Les premières caméras ANPR bruxelloises, initialement destinées à la zone à faibles émissions (LEZ) et aux contrôles de vitesse moyenne, ont été connectées au réseau national de la police. Cela concerne 450 caméras. Cette intégration permet aux six zones de police bruxelloises d'accéder en temps réel aux données et aux images en direct.
Le raccordement des caméras à la toute nouvelle plateforme nationale de police ANPR@GPI permet la reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation et l'échange immédiat d'informations entre les services de police locaux et fédéraux. Il s'agit d'une étape essentielle dans la lutte contre la criminalité et les infractions liées aux véhicules.
Les agents qui souhaitent utiliser la plateforme ANPR doivent indiquer le motif de chaque recherche. Ils peuvent ensuite saisir tout ou partie du numéro d'immatriculation et voir les derniers emplacements du véhicule. Une carte indique également en temps réel les emplacements des patrouilles les plus proches.
Terminé d'ici mars 2026
Le réseau national ANPR@GPI, un système centralisé de caméras de reconnaissance des plaques d'immatriculation, est en place depuis la mi-juillet. L'objectif est de connecter autant de caméras ANPR que possible au réseau afin de renforcer la lutte contre la criminalité et le trafic de drogue.
Cela permettra aux agents de police de récupérer et de consulter les données ANPR plus efficacement et plus rapidement. Les deux avantages significatifs du système sont la réponse en temps réel lorsqu'une plaque d'immatriculation suspecte est détectée et le suivi rétrospectif dans le cadre d'enquêtes judiciaires.
Une fois que toutes les caméras de la Région de Bruxelles-Capitale auront été connectées, complétées par celles des véhicules de police et des centaines de caméras régionales achetées par les communes elles-mêmes, ainsi que celles appartenant aux sociétés de transport MIVB/STIB et NMBS/SNCB, la police commencera à connecter les caméras ANPR d'autres grandes villes et des autoroutes à travers le pays. Si tout se passe bien, cette connexion progressive devrait être achevée d'ici mars 2026.
Rapport minoritaire
Pour le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin (MR), cette initiative, qui a été mise en place rapidement à la demande du nouveau procureur général de Bruxelles Julien Moinil, montre également l'efficacité du modèle policier belge.
“ La force de police intégrée à deux niveaux – local et national – prouve ici son efficacité, car ce projet a été développé par la police d'Anvers en collaboration avec la police fédérale ”, a déclaré M. Quitin.
Il ne veut pas qualifier ce réseau de système de surveillance totale à la Minority Report, avec une caméra à chaque coin de rue, même si c'est ce à quoi cela revient, mais “ nous devons nous donner les moyens de lutter contre le trafic d'armes, de drogue ou d'êtres humains ”. Le projet coûtera 10 millions d'euros. En outre, le ministre met 20 millions supplémentaires sur la table, que toutes les communes belges peuvent utiliser pour acheter des caméras.
Selon Koen Van Overtveldt, directeur général de la gestion des ressources et de l'information à la police fédérale, il existe également des mécanismes de contrôle suffisants pour empêcher les abus en matière de protection de la vie privée.
“ Chaque utilisateur doit se connecter à l'aide d'un code d'identification personnel ”, explique Van Overtveldt. “ L'accès est surveillé et des contrôles aléatoires sont effectués. Les citoyens peuvent déposer une plainte en cas d'abus, et l'organisme de contrôle des informations policières peut ouvrir une enquête de sa propre initiative. ”
Une étape importante, également pour la coopération européenne
En 2023, la Belgique comptait environ 4 500 caméras ANPR, dont 3 650 en Flandre et 400 en Wallonie. À long terme, ce réseau devrait même s'étendre pour former un “ bouclier ” de 10 000 caméras.
Maintenant que Bruxelles est la première région à se connecter à la plateforme ANPR@GPI, il est également possible de travailler sur la coopération au niveau européen. La plateforme facilite le suivi transfrontalier des voitures volées et des mouvements criminels à travers l'Europe et le Système d'information Schengen (SIS II).
Bien que le Royaume-Uni reste un pionnier dans le déploiement de la technologie ANPR, l'Europe est en tête dans l'adoption de cette technologie pour les infrastructures publiques, grâce à des réglementations strictes en matière de circulation et à des initiatives urbaines innovantes.
L'Allemagne et la France, en particulier, sont des précurseurs efficaces, adoptant la technologie ANPR pour le contrôle automatisé des frontières et les systèmes de péage autoroutier liés à la conformité environnementale. Cependant, elles sont encore loin derrière la Chine, où l'on compte près d'une caméra pour deux habitants.
L'intégration du système ANPR à Bruxelles marque donc une étape importante dans la stratégie nationale de police numérique de la Belgique. Le raccordement de caméras ANPR supplémentaires, par exemple, a longtemps été un casse-tête, tout comme les pannes de plusieurs heures qui affectaient régulièrement la base de données centrale.


