L'Agence spatiale européenne (ESA) a lancé avec succès une fusée Ariane 6 depuis la Guyane française, plaçant le satellite MetOp-SG-A1 de quatre tonnes en orbite autour de la Terre.
Le satellite surveillera le temps, le climat et la pollution de l'air, marquant ainsi une étape importante vers une plus grande indépendance de l'Europe dans le domaine de l'espace et de la météorologie.
Des mesures plus précises
Le MetOp-SG-A1 est équipé de six instruments de pointe, dont le sondeur atmosphérique infrarouge IASI-NG, qui fournit des mesures deux fois plus précises que son prédécesseur. Ce capteur mesure les profils de température, l'humidité, la température des océans et des terres, ainsi que 16 variables climatiques, telles que les gaz à effet de serre et la poussière du désert.
Il comprend également un radiomètre à micro-ondes, un radiomètre à imagerie multispectrale et le spectromètre Sentinel-5 de Copernicus, la composante d'observation de la Terre du programme spatial de l'Union européenne.
Ce dernier instrument est conçu pour fournir des données cruciales sur les polluants atmosphériques, l'ozone, les gaz liés au climat tels que le méthane, l'ammoniac et le dioxyde d'azote (NOx), le rayonnement UV et la fluorescence de la végétation. Ces données aideront les météorologues à améliorer les prévisions de tempêtes et de fortes pluies, ce qui permettra aux agriculteurs de mieux protéger leurs cultures, aux opérateurs de réseaux de gérer plus efficacement l'approvisionnement en énergie et aux pilotes et marins de naviguer en toute sécurité.
Une UE plus indépendante
Le satellite est sur une orbite héliosynchrone à environ 800 km au-dessus de la Terre, ce qui lui permet de balayer l'ensemble de la planète en 24 heures avec une haute résolution. Construit par Airbus Defense and Space pour EUMETSAT, l'agence européenne des satellites météorologiques, MetOP-SG-A1 devrait rester opérationnel jusqu'en 2040.
L'ESA et EUMETSAT soulignent que MetOp-SG-A1 n'est pas seulement un saut technologique, mais aussi un mouvement stratégique. L'Europe cherche à réduire sa dépendance à l'égard des données météorologiques et climatiques étrangères. Au début du mois, la chaîne publique américaine NPR a rapporté que le président Trump envisageait de mettre fin à deux missions de la NASA qui mesurent le CO₂ - des données que l'Europe utilise également beaucoup. En lançant ses propres satellites, l'UE peut garantir des mesures essentielles du climat et de la qualité de l'air. L'année prochaine, l'ESA déploiera ses propres satellites de surveillance du CO₂.

Prochaines étapes
MetOp-SG-A1 est la première des trois paires de satellites qui seront lancées au cours des deux prochaines décennies. Ensemble, ils captureront des données à haute résolution sur l'atmosphère, les océans, les calottes glaciaires et les surfaces terrestres 14 fois par jour. Ils travailleront aux côtés de la série européenne Meteosat, qui a ajouté son deuxième satellite de troisième génération, MTG-S1, en juillet.
“Le lancement de MetOp-SG-A1 est une étape importante pour fournir aux services météorologiques nationaux de nos États membres de meilleurs outils pour sauver des vies, protéger les biens et renforcer la résilience face à la crise climatique”, a déclaré Phil Evans, directeur général d'EUMETSAT.
C'est seulement la deuxième fois dans l'histoire de l'Europe que deux satellites sont lancés la même année. La dernière fois, c'était en 2012.


