La Chine a publié sa première norme nationale obligatoire pour le freinage automatique d'urgence (AEB), rendant le système obligatoire pour toutes les nouvelles voitures particulières et les véhicules utilitaires légers à partir de 2028.
Cette mesure introduit une norme de sécurité nationale officielle sur le plus grand marché automobile du monde, mais elle intervient plusieurs années après l'entrée en vigueur d'exigences comparables en Europe.
Déjà en 2024
La nouvelle norme chinoise entrera en vigueur le 1er janvier 2028. En revanche, l'Union européenne a intégré le freinage d'urgence automatique dans son minimum légal pour les nouvelles voitures en juillet 2024 dans le cadre du règlement général sur la sécurité.
L'annonce met donc en évidence un décalage évident entre les deux régions : L'Europe est déjà passée de l'adoption à la mise en œuvre, tandis que la Chine ne fait que commencer à établir une base de référence obligatoire.
Publiée fin 2025 sous le numéro GB 39901-2025, la réglementation chinoise s'applique aux voitures particulières et aux véhicules utilitaires légers et remplace une version antérieure recommandée du même cadre.
Elle fait passer l'AEB du statut de meilleure pratique à celui d'exigence de conformité, en définissant non seulement la présence du système, mais aussi ses performances techniques et ses méthodes d'essai.
Scénarios du monde réel
Ce qui distingue l'approche de la Chine, c'est qu'elle se concentre sur des scénarios spécifiques du monde réel. Les rapports et les projets de documents font état d'essais explicites impliquant des usagers de la route vulnérables, tels que les piétons et les cyclistes, ainsi que des deux-roues comme les scooters et les cyclomoteurs, qui sont omniprésents dans la circulation chinoise.
La norme s'inspire des réglementations existantes des Nations unies en matière de freinage d'urgence, mais elle les adapte aux conditions spécifiques de la Chine, notamment à la densité du trafic mixte et aux opérations nocturnes, reflétant ainsi les schémas locaux d'utilisation des routes dans lesquels les interactions entre les voitures et les véhicules à deux roues sont fréquentes et complexes.
Le principal contraste avec l'Europe réside toutefois dans le calendrier plutôt que dans l'intention. En vertu des règles de l'UE, les systèmes de freinage d'urgence sont déjà devenus incontournables pour les nouveaux véhicules, des années avant l'échéance de 2028 fixée par la Chine. Le mandat chinois ne fait pas sauter l'Europe, mais comble une lacune existante en garantissant l'installation universelle de l'AEB sur le marché national.
Les voitures chinoises destinées à l'UE sont entièrement conformes
La comparaison clarifie également un point souvent mal compris : les véhicules construits en Chine et vendus en Europe doivent déjà se conformer pleinement aux règles d'homologation de l'UE, y compris le freinage d'urgence obligatoire.
Il n'existe pas de norme distincte pour les voitures importées. L'importance de la nouvelle réglementation chinoise ne réside donc pas dans les exportations vers l'Europe, mais dans son impact sur le vaste marché intérieur chinois, en particulier dans les segments à bas prix.

Du point de vue de la sécurité, l'AEB n'est plus une technologie expérimentale. Des études à grande échelle ont montré qu'elle peut réduire de manière significative les accidents par l'arrière et atténuer la gravité des blessures.
Rien ne remplace un conducteur humain
Dans le même temps, les régulateurs soulignent que l'AEB reste une fonction d'assistance et ne se substitue pas au conducteur. Les performances peuvent encore être affectées par les conditions météorologiques, la visibilité, les limites des capteurs et les situations de circulation complexes.
Les systèmes AEB modernes surveillent en permanence les performances des capteurs et des caméras et doivent informer le conducteur lorsque la fonctionnalité est dégradée ou indisponible, par exemple en raison de conditions météorologiques défavorables, d'un éblouissement ou d'une obstruction des capteurs. Dans ce cas, le système peut être temporairement limité ou désactivé afin d'éviter des interventions non fiables.
Pris ensemble, les deux calendriers reflètent des philosophies réglementaires différentes. L'Europe a opté pour une adoption obligatoire précoce et s'appuie fortement sur des évaluations indépendantes de la sécurité pour poursuivre les améliorations, tandis que la Chine est en train d'établir une base de référence obligatoire en se concentrant sur les réalités du trafic local.
À mesure que les deux régions affinent leurs exigences, l'accent n'est plus mis sur la capacité des voitures à freiner automatiquement, mais sur la fiabilité avec laquelle elles le font dans les scénarios les plus difficiles du monde réel.


