GAC a commencé à construire son SUV électrique Aion V dans l'usine Magna Steyr de Graz. Tout en offrant au constructeur autrichien un nouveau volume après une série de ralentissements, il s'agit de l'un des premiers véhicules particuliers chinois réellement produits en Europe.
Bien que l'Aion V ne soit pas très répandu sur les routes belges, ce SUV électrique de taille moyenne était auparavant importé de Chine vers des marchés tels que la Finlande, la Pologne et le Portugal.
Mais comme GAC prend très au sérieux ses ambitions européennes, l'entreprise a désormais lancé la production en série en Autriche. Une décision avantageuse, car elle protège le modèle des droits de douane imposés par l'UE sur les véhicules électriques fabriqués en Chine. En substance, GAC réalise un bénéfice plus important par unité vendue en Europe.
Tous les marchés de l'UE d'ici 2028
Le lancement de la production s'inscrit également dans l'objectif plus large de la marque chinoise de couvrir l'ensemble du marché européen d'ici 2028, après ses débuts régionaux au salon automobile de Munich l'année dernière.
GAC suit la ligne des constructeurs automobiles qui cherchent à relancer la production sans les coûts ni les retards liés à la construction d'une usine propre, tout en s'appuyant sur la qualité éprouvée de l'usine de Steyr.
Fisker a tenté de faire de même avec l'Ocean, et des marques telles que BMW et Aston Martin se sont également tournées vers l'usine autrichienne afin de transférer le risque d'échec commercial à un sous-traitant ou d'augmenter temporairement leur capacité de production.
Regard vers l'Est
L'usine de Graz a dû faire face à une baisse de son activité suite à la fin des contrats pour les modèles Jaguar I-Pace, E-Pace, BMW série 5 et, plus récemment, Toyota Supra et BMW Z4. Mais l'ajout de GAC aux SUV G6 et G9 de Xpeng, tous deux déjà en production dans l'usine, contribue à stabiliser les volumes. Symboliquement, cela illustre la manière dont le réseau industriel traditionnel européen se tourne vers l'Est pour assurer son avenir.
Graz est l'une des rares usines européennes capables de produire des modèles à combustion interne, des hybrides et des véhicules entièrement électriques sur des lignes partagées. Cette flexibilité séduit les nouveaux acteurs qui cherchent à minimiser les risques. En Autriche, Magna Steyr s'appuie sur plus d'un siècle d'expérience dans la fabrication et plus de 4 millions de véhicules produits.
C'est également une tape dans le dos pour les travailleurs européens. Récemment, la conversion espagnole d'une usine Stellantis pour Leapmotor à Saragosse a été vivement critiquée, car l'entreprise importe des travailleurs non seulement pour construire l'usine, mais aussi pour la faire fonctionner.
Aion UT emboîte le pas
L'Aion V se positionne face à des modèles tels que la VW ID4, la Skoda Enyaq et la Peugeot e-3008. Elle est en concurrence au cœur du marché. Ce modèle construit en Europe est équipé d'une batterie de 75 kWh, offre une autonomie WLTP de 520 kilomètres et dispose d'une recharge rapide de 400 volts qui permet de recharger la batterie de 30 à 80 % en moins de 20 minutes.
Les prix débuteront autour de 37 000 €, selon le marché, les versions haut de gamme proposant des équipements tels que des sièges massants et un toit vitré sur toute la longueur.
GAC prépare également la production européenne de la berline compacte Aion UT, qui sera positionnée face à des concurrents bien établis tels que la MG4 et la VW ID3, avec un prix prévu inférieur à 30 000 euros.
Dans le sillage des politiques commerciales de l'UE, d'autres marques chinoises devraient suivre le mouvement. Mais il reste à voir si ces projets de production locale auront réellement un effet positif sur l'emploi local.


