Groen propose de supprimer les voitures de société au profit d'un abonnement de train à 12 euros

Le système des voitures de société en Belgique est un phénomène unique. Bien qu'il soit populaire auprès des utilisateurs, il suscite également de nombreuses critiques, notamment parce qu'il coûte 4 milliards d'euros par an.

Elke Van den Brandt, leader du parti Groen à Bruxelles et ministre bruxelloise de la Mobilité, souhaite que l'argent de ces taxes soit utilisé pour financer des abonnements de train coûtant 12 euros par an. Mme Van den Brandt estime que les voitures de société sont un privilège réservé à un groupe restreint et que le système est l'une des constructions fiscales les plus injustes et les plus incompréhensibles de Belgique. À l'instar de l'organisation de passagers TreinTramBus, elle préconise la suppression progressive du système et le transfert de la charge fiscale, plutôt que, par exemple, la réduction des transports publics.

L'élimination progressive du système des voitures de société permettrait de libérer environ 4 milliards d'euros de fonds publics par an, prédit M. Groen, en se basant sur les chiffres récents du Bureau du plan. Ce montant permettrait de faire des choix structurels, tels que rendre les voyages en train nettement moins chers, selon le parti.

M. Van den Brandt propose immédiatement d'utiliser cet argent pour subventionner les abonnements des chemins de fer publics NMBS/SNCB à 12 euros par an, ou 1 euro par mois.

La LEZ devient la LAZ, une zone de faible ambition

Théoriquement, l'exercice a du sens, affirme M. Groen. Actuellement, la SNCB génère environ 1 milliard d'euros en recettes de billetterie. En généralisant les abonnements annuels à 12 euros, le nombre de passagers augmentera, ce qui compensera largement la perte de revenus.

Les 3 milliards d'euros restants pourraient alors être investis dans l'augmentation de la capacité et l'amélioration de la qualité : plus de trains, plus de fréquence, et plus de confort, comme le Wi-Fi et l'air conditionné.

Van den Brandt et Groen font référence à la société de transport public bruxelloise, MIVB/STIB, où les jeunes peuvent désormais acheter un abonnement pour 12 euros par an. “Cette mesure a été largement critiquée, explique M. Van den Brandt, mais elle fonctionne parce que davantage de jeunes utilisent les transports publics et sont moins dépendants de la voiture.”

Cependant, elle pense que le système est sous pression, en se référant à la Flandre. “Là-bas, c'est le contraire qui se produit : moins d'ambition, report des normes plus strictes pour la zone à faibles émissions (LEZ) et abandon d'investissements, comme le tramway express le long de l'A12 entre Willebroek et Bruxelles. “C'est ainsi que l'on transforme la LEZ en LAZ, une zone à faible ambition, et en supprimant le tram jusqu'à Willebroek, on plonge toute la partie nord dans les embouteillages.

Évolution du nombre de voitures de société et du pourcentage de salariés disposant d'une voiture de société en Belgique. Le bleu représente le nombre de voitures de société ; le marron représente le pourcentage d'employés. Source : FPS Mobility : SPF Mobilité

Avantages et inconvénients

Pour replacer les choses dans leur contexte, le système de l'entreprise ou de la voiture-salaire en Belgique est apparu dans les années 1980 comme une solution créative à la charge fiscale extrêmement élevée qui pèse sur le travail. La Belgique a l'un des impôts sur les salaires les plus élevés au monde.

Au lieu de donner de l'argent supplémentaire ou des salaires lourdement taxés, les employeurs fournissent une voiture. L'impôt sur cet “avantage en nature” est beaucoup plus faible que l'impôt sur un salaire brut comparable et, par conséquent, beaucoup moins cher qu'une augmentation de salaire. Pour les salariés, il s'agit d'un avantage net substantiel et d'une sécurité de revenu, car les coûts de mobilité sont regroupés dans un avantage en nature prévisible.

Un parc automobile plus jeune

D'un point de vue environnemental, le système a accéléré le renouvellement du parc automobile grâce à des cycles de remplacement courts, rendant le parc automobile belge plus jeune, plus sûr et plus propre qu'il ne le serait autrement, tout en permettant l'adoption rapide de véhicules à faibles émissions et de véhicules électriques par les grandes flottes.

Il est important de noter que ces véhicules sont ensuite écoulés sur le marché de l'occasion après quelques années, ce qui permet d'étendre l'effet d'écologisation au-delà des utilisateurs de voitures de société et d'améliorer la qualité globale des véhicules et les performances en matière d'émissions pour l'ensemble de la population.

L'inconvénient de ce système est qu'il bénéficie principalement aux personnes à hauts revenus et aux employés, tandis que les ouvriers et les professionnels de la santé n'ont souvent pas droit à une voiture de société.

Budget mobilité

En outre, elle encourage l'utilisation de la voiture et contribue à la congestion du trafic (l'année dernière, il y a eu plus d'embouteillages que jamais en Belgique), car les coûts de la conduite sont souvent entièrement supportés par l'employeur.

Depuis janvier, les grandes entreprises sont obligées de proposer aux salariés qui veulent renoncer à leur voiture de fonction un budget mobilité sans perdre leur salaire net.

Au lieu du montant que l'employeur dépensait annuellement pour votre voiture, vous recevez un budget que vous pouvez consacrer aux transports publics, à l'achat d'un vélo ou d'un scooter, par exemple. Vous pouvez également utiliser ce budget pour payer votre loyer ou vos intérêts hypothécaires, et la partie non utilisée à la fin de l'année vous est versée en espèces.

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