Quatre fois plus de forêts ont brûlé en Europe que lors d'une année moyenne

Cette année, 967 026 hectares de nature sont déjà partis en fumée dans l'Union européenne, soit quatre fois plus que les années précédentes. la moyenne (244 011) depuis le début des mesures en 2006.

L'Espagne se distingue avec une augmentation stupéfiante de 4,4 fois, soit près de 392 000 hectares de terres dévastées (et des émissions d'incendie record). Le Portugal est également très touché (2,2 fois sa moyenne), avec 261 000 hectares de terres brûlées. Des dizaines de milliers d'hectares sont également partis en fumée en Roumanie, en Italie, en Grèce, en France et en Bulgarie. 

De nombreux pays européens ont connu une activité anormalement élevée des incendies, ce qui a entraîné des évacuations, des décès et une intensification des mesures nationales de lutte contre les incendies. Ces incendies ne sont pas seulement des crises écologiques, mais aussi des urgences majeures en matière de santé publique, d'économie et d'émissions de carbone.

Le pic des émissions de CO2

Les émissions de CO2 dues aux incendies atteignent également des sommets : cette année, 35 mégatonnes de CO2 ont déjà été libérées dans l'atmosphère au sein de l'UE. Rien qu'en Espagne, les incendies du mois d'août ont émis 5,5 mégatonnes de carbone en seulement dix jours, dépassant ainsi les émissions annuelles des dernières décennies.

À titre de comparaison : Le transport routier au sein de l'UE devrait émettre près de 800 millions de tonnes de CO₂ en 2025. Ainsi, même si les émissions dues aux incendies de forêt dans des régions comme l'Espagne ont atteint des records historiques, elles restent nettement inférieures aux émissions massives et constantes du transport routier dans l'ensemble de l'Europe.

Les incendies et les vagues de chaleur ont également causé des dizaines de milliers de morts, soulignant la vulnérabilité de l'Europe.

Changement climatique et conditions météorologiques extrêmes

Les causes de ces incendies sont liées au changement climatique et aux conditions météorologiques extrêmes, qui entraînent une saison des incendies plus longue et plus intense. En 2025, des vagues de chaleur torride ont transformé les forêts et les garrigues en poudrières dans le sud et l'ouest de l'Europe.

Plusieurs études ont montré que L'Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement, L'Europe a connu un réchauffement de l'ordre de 2,3 °C par rapport à l'ère préindustrielle, avec des sécheresses extrêmes, un stress hydrique et des feux de forêt. Entre 2022 et 2023, l'Europe a connu un réchauffement d'environ 2,3 °C par rapport à l'ère préindustrielle. L'une des explications est la situation géographique de l'Europe près de l'Arctique, où les températures augmentent environ quatre fois plus vite que la moyenne.

Effets de l'îlot de chaleur urbain

Selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), le réchauffement dû à l'activité humaine a augmenté la fréquence et l'intensité des extrêmes de chaleur, ce qui accroît les indices météorologiques d'incendie et l'aridité des combustibles, favorisant ainsi des incendies plus importants et se propageant plus rapidement.

L'AEE (Évaluation des risques climatiques dans l'UE) prévient que les risques d'incendie de forêt en Europe vont s'aggraver, même dans le cadre de scénarios de réchauffement optimistes. Le réchauffement climatique augmente la fréquence et la durée des conditions météorologiques propices aux incendies (conditions chaudes, sèches et venteuses), créant ainsi un terrain fertile pour les feux de forêt.

Les zones densément peuplées des villes, telles que Paris, Madrid, Milan et Berlin, subissent les effets de l'îlot de chaleur urbain, ce qui ajoute plusieurs degrés au réchauffement local. L'agriculture intensive et la déforestation dans les zones méditerranéennes réduisent le refroidissement naturel et l'humidité du sol, ce qui amplifie la chaleur.

Malgré d'importants investissements verts, l'Europe a encore une part élevée d'émissions liées au trafic routier et au chauffage, ce qui contribue au réchauffement local et à la pollution atmosphérique qui exacerbe les effets de la chaleur.

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