La France se dirige vers un quatrième procès dans la saga du Dieselgate. Après Volkswagen, Peugeot-Citroën et Renault, c'est au tour de Fiat-Chrysler d'être mis en cause pour des logiciels frauduleux dans certains de ses véhicules diesel. Le constructeur conteste “l'ensemble de l'argumentation juridictionnelle”.
Fiat-Chrysler est soupçonné d'avoir commercialisé entre 2014 et 2017 des véhicules diesel des marques Fiat, Alfa Romeo et Jeep. Tous étaient équipés du moteur diesel Multijet II. L'enquête a été ouverte car “ces véhicules ont été spécialement calibrés en fonction de paramètres techniques spécifiques tels que la température, la vitesse, les rapports de vitesse, etc., afin de respecter les normes législatives sur les émissions de NOx uniquement dans des conditions d'essai d'homologation”.
Le ministère public estime que “dans des conditions de conduite normales ne correspondant pas à celles de l'essai légal, les véhicules ont été calibrés pour avoir une fonctionnalité gravement dégradée de leur système de dépollution”.”
Fiat-Chrysler Automobiles (FCA) a été créé en 2014 lorsque Fiat a racheté Chrysler. En 2021, FCA et PSA (un autre suspect dans l'affaire du Dieselgate) se sont associés pour former Stellantis. L'avocat de FCA, Alexis Gublin, a déclaré : “Nous avons entendu les réquisitions du parquet et contestons l'intégralité de l'argumentation juridictionnelle.”
Compensation intégrale
Les avocats des clients supposés dupés ont réagi avec satisfaction, espérant que l'enquête avance rapidement. L'avocat Frederik-Karel Canoy, qui a émis les premières plaintes dès 2017, insiste sur le fait que “la réparation du préjudice doit être intégrale et non symbolique.” Au total, 38 144 véhicules sont concernés, représentant une valeur totale de 836 millions d'euros.
Le dieselgate a commencé en 2015 aux États-Unis avec des poursuites et des allégations contre Volkswagen. À ce jour, les amendes et les dédommagements ont déjà coûté plus de 33 milliards d'euros au groupe automobile allemand. Par la suite, des accusations ont été portées contre d'autres constructeurs, comme Fiat-Chrysler. Ces derniers ont réussi à négocier un accord à l'amiable avec les autorités américaines concernant plus de 100 000 véhicules concernés. En vertu de cet accord, Fiat-Chrysler a versé environ $515 millions d'euros à diverses autorités de régulation pour mettre fin aux poursuites en cours.
En France, la FCA a été inculpée pour la première fois par un juge d'instruction parisien en juillet 2021. La décision finale sur la tenue d'un procès revient au juge d'instruction.


