Leapmotor, une start-up chinoise de véhicules électriques autrefois méconnue, détenue en partie par Stellantis, s'est hissée au premier rang de la course effrénée aux véhicules électriques en Chine. Le constructeur automobile a enregistré des ventes record et réalisé son tout premier bénéfice, tandis que son expansion en Europe progresse à un rythme rapide. Comment expliquer son succès ?
Les perspectives sont positives. La société basée à Hangzhou a livré plus de 221 000 véhicules au cours du premier semestre de cette année, soit un bond de 156% par rapport à la même période en 2024, ce qui lui a permis de s'assurer la première place parmi les start-ups chinoises spécialisées dans les véhicules électriques.
Rien que le mois dernier, 48 000 voitures ont quitté les salles d'exposition, soit plus du double de l'année précédente et un sixième mois consécutif de croissance. En Belgique, la marque occupe la 36e place avec 450 unités vendues depuis le début de l'année. Elle a encore des progrès à faire, tout comme ses concurrents Xpeng (742 unités), BYD (2 204 unités) et MG (2 401 unités), bien que ces derniers ne soient pas considérés comme des start-ups.
Prix cassés
Néanmoins, les analystes prévoient que Leapmotor déplacera un demi-million de voitures en 2025, ce qui constitue un revirement remarquable pour la marque. Son ascension rapide s'est reflétée en bourse, où les actions ont doublé depuis le début de l'année et ont grimpé de plus de 200% par rapport à leur niveau le plus bas de l'été dernier.
Les investisseurs parient sur une nouvelle vague de demande, tant au niveau national qu'international, alors que l'entreprise s'apprête à lancer de nouveaux modèles à des prix défiant toute concurrence.
Leapmotor a également révélé qu'il commençait à gagner de l'argent pour la première fois, déclarant un bénéfice net de 33 millions de yuans (4,3 millions d'euros) pour le premier semestre de cette année, contre une perte de 2,2 milliards de yuans (286 millions d'euros) un an plus tôt. Les recettes ont augmenté de 174%, et les marges bénéficiaires ont atteint un niveau record.
Le groupe est devenu la deuxième start-up chinoise spécialisée dans les véhicules électriques à dégager un bénéfice semestriel. L'entreprise n'a été fondée qu'en 2015. Alors qu'elle était à ses débuts un outsider, moqué pour son manque de profil par rapport à des rivaux plus flamboyants, elle se retrouve aujourd'hui comme la start-up à battre.

Intégration verticale
Mais comment expliquer la montée en puissance de Leapmotor ? La clé de son succès réside dans le fait qu'il fabrique la plupart de ses composants - environ 70% - au lieu de faire appel à des fournisseurs extérieurs.
Cette intégration verticale, due à l'expérience du cofondateur Zhu Jiangming dans le domaine de l'électronique et des logiciels, a permis à l'entreprise de proposer des prix inférieurs à ceux de ses concurrents de plusieurs milliers d'euros par voiture.
L'Europe est devenue le prochain terrain d'expérimentation de l'entreprise. Par l'intermédiaire de Leapmotor International, sa coentreprise avec Stellantis, l'entreprise a vendu plus de 8 000 véhicules en Europe au cours du premier semestre 2025, contre seulement 163 au cours de la même période l'année dernière.
Mais bien sûr, sa gamme était minime il y a un an. La charge est menée par la citadine abordable T03, et la performance en Europe est principalement due à sa présence dans les salles d'exposition de Peugeot et d'Opel. Comme les véhicules bénéficient des mêmes garanties et services, la collaboration est un gage de confiance.
Échapper aux droits de douane
Pour l'avenir, il est prévu de commencer à assembler des véhicules en Europe d'ici à 2026, très probablement par le biais d'un investissement en Espagne, une décision destinée à contourner les droits de douane imminents de l'UE sur les importations de véhicules électriques chinois.
De son côté, Stellantis envisagerait de renforcer ses liens avec la Chine. Selon certaines informations, le constructeur automobile a eu des entretiens avec des acteurs locaux, dont Leapmotor, au sujet d'éventuels investissements ou partenariats visant à renforcer sa présence sur le plus grand marché mondial des véhicules électriques.
Volkswagen a également été associé à Leapmotor, et sa marque Jetta à bas prix aurait envisagé d'utiliser l'une des plateformes de l'entreprise chinoise pour construire des véhicules électriques à bas prix.


