ADAC : aucun danger supplémentaire pour les véhicules électriques en cas d'accident sous-marin

Alors que les changements climatiques entraînent une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes et des risques liés à la crue des eaux, de nouveaux tests réalisés par l'ADAC en Allemagne mettent en évidence un danger souvent négligé : que se passe-t-il lorsqu'une voiture plonge dans l'eau ? Les conducteurs de voitures électriques courent-ils un risque plus élevé que ceux de véhicules à moteur à combustion ?

Dans le cadre de cette expérience, l'organisation allemande a immergé deux voitures : une Seat Exeo ST conventionnelle équipée d'un moteur diesel et une Citroën ë-C4 électrique. L'objectif était d'observer à quelle vitesse les véhicules s'enfoncent et ce qu'il advient de leur électronique et de leurs systèmes à haute tension. L'objectif est d'identifier si les conducteurs ont une réelle chance de s'en sortir.

Malentendu fatal

Le verdict est sans appel : le temps est votre ennemi. Lors du test de l'ADAC, la Citroën a coulé en trois minutes environ, la Seat en une minute de plus. Quant au test contrôlé, il a montré qu'attendre qu'une voiture se remplisse d'eau, dans l'espoir d'ouvrir les portes, est souvent un malentendu fatal.

Le temps que l'intérieur soit complètement immergé et que la pression s'équilibre, le conducteur peut se trouver sous l'eau pendant 90 secondes ou plus. Beaucoup ne survivent tout simplement pas à ce laps de temps, en particulier dans une eau froide et trouble.

Par ailleurs, le mythe selon lequel les voitures électriques sont plus dangereuses dans l'eau a été démenti. Le système haute tension de la Citroën n'a présenté aucun défaut sous l'eau. Il n'y a pas eu de court-circuit et les conditions sont restées stables.

De même, le système 12V qui alimente les vitres a continué à fonctionner pendant environ dix minutes dans les deux voitures d'essai. L'ouverture des portes est également restée fonctionnelle. La crainte d'un blocage immédiat des vitres n'est pas justifiée. Les passagers ont donc la possibilité de se ménager une issue de secours.

Danger des fenêtres stratifiées

Cependant, la situation devient plus dangereuse lorsque les vitres ne s'ouvrent pas. L'ADAC a réussi à briser le verre de sécurité des vitres latérales de la Citroën (conseil : viser les coins car le centre de la vitre est résistant), mais n'y est pas parvenu dans le cas de la Seat, dont les vitres étaient feuilletées. 

Les voitures modernes utilisent de plus en plus souvent des vitres latérales feuilletées - autrefois réservées aux pare-brise - pour l'insonorisation et la protection contre le vol. Le verre feuilleté est constitué de plusieurs couches de verre séparées par un film plastique. Il est donc plus résistant que le verre de sécurité trempé, qui se brise en petits morceaux. Le verre feuilleté reste intact, même après un choc violent. C'est une bonne chose en cas de retournement, car il empêche les passagers d'être éjectés, mais c'est mortel dans l'eau.

Le problème est d'autant plus grave que la plupart des conducteurs n'ont aucune idée du type de verre de leur voiture. En Europe, le verre feuilleté est marqué par des codes sur le coin de la vitre - recherchez des noms commerciaux comme ‘Lamisafe’ ou des chiffres romains comme II près de la marque E. Pourtant, peu de propriétaires vérifient.

1% d'incidents

Le test de l'ADAC l'a confirmé : malgré des coups répétés avec un marteau de sauvetage et un poinçon à ressort, les vitres latérales feuilletées de la Seat n'ont pas pu être brisées.

Pour les voitures équipées de ce type de vitrage, la seule option réaliste pourrait être la lunette arrière, qui est encore généralement en verre de sécurité cassable. Toutefois, comme l'ont montré les deux essais, les voitures s'enfoncent souvent le nez en avant, ce qui rend le coffre difficile à atteindre, surtout si des bagages bloquent le passage.

L'ADAC invite néanmoins les conducteurs à garder à portée de main un marteau de sauvetage et un coupe-ceinture. En Belgique, le taux d'accidents nautiques impliquant des voitures reste faible, s'alignant sur le niveau mondial de 1%.

Selon l'institut de sécurité routière Vias, ces incidents incluent des voitures qui se retrouvent dans des canaux plus petits le long de la route, où la voiture est (pas nécessairement) submergée. Aux Pays-Bas, le taux est plus élevé. Près de 800 voitures finissent dans l'eau chaque année, entraînant la perte de 50 vies en moyenne.

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