Opel contraint de fermer ses installations d'essai allemandes : 300 emplois supprimés

Environ 300 employés des centres d'essais automobiles d'Opel près de Francfort vont perdre leur emploi, car la société d'ingénierie française Segula Technologies, qui exploite les sites, met fin à ses activités à la suite d'une procédure d'insolvabilité.

Les deux sites concernés, Rodgau-Dudenhofen et Rüsselsheim, qui sont depuis longtemps au cœur de l'héritage technique d'Opel, comptent parmi les sites d'essai les plus importants d'Europe. Leur fermeture souligne à la fois les difficultés financières de Segula et la restructuration en cours par Stellantis de son empreinte mondiale en matière de développement et d'essais.

Opérateur sous PSA

Segula Technologies, un prestataire de services d'ingénierie français actif dans plus de 30 pays, a repris une grande partie des opérations d'essai et de développement d'Opel en 2018, après que General Motors a vendu le constructeur automobile allemand au Groupe PSA. Lorsque PSA a fusionné avec Fiat Chrysler pour former Stellantis en 2021, Segula est resté l'opérateur des centres d'essais allemands d'Opel sous contrat.

Cependant, l'unité allemande de Segula a déposé une demande d'insolvabilité autogérée cette année, invoquant la baisse des commandes et l'augmentation des coûts. Aucun investisseur n'ayant été trouvé pour reprendre les sites, 287 emplois seront supprimés d'ici à la fin du mois d'octobre. Opel a déclaré qu'elle cherchait un nouvel opérateur tout en suspendant temporairement ses activités à Dudenhofen.

Si le centre d'essais Opel de Dudenhofen, près de Francfort, est depuis longtemps un symbole de l'ingénierie automobile allemande, son avenir est aujourd'hui incertain. Inauguré en 1966 par General Motors, le site compte environ 40 kilomètres de pistes, dont un ovale à grande vitesse de 4,8 kilomètres, et a souvent été loué à d'autres constructeurs et fournisseurs.

Cette évolution a alarmé les syndicats et les gouvernements régionaux de Hesse, qui voient dans cette réduction des effectifs une nouvelle érosion de la base d'ingénierie allemande d'Opel. Autrefois symbole d'excellence technique, le terrain d'essai de Dudenhofen a accueilli des tests non seulement pour Opel mais aussi pour d'autres constructeurs automobiles depuis son ouverture en 1966.

Pourtant, malgré son héritage, Dudenhofen est de taille modeste par rapport aux installations d'essai les plus importantes d'Europe et est désormais éclipsé par les efforts de Stellantis visant à consolider les essais en Italie et en France.

Contraste avec le site de Ford à Lommel

En revanche, le terrain d'essai de Ford à Lommel, en Belgique, est en plein essor. Légèrement plus grand en superficie, mais avec une longueur de piste deux fois plus importante (environ 80 kilomètres), Lommel reste le centre d'essai européen de Ford, englobant tout, des boucles de durabilité sur route accidentée aux zones de conduite autonome et de véhicules électriques avancés.

Exploité directement par Ford et constamment modernisé, il constitue l'un des terrains d'essai automobile les plus sophistiqués d'Europe, ce qui contraste fortement avec le destin incertain de Dudenhofen dans le cadre de la restructuration de Stellantis.

À court terme, les ingénieurs d'Opel poursuivront quelques essais limités en Allemagne pendant que Stellantis cherche un nouvel opérateur. Mais le message de Rüsselsheim est clair : le centre de gravité des opérations d'essai de Stellantis se déplace, de l'Allemagne vers l'Italie, la France et au-delà.

Redirigé vers Balocco, Italie

Stellantis est en train de remodeler discrètement son réseau mondial de terrains d'essai, en regroupant les essais des petits sites régionaux en une poignée de centres principaux. En Europe, une grande partie du travail de développement d'Opel est redirigée vers Balocco, un vaste complexe à pistes multiples situé dans le nord de l'Italie, initialement construit par Alfa Romeo.

En France, Belchamp, près de Sochaux, continue de servir les programmes de Peugeot, Citroën et DS, mais avec un champ d'action plus restreint. Dans le même temps, aux États-Unis, Stellantis a fermé son Arizona Proving Grounds, transférant les essais par temps chaud à l'installation de Toyota sous contrat.

Les principaux centres d'essai du groupe sont désormais situés à Balocco en Europe et à Chelsea (Michigan) en Amérique du Nord, ce qui témoigne d'une évolution vers des sites multimarques moins nombreux et d'un contrôle plus strict des coûts de développement.

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