les risques sanitaires et l'incapacité des compagnies aériennes à faire face à l'augmentation de la demande. On peut toutefois en ajouter une troisième : l'augmentation mondiale du nombre de millionnaires.

Une demande croissante

Si l'on considère uniquement la Belgique, on constate qu'en 2020, il y a eu environ 2 800 vols de jets privés. Ce chiffre a quintuplé en 2022, avec plus de 10 600 vols.

Les prévisions de The Business Research Company indiquent que le marché mondial de l'affrètement de jets privés passera de 1T4T21,24 milliards à 1T4T24,28 milliards en 2025, ce qui représente une croissance d'un peu plus de 14%. Et selon Wingx, la demande en Belgique croît de 10,6%, contre 1,9% pour le marché européen.

Point chaud Belgique

La Belgique doit cette croissance de la demande principalement à sa situation centrale, ainsi qu'au fait qu'il y a beaucoup de trafic diplomatique et commercial en raison de l'Union européenne (et des groupes de pression), de l'OTAN et de diverses multinationales basées à Bruxelles.

En outre, la Belgique dispose d'une infrastructure très développée pour l'aviation d'affaires, avec, outre l'aéroport de Bruxelles, des aéroports régionaux tels que Liège et Charleroi, Anvers-Deurne (avec l'opérateur de jet privé FlyingGroup), et Courtrai-Wevelgem (qui est très populaire auprès des entrepreneurs de Flandre occidentale).

En outre, la Belgique dispose de plusieurs facteurs fiscaux favorables qui rendent l'utilisation d'un jet privé particulièrement attrayante. Par exemple, il n'y a pas d'impôt sur la fortune en cas de possession d'un jet privé (comme il n'y a pas de droits de succession sur les avions étrangers s'ils sont enregistrés de manière adéquate par le biais des structures appropriées), et les jets privés sont également exonérés des droits d'accise et de la TVA sur le kérosène utilisé pour les vols internationaux.

Source : Lunajets

Émissions de CO2

Tous ces facteurs font donc de la Belgique l'un des pays européens où le nombre de vols en jet privé par habitant est le plus élevé. Ces vols contribuent donc également aux émissions de CO2 du pays.

Selon Greenpeace, 55% des vols de jets privés européens en 2023 ont été utilisés pour des vols de moins de 750 km. La route Bruxelles-Londres a été la plus populaire pour les jets privés en Belgique, avec 647 vols. Viennent ensuite Bruxelles-Paris (545) et Bruxelles-Genève (407).

Selon Greenpeace, ces vols ont généré 41 000 tonnes d'émissions de CO2, soit l'équivalent des émissions annuelles moyennes de 278 310 voitures, ce qui soulève des questions étant donné que sur la plupart de ces liaisons, des alternatives plus respectueuses de l'environnement, telles que les trains à grande vitesse, sont disponibles.

La conscience verte ?

Cela ne veut pas dire que les hommes d'affaires fortunés, les décideurs à l'emploi du temps chargé ou les compagnies de jet privé ne font rien pour réduire leur empreinte carbone. Certains commencent prudemment à investir dans des jets privés électriques ou offrent l'option plus coûteuse de voler avec du carburant aviation durable (SAF).

Cependant, le commentaire selon lequel les vols en jet privé découragent les gens ordinaires de faire un effort par eux-mêmes. En revanche, d'autres citoyens plus aisés n'en feraient aucun, balayent ces mêmes hommes d'affaires et décideurs sous le tapis quand on voit que, comme le dit L'Echo, il y a un engagement croissant en faveur du modèle de copropriété des jets privés.

Dans ce cas, plusieurs clients achètent ensemble un jet privé et l'utilisent ensuite pour service à la carte. Ce type de contrat serait particulièrement populaire en Belgique, et 59% de la croissance européenne est attribuée à cette copropriété. Au terme du contrat, l'avion est revendu et les clients récupèrent jusqu'à 50% de leur investissement initial. Ou comment, une fois de plus, tout n'est qu'une question d'argent.

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