Le président Donald Trump a apaisé les tensions commerciales avec le Japon en réduisant les droits de douane sur les véhicules importés à 15%, les alignant ainsi sur le plafond convenu avec l'Europe. Cette décision met fin à des semaines d'incertitude pour les constructeurs automobiles japonais dont les ventes dépendent fortement du marché américain.
Le décret, signé jeudi, abaisse les droits de douane sur les voitures japonaises du taux de 27,5% imposé en août à 15%. Cette mesure place le Japon sur un pied d'égalité avec l'Union européenne, dont les constructeurs automobiles sont déjà soumis à des droits de 15%, mais elle règle également un différend entre Washington et Tokyo sur la manière dont l'accord de l'été dernier doit être appliqué.
Les autorités américaines avaient fait valoir que le prélèvement de 15% devait être ajouté aux droits existants, tandis que le Japon insistait sur le fait qu'il s'agissait d'un plafond total. L'ordonnance de Trump confirme l'interprétation de Tokyo.
Donner et recevoir
Comme l'Europe, le Japon s'est engagé à accroître ses achats de produits américains. Ces engagements comprennent des importations supplémentaires de maïs et de bioéthanol, des contrats à long terme pour le gaz naturel liquéfié en provenance de l'Alaska et l'achat de 100 avions Boeing.
La nouvelle a fait grimper les actions de Toyota, Honda, Nissan et de leurs principaux fournisseurs dans les premiers échanges à Tokyo. Les voitures représentent environ un cinquième des exportations japonaises, ce qui souligne l'importance du marché américain pour l'économie du pays.
Après des mois d'escalade tarifaire et de menaces, les constructeurs automobiles japonais sont soulagés de voir le taux abaissé. Il reste à savoir si les marques absorberont elles-mêmes le coût ou si elles le répercuteront sur les clients.
Se préparer à l'automne
Pour l'administration Trump, l'accord est l'une des nombreuses mesures qui remodèlent l'industrie automobile. Les perspectives restent difficiles : les incitations fédérales en faveur des véhicules électriques doivent expirer ce mois-ci, ce qui laisse présager une forte baisse de la demande.
Rivian a déjà annoncé 200 licenciements en prévision d'une baisse des ventes au dernier trimestre. Volkswagen licencie 160 personnes dans son usine de Chattanooga, où est fabriqué le SUV électrique ID.4, tandis que General Motors suspend la production de véhicules électriques à Spring Hill, dans le Tennessee.
L'économie de marché en jeu
Paradoxalement, les ventes américaines de véhicules électriques atteignent des sommets. GM a livré 21 000 modèles alimentés par des batteries le mois dernier, son meilleur résultat à ce jour, et les prévisions pour septembre restent bonnes. Mais avec la fin des incitations, le marché devrait s'effondrer, et aucun constructeur ne veut se retrouver avec un stock excédentaire.
La transition est suivie de près. À mesure que les VE concurrencent plus directement les voitures à moteur à combustion sans l'aide des pouvoirs publics, l'industrie entre dans une nouvelle phase, à l'image de ce qui se passe sur d'autres marchés mondiaux.
La question est de savoir si l'administration Trump a l'intention d'étouffer la transition électrique, ou si elle laisse simplement les forces du marché décider. Certains États, dont la Californie, envisagent déjà de mettre en place leurs propres programmes d'incitation pour accélérer l'adoption des VE.


