Grâce à un accord avec la commune de Linkebeek, dans le Brabant flamand, les questions juridiques concernant les projets d'extension de la ligne Bruxelles-Nivelles dans le cadre du Réseau Express Régional (GEN) ont été résolues.
Le ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engages) et Benoît Gilson, CEO d'Infrabel, ont signé hier une convention avec le premier échevin de Linkebeek et un représentant du comité d'habitants.
La ligne devait initialement être achevée en 2012, mais la ligne GEN, ou le réseau de trains en S, parfois appelé RER, devrait être prête en 2034.
Dossier difficile
Depuis plus de 20 ans, Infrabel, le gestionnaire du réseau ferroviaire belge, envisage de faire circuler des trains plus fréquents, plus réguliers et plus rapides au départ et à destination de Bruxelles sur le réseau express régional. Cela signifie que le nombre de voies ferrées sur les différentes lignes devrait doubler, passant de 2 à 4. L'une de ces lignes, la ligne 125 entre Bruxelles et Nivelles, passe par Linkebeek.
Mais à Linkebeek, une commune majoritairement francophone de plus de 4 600 habitants, les projets de doublement des voies se sont heurtés à une forte résistance.
Infrabel a donc fait une dernière proposition de compromis : sur une distance de 700 mètres, les deux voies pourraient être conservées pendant au moins les 12 prochaines années, mais la station Linkbeek disparaîtrait.
Grâce à une nouvelle passerelle pour vélos et piétons de plusieurs centaines de mètres de long, les navetteurs pourront désormais se rendre à la gare d'Ukkel Moensberg pour prendre le train.
Encore des recours juridiques
Le conseil municipal a approuvé de justesse la proposition à la mi-septembre et l'a maintenant formalisée dans un accord avec le ministre et Infrabel. Cependant, il y a encore un problème. Trois recours juridiques contre les plans sont toujours pendants devant le Conseil d'État. Il reste donc à voir comment ces procédures se dérouleront avant que le dossier ne puisse être approfondi.
Toutefois, l'accord permet de lever deux des trois recours - ceux de la municipalité et des résidents - contre le GRUP, un plan de zonage flamand qui est essentiel pour que les travaux puissent commencer. Le troisième recours, toujours en cours, porte sur des questions de forme et non de fond.
Charleroi n'est pas content
Plus : Il y a le dossier Charleroi. Thomas Dermine, bourgmestre de Charleroi, critique le compromis dans le dossier GEN entre Linkebeek et Infrabel. Dermine craint qu'un goulot d'étranglement ne se forme, ce qui rendrait plus difficile le raccourcissement de la route entre Charleroi et Bruxelles.
Dermine insiste depuis longtemps sur la nécessité de raccourcir cette ligne. Un voyage en train entre Bruxelles et Charleroi, distantes de 51 kilomètres, dure actuellement 57 minutes. “C'est le double du temps qu'il faut pour aller de Bruxelles à Gand, qui fait la même distance”, explique Dermine.
Infrabel s'étonne de l'argumentation de l'élu PS. Selon le gestionnaire du réseau ferroviaire, il existe actuellement un goulot d'étranglement sur la ligne entre la capitale et Charleroi en raison d'un “blocage structurel à Linkebeek et l'accord vise précisément à supprimer ce blocage”.”
À partir de 2028, la capacité du réseau sera augmentée pour soutenir l'exploitation à long terme du réseau express régional (2034).
Et puis, il y a le prix. Lors de la relance du projet en 2018, un budget de 902 millions d'euros a été alloué à la réalisation de la GEN. Cependant, en raison de l'évolution du contexte économique de ces dernières années, un financement supplémentaire est désormais nécessaire, estimé entre 200 et 300 millions d'euros pour 2025.


