Le gouvernement belge propose un plan de sauvetage de 61 millions d'euros pour Lineas, le plus grand opérateur privé de fret ferroviaire en Europe. Sans ce prêt convertible, qui peut être converti en actions de la société, la faillite de l'entreprise belge est imminente.
Le prêt sera accordé par l'intermédiaire de la SFPIM, le Fonds souverain de Belgique. Ce fonds d'investissement détenait auparavant 46% de l'ancienne filiale de transport de fret NMBS/SNCB, qui a été privatisée en 2015.
Troisième injection de capital
Selon Lineas, ce financement permet à l'entreprise de ”faire face à l'environnement économique difficile du début de l'année 2025, caractérisé par une baisse générale des volumes dans les secteurs de l'acier, de la chimie et de l'automobile en Europe”.”
Il s'agit déjà de la troisième injection de capital chez Lineas depuis début 2024. Le fonds d'investissement européen Argos Witty, qui représente 54% des actions, et la SFPIM avaient alors mis 60 millions d'euros sur la table. Quelques mois plus tard, la Flandre, la Wallonie et deux banques ont accordé à Lineas un nouveau renflouement de 46 millions d'euros. Argos Wityu n'a pas pu ou voulu investir plus d'argent dans la compagnie ferroviaire cette fois-ci et sera donc diluée et perdra sa majorité si le prêt est converti.
105,9 millions d'euros supplémentaires sont nécessaires
Ce refinancement n'a cependant pas permis de dissiper tous les nuages sombres qui pèsent sur l'entreprise. Selon le gouvernement fédéral, Lieans a besoin de 105,9 millions d'euros de capital supplémentaire à moyen terme. Pour ce faire, elle recherche activement des investisseurs privés tandis que, selon l'entreprise, les autorités belges restent disposées à “envisager d'autres formes de soutien stratégique”.”
Le nouveau PDG de Lineas, Erik van Ockenburg, a élaboré avec le conseil d'administration un plan de redressement qui devrait aboutir à un résultat d'exploitation nul d'ici à 2026. Le plan vise une croissance du volume de 8% en 2026 et de 4% en 2027, combinée à des augmentations de prix modestes de 1% et 3%, respectivement.
La société indique qu'elle connaît actuellement une “forte dynamique commerciale” avec de nouveaux contrats importants, notamment dans les domaines du transport intermodal et des produits chimiques. Les pertes d'exploitation sont passées de 82 millions d'euros en 2022 à 13,6 millions d'euros l'année dernière.
Le transfert modal reste lent
Lineas est le principal utilisateur des 1 000 km de voies ferrées du port d'Anvers-Bruges, mais plus de 55% de conteneurs quittent le port par camion. Malgré des années d'ambition politique pour transférer plus de fret de la route au rail, d'environ 7% en 2021 à 15% en 2030, ce “transfert modal” reste lent.
Le fret ferroviaire est un secteur où les coûts fixes des locomotives, de l'infrastructure, du personnel et de l'énergie sont élevés, tandis que les marges restent structurellement faibles. De plus, pour les entreprises, l'attrait du rail est limité. L'horaire, parce qu'il est surchargé par les trains de passagers, laisse peu de place ; les temps d'attente s'accumulent rapidement, et pour les petits volumes ou les livraisons qui doivent être effectuées rapidement, le transport porte-à-porte par camion est souvent plus pratique. Il est donc difficile pour les opérateurs ferroviaires de regrouper des volumes suffisants et de fonctionner de manière rentable.


