Lors du salon Solutrans qui s'est tenu la semaine dernière à Lyon, Renault Trucks a enfin dévoilé ce qu'il avait annoncé précédemment comme étant son fer de lance dans le domaine du transport électrique longue distance.
Le nouveau E-Tech T 780 et son homologue axé sur la charge utile, le E-Tech T 585, s'appuient sur l'architecture développée par Volvo Trucks. Ces nouveaux camions visent à convaincre les entreprises de logistique que les camions électriques à batterie sont prêts à dépasser le cadre des itinéraires régionaux. Et à dépasser le diesel.
En tant que marque sœur de Volvo Trucks, Renault Trucks partage avec cette dernière ses transmissions zéro émission afin de réduire les coûts et de répartir les risques.
Le nouveau E-Tech 780 partage donc ses caractéristiques techniques et ses spécifications avec le FH Electric 600 km. Mais alors que le constructeur français a dévoilé toutes les informations concernant son nouveau modèle, son homologue suédois s'est contenté jusqu'à présent de quelques teasers.
Nouvelle plateforme
Les badges E-Tech T 780 et E-Tech T 585 ne sont pas entièrement nouveaux. Mais bien qu'ils soient facilement reconnaissables, ces camions ont peu de points communs avec le précédent tracteur routier électrique de la marque. Ils inaugurent une toute nouvelle plateforme qui a été développée discrètement au sein du groupe pendant plus de quatre ans.
Le chiffre phare est l'autonomie de 600 kilomètres annoncée par l'entreprise pour le T 780. La société souligne qu'il ne s'agit pas d'une limite théorique, mais d'un engagement — un message clair dans un segment où les chiffres publiés laissent souvent place à l'interprétation.
Le Renault E-Tech (et le Volvo FH Electric) se retrouve donc en concurrence directe avec l'eActros 600 de Mercedes-Benz, qui affiche une autonomie de 500 kilomètres selon ce que Daimler Truck qualifie de “ calcul prudent ”.
MAN, de son côté, revendique une autonomie de 750 kilomètres pour l'eTGX en version châssis-cabine 4×2 équipé de six batteries, selon les circonstances. Cela correspond tout à fait aux revendications théoriques.
Deux approches
Mais revenons à Renault. Les deux modèles E-Tech adoptent des approches différentes en matière de capacité et de poids. Le T 780 est équipé de huit batteries pour une capacité brute de 780 kWh, tandis que le T 585 utilise six batteries pour une capacité brute de 585 kWh, ce qui réduit son poids à vide d'environ 1,2 tonne et lui confère la plus grande charge utile des deux modèles.
Renault Trucks a choisi de continuer à utiliser des cellules NCA riches en nickel provenant de Samsung SDI, privilégiant ainsi la densité énergétique. Le compromis est un écart plus important entre l'énergie brute et l'énergie utilisable par rapport à la chimie LFP.
Plus d'espace grâce à l'eAxle
Tout comme le Volvo FH Electric 600, les deux camions adoptent le nouvel essieu électrique qui intègre les moteurs et la transmission dans l'ensemble de l'essieu arrière. En libérant de l'espace le long des longerons du châssis, les ingénieurs ont pu faire de la place pour les modules de batterie en forme de L qui définissent la nouvelle configuration.
Les moteurs fournissent une puissance maximale de 460 kW. Renault Trucks équipe également le véhicule d'un essieu arrière orientable et relevable afin de répondre aux préoccupations en matière de maniabilité et d'améliorer la traction.
La capacité de recharge est conçue pour les horaires serrés. Les deux camions prennent en charge une recharge mégawatt jusqu'à 720 kW via un connecteur MCS, ce qui permet une recharge rapide pendant la pause du conducteur.
Une recharge CCS jusqu'à 350 kW est disponible pour une utilisation en dépôt. La recharge CA a été complètement abandonnée. Renault Trucks annonce un délai de 40 minutes pour une recharge MCS de 20 à 80 %.
La nouvelle plateforme ne remplace pas l'E-Tech T 540 existante, qui bénéficie d'une mise à niveau à 450 kilomètres d'autonomie et conserve la recharge CA et l'ancienne transmission à trois moteurs.
Renault Trucks continue de positionner ce modèle pour les missions régionales, en réservant la nouvelle architecture aux entreprises de transport longue distance spécialisées dans la logistique internationale. Les premières livraisons sont prévues pour début 2027.


