Une nouvelle analyse offre un aperçu précis du marché européen des véhicules électriques en pleine mutation.

Malgré les pressions exercées par les constructeurs automobiles (principalement allemands) pour freiner cette évolution et donner une nouvelle chance aux moteurs à combustion interne, le paysage européen des véhicules électriques évolue rapidement, et un nouvelle analyse de TradingPedia offre un aperçu exceptionnellement détaillé des marques et des modèles qui seront en tête en 2025.

TradingPedia, une plateforme bulgare d'analyse financière qui travaille fréquemment avec des ensembles de données sectorielles, a fondé ses conclusions sur les statistiques européennes relatives aux immatriculations de voitures neuves compilées par l'ACEA, complétées par des données au niveau des modèles fournies par des prestataires de services de veille économique.

Le groupe a dressé un panorama paneuropéen de l'adoption des véhicules électriques qui aide à comprendre les pressions, les surprises et les nouveaux gagnants du cycle actuel du marché. Bien que les données de TradingPedia semblent globalement correspondre aux tendances reconnues des ventes dans l'UE, la plateforme reste moins transparente dans sa méthodologie que les cabinets d'études traditionnels spécialisés dans l'automobile.

La principale conclusion de l'analyse de TradinPedia est que Tesla, malgré une forte baisse de ses ventes dans la plupart des pays européens, reste en tête du classement des véhicules électriques sur le continent.

Les chiffres de TradingPedia montrent que le Tesla Model Y conserve fermement sa position de véhicule électrique à batterie le plus vendu en Europe en 2025, avec un peu moins de 117 000 immatriculations entre janvier et octobre.

Il s'agit là d'une performance remarquable à un moment où Tesla est confronté à une pression sur les prix, à un ralentissement de la demande et à une vague de nouveaux concurrents européens et chinois. L'entreprise a même établi un record national en Norvège, avec plus de 28 000 véhicules immatriculés en onze mois, soit plus que n'importe quelle autre marque n'a jamais réussi à en immatriculer en une année entière.

Nouvelle cohorte de véhicules électriques européens

Mais l'avance du Model Y ne doit pas être confondue avec la stabilité du marché dans son ensemble. L'analyse de TradingPedia suggère qu'une nouvelle cohorte de véhicules électriques grand public européens est en pleine ascension.

La toute nouvelle Elroq de Škoda apparaît comme le deuxième modèle électrique le plus populaire de 2025 à ce jour, avec plus de 71 000 ventes, tandis que la Renault 5 relancée, avec sa sœur Alpine A290, a fait des débuts tout aussi impressionnants avec plus de 67 000 unités vendues.

La gamme ID de Volkswagen continue de jouer un rôle central, en particulier le modèle ID.4, tandis que les crossovers électriques compacts de BMW et Volvo conservent une forte attractivité. Ces changements indiquent un marché où l'accessibilité financière, la familiarité et la praticité dans le monde réel l'emportent de plus en plus sur le prestige des précurseurs.

L'influence croissante de la Chine

L'un des éléments les plus frappants du rapport de TradingPedia est l'influence croissante des constructeurs chinois. Le BYD Seal U hybride rechargeable est devenu le PHEV le plus vendu en Europe en 2025, avec plus de 56 000 unités livrées, surpassant ainsi des acteurs premium établis de longue date tels que le XC60 de Volvo.

La stratégie à double motorisation de BYD, qui propose le même modèle en version PHEV et BEV, semble particulièrement bien accueillie dans les pays où les infrastructures de recharge sont encore en cours de développement.

Cependant, les consommateurs hésitent encore à passer entièrement à l'électrique. Le rapport soutient que cette capacité à satisfaire les deux camps, les adeptes convaincus des véhicules électriques et les acheteurs en phase de transition, pourrait permettre aux marques chinoises de s'implanter durablement en Europe.

Trajectoires nationales divergentes

Tout cela s'inscrit dans un contexte plus large de trajectoires nationales divergentes. La Norvège reste dans une catégorie à part. Avec près de deux mille véhicules électriques immatriculés pour 100 000 habitants en 2025, sa densité de véhicules électriques est inégalée en Europe, et sa densité de véhicules électriques à batterie (BEV) dépasse à elle seule la densité totale de véhicules électriques de tous les autres pays figurant dans l'ensemble de données.

Le Luxembourg, le Danemark et l'Islande forment un deuxième groupe de leaders, chacun avec sa propre approche de l'électrification, qu'elle soit fortement orientée vers les véhicules hybrides rechargeables (PHEV), dominée par les véhicules électriques à batterie (BEV) ou répartie entre les deux. D'autres pays, y compris des marchés plus importants comme l'Allemagne et l'Italie, présentent des tendances plus mitigées, à mesure que les incitations politiques s'estompent et que la confiance des consommateurs évolue.

Le Luxembourg en tête

La position dominante du Luxembourg parmi les pionniers européens en matière de véhicules électriques s'explique plus facilement lorsque l'on considère la structure unique de son marché. Avec l'un des PIB par habitant les plus élevés au monde et un marché automobile dominé par les véhicules de société, le parc automobile luxembourgeois se renouvelle rapidement et privilégie fortement les modèles à faibles émissions.

La petite taille du pays, les courtes distances à parcourir en voiture et la solide infrastructure de recharge transfrontalière réduisent encore davantage l'angoisse liée à l'autonomie, tandis que des incitations ciblées rendent l'électrification financièrement attractive tant pour les employeurs que pour les navetteurs. En conséquence, même des volumes de vente absolus modestes se traduisent par certains des ratios de VE et de VHR par habitant les plus élevés d'Europe.

Sur l'ensemble du continent, les véhicules électriques les plus vendus révèlent un marché de plus en plus équilibré. En 2024, selon les données de JATO Dynamics, les dix modèles électriques à batterie les plus populaires en Europe étaient toujours dominés par Tesla, avec les Model Y et Model 3 occupant les deux premières places.

Ils étaient suivis par un groupe serré de crossovers compacts et de berlines : la EX30 de Volvo, l'Enyaq de Škoda, les ID.4 et ID.3 de Volkswagen, les iX1 et i4 de BMW et la Q4 e-tron d'Audi.

Ce classement correspond à celui que TradingPedia affiche actuellement pour 2025, même si de nouveaux modèles commencent à se hisser dans les premières places. Les grandes lignes restent inchangées : Tesla en tête, suivi d'un groupe dense de modèles du groupe Volkswagen, Volvo et BMW qui, ensemble, définissent l'offre principale de véhicules électriques en Europe.

Dynamique belge en matière de véhicules électriques

Le marché belge des véhicules électriques s'inscrit parfaitement dans ce tableau européen, mais il révèle également une dynamique particulière par rapport à son voisin du nord, les Pays-Bas.

Malgré une population moins importante, la Belgique représente un marché automobile globalement plus important, principalement en raison de son système de voitures de fonction, qui alimente l'un des taux de renouvellement de flotte les plus élevés d'Europe.

Cette différence structurelle a permis à la Belgique d'accélérer l'adoption des véhicules électriques au cours des deux dernières années, les véhicules électriques à batterie (BEV) représentant plus d'un quart des nouvelles immatriculations et les véhicules rechargeables plus de la moitié.

Les Pays-Bas, longtemps considérés comme le leader régional en matière d'électrification, affichent toujours une part plus importante de véhicules électriques à batterie (BEV) grâce à des années d'incitations fortes et à une infrastructure de recharge dense. Cependant, leur marché arrive désormais à maturité, avec une croissance qui ralentit par rapport à la forte augmentation observée en Belgique, tirée par les flottes.

En conséquence, les deux pays se rapprochent : les Pays-Bas restent en tête en termes de pénétration des véhicules électriques à batterie (BEV) par habitant. Dans le même temps, la Belgique domine de plus en plus le marché en termes de volume total de véhicules électriques grâce à l'ampleur et à la rapidité de l'électrification des entreprises.

Préférences du modèle

La manière dont cela se traduit dans les préférences en matière de modèles est tout aussi révélatrice. Les données officielles d'immatriculation en Belgique pour 2024 placent le Tesla Model Y en tête incontestée, suivi de l'Audi Q4 e-tron, du Tesla Model 3, du BMW iX1 et du Volvo EX30.

Les cinq suivants, Volvo EX40, Škoda Enyaq, Volkswagen ID.4, BMW i4 et Mercedes EQB, pourraient presque être directement tirés du top 10 européen. Le marché belge est fortement influencé par les flottes d'entreprise, qui privilégient les crossovers compacts haut de gamme offrant un excellent rapport coût total de possession, ce qui se traduit par un profil presque identique à celui du classement européen.

La Belgique se distingue par l'absence relative, jusqu'à présent, de véhicules électriques chinois parmi ses meilleures ventes et par l'apparition tardive des nouveaux modèles 2025, tels que la Škoda Elroq ou la Renault 5, qui n'apparaîtront de manière significative que dans les statistiques 2025 et 2026 du pays.

Comportement sensible au prix

Dans l'ensemble, les données brossent le tableau d'un marché européen des véhicules électriques qui arrive à maturité plutôt que d'exploser. L'enthousiasme initial fait place à un comportement plus rationnel et sensible aux prix, et les consommateurs accordent de plus en plus d'importance à l'accès à la recharge, au coût total de possession et à l'aspect pratique du véhicule plutôt qu'au battage médiatique autour de la marque.

Tesla reste une référence dominante, mais n'est plus le seul point de référence. Les constructeurs européens regagnent du terrain avec des modèles plus compétitifs, tandis que les acteurs chinois progressent rapidement dans le segment des véhicules rechargeables.

La Belgique et les Pays-Bas illustrent cette transition sous deux angles différents : l'un à travers une approche axée sur une forte pénétration et les infrastructures, l'autre à travers l'ampleur et la dynamique des flottes électrifiées. Ces deux voies mènent à la même conclusion : le marché européen de l'électricité entre dans une nouvelle phase où la maturité, et non la nouveauté, définit le succès.

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