Ce que l'on craignait s'est réalisé : la Cour constitutionnelle a suspendu l'ordonnance reportant le renforcement de la zone à faibles émissions de Bruxelles (LEZ). La Cour a notamment estimé que l'ordonnance pouvait causer un préjudice irréparable à l'un des requérants, un enfant souffrant d'asthme chronique et d'allergies. La Cour a également fait référence au principe de ‘standstill’ en matière de protection de l'environnement.
Maintenant que l'ordonnance a été temporairement supprimée, la Cour constitutionnelle doit se prononcer sur son annulation dans un délai de trois mois.
‘Préjudice irréparable’
Sur proposition du MR, du PS, des Engagés et de l'Open Vld, le Parlement bruxellois a approuvé en octobre dernier une ordonnance reportant le renforcement de la LEZ au 1er janvier 2027. Cela signifie que les véhicules diesel Euro 5 et les véhicules à essence Euro 2 pourront continuer à circuler dans la région de Bruxelles-Capitale jusqu'à cette date.
Cependant, plusieurs organisations environnementales et trois personnes souffrant de problèmes respiratoires ont émis des réserves à ce sujet, tout comme le Conseil d'État, et ont porté l'affaire devant la Cour constitutionnelle.
La Cour juge maintenant que l'ordonnance pourrait effectivement causer un “préjudice irréparable” à l'un des requérants, un enfant souffrant d'asthme et d'allergies chroniques. En outre, l'ordonnance entraîne une détérioration significative du niveau de protection du droit à la santé et du droit à un environnement sain et n'est pas raisonnablement justifiée.
Cela est contraire à l'obligation de ‘standstill’ prévue par la Constitution. Cela empêche une réduction significative du niveau de protection offert par la législation existante sans justification raisonnable.
Il n'est pas certain que les familles à faibles revenus possèdent les véhicules les plus anciens
Les parties qui ont voté en faveur du report l'ont fait parce qu'elles défendaient des familles à faible revenu et des groupes professionnels spécifiques qui n'auraient pas les moyens suffisants pour acheter une nouvelle voiture. Cependant, la Cour a rejeté cet argument car il n'est pas certain que ces catégories possèdent majoritairement les véhicules les plus anciens.
La Cour note que diverses études ont démontré que la catégorie de population que les parties cherchaient à protéger est également la plus vulnérable à la pollution de l'air et aux problèmes de santé qui y sont associés.
“En prévoyant un report général et non ciblé, l'ordonnance contestée permet à un grand nombre de personnes de continuer à émettre des polluants qui affecteront principalement ce groupe de population”, peut-on lire dans le rapport.
Conséquences pour la Flandre
“C'est une victoire pour la santé de nos enfants et de nos résidents vulnérables : plus de retards, mais un soutien rapide et ciblé pour ceux qui en ont besoin”, a déclaré Elke Van den Brandt (Groen), ministre bruxelloise sortante de la Mobilité, en réaction à la décision de la Cour constitutionnelle.
“Des mesures ciblées doivent maintenant être mises en place, comme un budget de mobilité pour les personnes ayant des problèmes financiers. On ne peut pas jouer avec la santé de nos enfants”, a poursuivi la ministre, qui a démissionné de son poste de néerlandophone chargée de former un nouveau gouvernement bruxellois l'année dernière, lorsque le MR, le PS et Les Engagés ont soumis le projet d'ordonnance sans concertation.
Le ministre bruxellois de l'environnement sortant, Alain Maron, va maintenant demander à la task force LEZ, chargée de la mise en œuvre opérationnelle des mesures, de se réunir dans les plus brefs délais afin d'assurer le suivi de la décision.
“Les autorités compétentes analysent actuellement cette décision afin de déterminer les prochaines étapes le plus rapidement possible”, peut-on lire sur le site web de la LEZ de Bruxelles.
Selon Bond Beter Leefmilieu, la décision de la Cour constitutionnelle a également des conséquences pour la Flandre. En effet, le gouvernement flamand souhaite également mettre en place une réglementation plus stricte. en attente.
Le ministre flamand de l'environnement, Jo Brouns (CD&V), a déjà annoncé qu'il souhaitait discuter prochainement de cette question avec le gouvernement flamand.


