La Flandre annonce d'importants projets d'investissement dans les infrastructures

Le gouvernement flamand est parvenu à un accord sur les investissements en infrastructure liés à la mobilité pour les années à venir. Au cours des années restantes de la législature, la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), prévoit d'allouer 2,2 milliards d'euros par an à l'infrastructure pour stimuler la mobilité.

Parmi les projets les plus importants figurent la liaison nord-sud du Limbourg, le plan de mobilité autour de Gand et les travaux sur le Ring de Bruxelles. Des fonds ont également été débloqués pour les écluses de Zeebrugge, et Anvers disposera de sa passerelle pour bicyclettes sur l'Escaut, dont on a beaucoup parlé et qui coûte très cher.

‘Une répartition homogène entre les provinces’

Selon le ministre De Ridder, les investissements dans la mobilité sont répartis équitablement entre les provinces. Dans la province du Limbourg, l'argent est principalement destiné à la réalisation de la liaison Nord-Sud, y compris deux tunnels sous la N74 à Houthalen-Helchteren.

Au total, entre 2025 et 2040, 1,4 milliard d'euros seront alloués à la liaison nord-sud. En outre, des fonds seront également mis à disposition pour les deux lignes HOV (High-Quality Public Transport), des lignes de bus spéciales entre Hasselt et Maasmechelen, et Hasselt et Maastricht, respectivement.

En Flandre orientale, des fonds sont alloués au projet Gentspoort, qui comprend la construction de dix kilomètres supplémentaires de tramway et de deux tunnels pour voitures. Neuf cent quarante millions d'euros ont été réservés pour le projet jusqu'en 2040.

A Saint-Nicolas, la Tangente Est sera réalisée, pour un montant de 125 millions d'euros, avec un troisième complexe de bretelles sur l'E17. La Flandre occidentale peut compter sur de l'argent pour les écluses de Zeebrugge. Le port recevra une nouvelle écluse, d'une valeur de 3 milliards d'euros d'ici 2032, mais l'écluse existante sera également rénovée, ce qui rendra le port intérieur accessible aux grands navires. Au total, 3 milliards d'euros seront investis dans le port de Zeebrugge au cours des 15 prochaines années. Cinquante millions d'euros seront également alloués à la sécurisation des pistes cyclables en Flandre occidentale.

Dans le Brabant flamand, le budget est consacré au tramway de l'aéroport et à d'importants travaux sur le Ring de Bruxelles. 4,8 milliards d'euros sont prévus pour les travaux sur le Ring de Bruxelles jusqu'en 2040. Enfin, à Anvers, un pont cyclable sur l'Escaut est en cours de construction, mais l'argent provient du Fonds de couverture de l'Oosterweel. Chaque année, ce fonds est financé par la sous-utilisation du budget du département de la mobilité et des travaux publics.

Le port sera également agrandi, dans le cadre du plan "Extra Container Handling Capacity", dont le coût est estimé à 150 millions d'euros cette année et la valeur à 2,9 milliards d'euros, selon le journal économique De Tijd. Cette expansion permettrait au port de traiter à l'avenir 7 millions de conteneurs supplémentaires par an, en plus des 15 millions qu'il traite actuellement.

Controverse sur le nouveau pont de l'Escaut

Le projet le plus médiatisé est sans aucun doute le nouveau pont de l'Escaut pour piétons et cyclistes à Anvers. Son coût est estimé à environ 250 millions d'euros, mais ce chiffre n'est pas encore définitif. Les entrepreneurs intéressés peuvent soumettre leur dossier jusqu'en septembre.

Selon Fietsersbond/Union des cyclistes, le pont sera ouvert deux fois par jour pendant au moins 27 minutes pour les grands navires, ce qui rendra l'itinéraire peu fiable pour les cyclistes, car ils veulent savoir quand ils arriveront à leur destination. L'Union des cyclistes note également que le pont coûtera environ 250 millions d'euros, soit à peu près le même montant que celui alloué annuellement par la Flandre à toutes les pistes cyclables flamandes depuis 2019.

Un autre choix controversé est la poursuite des investissements dans les infrastructures aéroportuaires, avec 16 millions d'euros pour Deinze-Anvers au cours des deux prochaines années et 9,5 millions pour Ostende cette année. Ces deux aéroports sont déficitaires depuis des années, alors que le premier est déjà largement financé par la Flandre.

Nombreuses applications

Le choix des travaux d'infrastructure était délicat car le ministre a reçu plus de 7 milliards d'euros de demandes de la part des pouvoirs locaux. Par conséquent, certains projets tombent inévitablement à l'eau, comme la nouvelle connexion ‘Straight to the Sea’ de Jean-Marie Dedecker à Middelkerke. Le canal Bossuit-Kortrijk ne sera pas non plus amélioré, un projet qui aurait coûté plus d'un milliard d'euros.

L'abandon du tramway express le long de l'A12 était déjà connu. “Nous commandons maintenant une recherche d'alternatives pour une mobilité durable dans le Brabant flamand”, a déclaré le ministre à l'agence de presse Belga.

En outre, le ministre souligne qu'il y aura un rattrapage important dans le domaine de l'entretien en particulier, “parce que nous avons un grand retard dans ce domaine”. En d'autres termes, des investissements structurels supplémentaires seront réalisés pour améliorer l'état des routes, des tunnels et des ponts.

Par ailleurs, Mme De Ridder ne pense pas que son programme donne la priorité à la voiture. “Il y a plusieurs projets de sécurité routière et plusieurs investissements dans le domaine de la bicyclette, proposés par les autorités locales. Et nous augmentons le budget du Fonds vélo, une collaboration avec les provinces, de 15 à 25 millions d'euros”.”

Opposition critique

L'opposition critique les investissements flamands en matière de mobilité. Avec le programme d'investissement intégré, ou GIP, la Flandre est censée présenter un plan global pour tous les travaux de mobilité et d'infrastructure au cours des cinq prochaines années, mais ce plan n'est établi que pour trois ans.

En outre, selon Open Vld, la ville d'Anvers reçoit trop d'argent. “Toute la Flandre doit payer pour la ville d'Anvers. Aucun Flamand ne se rendra au travail plus rapidement. En même temps, tant de communes peuvent mettre une croix sur des projets tout prêts et particulièrement nécessaires pour rendre le trafic plus fluide et plus sûr pour tous les usagers de la route”, a déclaré le parti libéral.

M. Groen, quant à lui, estime que le plan manque d'une vision claire de la mobilité durable, laissant les objectifs climatiques à la gauche. Le PGI prévoit également “trop peu de ressources” pour la sécurité routière. Enfin, il n'est pas fait mention d'un “transfert modal” visant à inciter les gens à délaisser leur voiture au profit des transports publics, selon le parti écologiste. “Ce n'est pas un plan d'investissement, c'est un rétroviseur”, dénonce le parti.

Vous aimerez peut-être aussi

Créez un compte gratuit ou connectez-vous.

Accédez à la lecture de cet article, ainsi qu'à un nombre limité de contenus gratuits.

Oui, je souhaite recevoir les nouveaux contenus et les mises à jour.