Ontario Power Generation envisage l'installation de petits réacteurs nucléaires en Belgique

La compagnie d'électricité Ontario Power Generation (OPG), l'un des principaux producteurs d'énergie du Canada, étudie la possibilité de déployer de nouveaux petits réacteurs modulaires (SMR) en Belgique. À cette fin, elle a signé une lettre d'intention avec le Forum nucléaire belge. Différents journaux, dont De Tijd et La Libre Belgique, en ont fait état.

Le gouvernement De Wever envisage le déploiement de nouvelles technologies, telles que les SMR, dans le cadre de sa stratégie à long terme visant à renforcer l'importance accordée à l'énergie nucléaire. Engie Belgium ayant déclaré au début de cette année que l'énergie atomique ne faisait plus partie de ses ambitions stratégiques, OPG semble être un parti qui pourrait contrer le géant français de l'énergie dans ce domaine.

Renouer avec l'énergie nucléaire

La nouvelle coalition fédérale avait déjà fait part de son intention d'abroger ou de modifier fondamentalement la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire, afin que l'énergie atomique puisse à nouveau jouer un rôle structurel en Belgique.

Un accord a été conclu avec Engie, l'exploitant des centrales nucléaires belges, pour prolonger la durée de vie des réacteurs Doel 4 et Tihange 3. Toutefois, l'entreprise énergétique a également indiqué à plusieurs reprises qu'elle ne souhaitait plus se concentrer sur l'énergie nucléaire.

Dans le même temps, le gouvernement a fixé un objectif d'environ 4 GW de capacité nucléaire dans le mix électrique, grâce à la prolongation de la durée de vie des réacteurs existants et à la construction éventuelle de nouvelles technologies telles que les SMR.

Poids lourd canadien

Grégoire Dallemagne, PDG de Luminus, avait annoncé précédemment qu'il souhaitait participer aux discussions sur la construction de nouvelles centrales nucléaires en Belgique.

Le géant français de l'énergie EDF, qui détient près des trois quarts de Luminus, étudiait également la possibilité de reprendre Doel 4 et Tihange 3 à partir de 2035. OPG est désormais un troisième acteur qui s'intéresse, quoique plus concrètement, au marché nucléaire belge.

OPG, qui appartient au gouvernement de la province de l'Ontario, fournit une grande partie de l'électricité consommée par les résidents et les entreprises de la province la plus peuplée du Canada (environ 16 millions d'habitants). Elle s'appuie sur l'énergie nucléaire produite par les centrales nucléaires de Darlington et de Pickering, ainsi que sur l'énergie hydraulique et, dans une moindre mesure, sur les centrales électriques alimentées par la biomasse et le gaz.

L'entreprise a également joué un rôle important dans la transition de l'Ontario vers une énergie plus propre. Par exemple, elle a fermé la plupart de ses centrales électriques au charbon et a investi massivement dans des projets d'énergie renouvelable et à faible émission de carbone.

Premier SMR raccordé au réseau

Elle est également l'un des leaders mondiaux dans le développement et la mise en œuvre des SMR, avec notamment la construction à Darlington du premier SMR connecté au réseau dans le monde occidental, avec quatre unités prévues totalisant 1,2 GW, dont l'achèvement est prévu aux alentours de 2029.

Après avoir collaboré avec Synthos Green Energy sur d'éventuelles mises en œuvre de SMR en Pologne, OPG a également signé une lettre d'intention avec la Belgique pour l'aider à réaliser des études de faisabilité et à dispenser une formation sur la technologie SMR.

Selon De Tijd, elle l'a fait lors de la World Nuclear Exhibition, le salon biennal du secteur nucléaire à Paris, avec l'organisation faîtière belge Nuclear Forum, ou lobby de l'industrie, en présence du ministre de l'énergie Mathieu Bihet (MR) et de son homologue de l'Ontario, Stephen Lecce.

Il s'agit d'un accord non contraignant qui ne bénéficie d'aucun soutien politique, le Bihet souhaitant rester neutre à l'égard des fournisseurs potentiels de centrales nucléaires.

La Flandre participera-t-elle ?

Au début de cette année, le ministre-président flamand Matthias Diependaele avait déjà chargé PMV (Participatiemaatschappij Vlaanderen) de déterminer comment la Flandre pourrait participer financièrement à l'énergie nucléaire, et plus particulièrement à la construction de petits réacteurs nucléaires modulaires.

M. Bihet a également noté dans La Libre Belgique que l'implication du bureau d'études belge Tractebel dans la construction de SMR au Canada est un facteur intéressant.

En juin, le centre de recherche nucléaire de Mol, SCK CEN, a signé avec plusieurs partenaires un accord contraignant pour la construction de SMR. Il s'agit de réacteurs de quatrième génération refroidis au plomb et destinés au marché commercial.

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