Lexus ressuscite officiellement son modèle le plus sacré, mais en l'adaptant à l'époque moderne. Le moteur V10 rugissant qui caractérisait l'icône originale est remplacé par une batterie. Si l'on s'attend à ce que ce modèle couronne Toyota comme l'un des premiers constructeurs traditionnels à adopter les batteries à semi-conducteurs, cette partie de l'histoire reste encore secrète.
Lexus a officiellement confirmé que le “ Lexus Sport Concept ”, présenté précédemment lors de la Monterey Car Week, adoptera le nom LFA alors qu'il se dirige vers une mise en production prévue vers 2029.
Un pari risqué
En apposant le badge LFA sur un véhicule électrique à batterie, Lexus fait le pari risqué de pouvoir reproduire la résonance émotionnelle de son prédécesseur à combustion grâce au silence et à un logiciel plutôt qu'à l'acoustique à 9 000 tr/min d'un V10. Ce moteur était lié aux efforts de la société mère de Toyota en Formule 1.

Cependant, la prochaine LFA n'est pas un modèle autonome. La LFA électrique est développée en parallèle avec la Toyota GR GT, une voiture de course qui serait équipée d'un moteur V8 biturbo de 641 chevaux.
Stratégie multi-énergies
Les deux véhicules partagent leur châssis léger en aluminium et leur mécanique structurelle de base. Cependant, ils divergent complètement en matière de propulsion, offrant ainsi à leurs riches acheteurs le choix entre le passé mécanique et l'avenir numérique sur la même plateforme.
Cela fait partie de la stratégie multi-énergies que le groupe Toyota a toujours adoptée dans le cadre de la transition vers l'électrification du secteur automobile.
Le dirigeant de Toyota utilise un terme japonais pour décrire cette double évolution. Il s'agit du ” Shikinen Sengu ”, une philosophie qui consiste à transmettre les techniques d'une génération à l'autre. Idéalement, cela garantit que la dynamique de conduite perfectionnée sur la GR GT, prête pour la piste, se retrouve dans la Lexus électrique.
Plus bas que d'habitude
Techniquement, ce concept présente des différences intrigantes par rapport à l'architecture standard des voitures électriques. Avec une hauteur d'un peu moins de 1,2 mètre, le concept LFA est nettement plus bas que la plupart des véhicules électriques, qui empilent généralement les batteries sous le plancher.

Ce profil suggère que les ingénieurs de Lexus utilisent une disposition “ centrale ” de la batterie derrière les sièges ou s'appuient sur un système de stockage d'énergie de nouvelle génération. Toyota a déjà annoncé son intention de lancer des batteries à semi-conducteurs dans un véhicule haute performance d'ici 2027, ce qui fait de la LFA de série un candidat idéal pour cette technologie.
Un tel système serait nécessaire pour maintenir le centre de gravité bas et les objectifs de poids requis pour rivaliser avec la GR GT à moteur à combustion. Mais, comme indiqué, aucune information n'est encore disponible à ce sujet.
Approche minimaliste
À l'intérieur, l'habitacle rejette la tendance à la multiplication des écrans qui prévaut dans le segment du luxe au profit d'une approche minimaliste. Un volant de type « yoke » est relié au système de direction à commande électrique introduit sur le crossover RZ, tandis que le conducteur est installé dans un cockpit conçu pour limiter les distractions. Les commandes physiques sont positionnées de manière à pouvoir être actionnées à l'aveugle, privilégiant ainsi l'engagement au volant plutôt que l'infodivertissement.

Même si le modèle de série ne sera pas commercialisé avant plusieurs années, la question immédiate reste de savoir si le nom LFA pourra conserver toute sa valeur sans la bande-son qui l'a rendu célèbre.
Espérons que les habitudes des clients fortunés auront évolué vers la recharge électrique d'ici à ce que la LFA arrive sur le marché. Ou bien suivra-t-elle les traces de son aînée, qui a peiné à trouver des acheteurs pour sa série limitée à 550 exemplaires ?


