Le groupe industriel wallon John Cockerill a reçu l'aval du tribunal de commerce de Belfort pour l'acquisition de McPhy. Cette société française produit des électrolyseurs permettant de produire de l'hydrogène vert, qui peut être utilisé, entre autres, comme carburant pour différents modes de transport.
Avec cette acquisition, John Cockerill Hydrogen vise à créer un champion mondial de l'hydrogène en développant un nouveau produit, le ‘MoJo-stack’. John Cockerill conservera 51 des 71 employés.
Combinaison de deux technologies
Le ‘MoJo-stack’ est le résultat de la combinaison de l'expertise technologique et industrielle en matière de cellules d'électrolyse de John Cockerill Hydrogen et de McPhy Energy. La mise à l'échelle et l'intégration du nouveau ‘MoJo-stack’ sont budgétées à hauteur de 65 millions d'euros. En associant les cellules de John Cockerill à certains composants innovants de McPhy, ils visent un gain de compétitivité de 10-15% par rapport aux modèles actuels.
La centrale de Belfort, située à Foussemagne dans le département français du Territoire de Belfort (Alsace), s'étend sur 22 000 m² et est implantée sur un terrain de huit hectares. Selon l'AFP, le tribunal a approuvé l'acquisition pour un montant de 600 000 euros.
Cependant, John Cockerill peut prétendre à des subventions européennes via le programme PIEC, initialement attribué à McPhy. Le montant en question est de 114 millions d'euros, dont 29 millions ont déjà été débloqués, un montant correspondant au prix de l'usine. Normalement, environ 50 millions d'euros de ces subventions seraient encore disponibles pour John Cockerill.

Troisième usine pour la production d'équipements d'électrolyse
Le tribunal de Belfort avait ouvert une procédure de restructuration de la dette à l'encontre de McPhy en raison de graves problèmes financiers et d'un déficit de trésorerie. Une tentative de vente de McPhy a ensuite eu lieu, au cours de laquelle les procédures de restructuration de la dette ont été converties en liquidation judiciaire. Les actionnaires peuvent considérer leur investissement comme perdu.
John Cockerill opère dans les secteurs de la défense, de l'énergie, de l'acier et de l'hydrogène. Le groupe emploie 8 000 personnes dans le monde. À la fin du mois dernier, il a procédé à une nouvelle augmentation de capital de 116 millions d'euros.
L'entreprise a l'intention d'utiliser ces fonds pour poursuivre son plan de développement stratégique, qui est centré sur l'hydrogène. La production en série d'équipements d'électrolyse a déjà commencé dans les usines de Seraing, en Wallonie, et d'Aspach, en France.


